présentation

  

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine... Avis aux amateurs!

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Lorsque je me suis lancé dans l'aventure ce ce blog de photojournaliste bourlingueur, sportif et curieux invétéré, je n'avais aucune idée de l'accueil qui lui serait réservé. Neuf mois plus tard, je tiens à remercier les milliers de visiteurs qui sont venus sur mes pages... Je continuerai donc à vous faire partager ces tranches de vie, au gré de mon humeur du moment... Merci encore !

Mardi 5 février 2008
Au Sud de Bali, sur la presqu’ile de Jimbaran, le temple Hindouiste d’Uluwatu est l’un des lieux les plus fréquentés par les touristes. Il est perché au sommet d’une falaise calcaire au pied de laquelle viennent se fracasser des énormes rouleaux d’écume qui fascinent les surfeurs du monde entier. Un sentier escarpé permet d’atteindre une grève uniquement accessible à marée basse. S’aventurer sous ces falaises peut rapidement devenir très dangereux et il est primordial d’avoir consulté les « tides » qui sont publiées un peu partout sur l’île à l’intention des casse-cou sur planche en résine époxy.
 
undefinedCe jour-là, nous avons décidé d’aller voir s’il serait possible d’ouvrir des voies d’escalade dans cette belle muraille haute de plus de 80m. Sur place, nous ne pouvons que constater qu’un vent violent pousse d’énormes vagues qui viennent se pulvériser contre la falaise dans un grondement de tonnerre. Des paquets de mer et des embruns détrempent le rocher jusqu’à plus de dix mètres de hauteur et nous comprenons mieux le creusement de ces baumes que l’on trouve un peu partout au pied des parois.
 
Le spectacle est magnifique, mais il est évident que le seul accès envisageable aujourd’hui se fera en rappel depuis le sommet. Un magnifique éperon qui surplombe l’océan nous nargue et nous décidons d’aller y voir de plus près en compagnie d’un grimpeur Balinais que nous avons déniché à l’université de Denpasar. Pendant que Jannick et Joël cherchent un amarrage solide à la verticale du surplomb, je cherche à équiper un autre itinéraire de descente d’où il me sera possible de faire des photos des grimpeurs. Sous les yeux des badauds et des vendeuses à la sauvette qui arrivent, je commence à descendre dans la falaise après avoir attaché ma corde à un arbre. Cinq mètres plus bas, un buisson d’arbustes est parfait car il me permettra de continuer ma descente en toute sécurité à l’abri des chutes de pierres. Vingt mètres plus bas, je prends pieds sur une étroite corniche qui offre un point de vue magnifique sur les falaises et sur le surplomb que les grimpeurs sont en train de reconnaître en escalade libre, assurés depuis le haut. Plus tard, le temps viendra d’équiper la voie correctement et de la gravir depuis le bas.
 
undefinedSi je suis habitué à grimper dans les calanques, c’est la première fois que je suis suspendu au dessus d’une telle machine à laver. Chaque nouvelle vague déferle dans un fracas abominable. Le ronflement sourd qui monte de l’abîme rend impossible toute communication à plus de quelques mètres et nous sommes véritablement coupés les uns des autres. De là où je me trouve, je n’ai plus qu’à suivre l’action dans le viseur de mon appareil photo tout en savourant la magie de l’instant présent…
 
Totalement confiant dans mon matériel, j’ai presque oublié le vide ambiant et voilà que tout à coup, ma corde est secouée de soubresauts désordonnés. Quelqu’un la tire vers le haut et vu que je suis attaché au bout, il y a bien peu de chance qu’il y arrive, à moins que ce ne soit le yéti, le diable en personne, un extraterrestre ou un truc tout aussi exotique ! Même si j’ai l’air de plaisanter, le souvenir du vol de la corde du puits d’entrée d’un gouffre alors que nous étions sous terre me vient immédiatement à l’esprit… Si un voleur est effectivement en train de tenter de s’emparer de la corde sur laquelle je suis descendu, je suis tout simplement en danger de mort ! Je hurle, mais mes cris sont emportés par le vent et personne ne doit m’entendre… Sans perdre une seconde, je commence à grimper en essayant de tirer le moins possible sur la corde. La colère m’envahit et je suis bien décidé à aller péter la tronche de « l’enfoiré » qui est en train de faire « mumuse » avec mon matériel… Quelques mètres sous le buisson d’arbustes qui m’ont servi d’amarrage, je m’arrête quelques instants et j’entends le cliquetis caractéristique des mousquetons que l’on manipule. J’appelle mais personne ne répond. La situation est de plus en plus curieuse…
 
undefinedAu moment ou je débouche enfin sur la petite vire rocheuse, je suis saisi d’effroi… Ce n’est pas un homme qui joue avec mon matériel mais un très gros macaque adulte, sans doute le chef d’une des nombreuses familles de singes qui vivent aux alentours des temples hindouistes et sont considérés comme des divinités. Le bougre n’a pas l’air commode. Voilà qu’il me montre les dents, qu’il grogne et qu’il n’a pas l’air décidé à me laisser la place… Pendu sur ma corde, je le vois s’intéresser aux nœuds de sangles et il est évident que si je n’avais pas utilisé des mousquetons à vis, il y a longtemps qu’il serait parvenu à les ouvrir… ! Depuis le temps que je croise ce genre de bestioles, c’est bien la première fois que j’en vois une se montrer aussi hargneuse et ne pas fuir devant l’homme. Je ne suis qu’à quelques mètres sous le belvédère et mes cris finissent par être entendus par des Balinais qui réussissent à mettre le gros macaque en fuite en claquant des mains et en agitant des bâtons…
 
Plus tard, j’apprendrai que ces singes dont le nombre ne cesse de croître se montrent de plus en plus agressifs et qu’ils commencent à poser des problèmes aux abords des temples. Si ce sont de véritables voleurs qui n’hésitent pas à mordre les touristes qui tentent de leur résister, il est hors de question pour un Balinais de faire quoi que ce soit qui puisse nuire à ces animaux car Hanuman, « le roi des singes » est vénéré dans la religion hindouiste
 
A défaut de risquer de blesser l’animal, la « masse d’armes » « anti-singe » que j’avais songé à improviser avec une chaine de mousquetons et le marteau d’escalade, aurait certainement été perçue comme un véritable sacrilège !
 
L’incident diplomatique était garanti…!
par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Samedi 26 janvier 2008
Quand « Dragon 131 » l’impressionnant bourdon jaune et rouge de la sécurité civile vient à votre secours, c’est en général que vous avez de gros problèmes et très souvent qu’ils sont loin d’être terminés…
 
Dans un premier temps, tout va bien. Le grand frère bodybuildé de Maya l’abeille s’immobilise au-dessus de vous et crache de drôles d'araignées qui se balancent à l’extrémité d’un filin d’acier. A Marseille, les hommes du GRIMP, le Groupe de Recherches et d’Intervention en Milieu Périlleux sont de grands spécialistes de l’exercice et ils feront tout pour vous tirer du mauvais pas dans lequel vous avez eu la bonne idée d’aller vous fourrer…
 
undefinedSi vous êtes une grand-mère égarée dans les calanques ou un irresponsable victime d’un simple coup de fatigue, pas de problèmes… Après avoir crié « au-secours » dans votre téléphone portable, vous serez secourus dans les meilleurs délais. Le seul « hic », c’est qu’en France les secours sont gratuits et que votre sauvetage coûtera une petite fortune aux contribuables dont les bourses sont déjà plus que plates…
 
Si vous vous êtes « vautré » lamentablement sur un sentier de randonnée et que vous vous êtes fait une entorse, voire une fracture d’une cheville, vos amis auraient peut-être pu vous épauler avant que le 4X4 des marins-pompiers ne vienne vous chercher depuis une des pistes qui sillonnent le massif. C’est ce qui se serait passé jadis, à une époque où les gens avaient appris à compter sur eux-mêmes avant d'ameuter la terre entière…
 
Si vous êtes un grimpeur expérimenté et que vous vous êtes « mis en tas » dans une voie d’escalade difficile d’accès, que votre vie dépends de la rapidité des secours, l’hélicoptère devient incontournable, même s’il coûte extrêmement cher à la société. En grands professionnels, les hommes du GRIMP n’hésiteront pas à prendre des risques pour vous arracher à la falaise et vous rapatrier vers l’hôpital le plus proche.
 
Vous êtes « sauvés » mais c’est la suite qui dira si le jeu en valait vraiment la chandelle…
 
undefinedSi vous ne vous êtes cassé que quelques os, voire que vous ressemblez à Toutankhamon dans ses bandelettes, il se peut que les dégâts soient en définitive sans grandes conséquences pour votre santé. Après quelques semaines de plâtre et une bonne rééducation, vous pourrez retourner à vos chères parois en vous jurant de redoubler de prudence cette fois-ci !
 
Si après avoir perdu connaissance et traversé le long tunnel de lumière blanche, si après avoir rencontré vos aïeux décédés et une troupe d’inconnus vous avez rebroussé chemin et que vous vous réveillez paraplégique, c’est beaucoup plus grave. Les plus optimistes diront que vous aurez peut-être l’espoir de retrouver l’usage de vos jambes un jour ou l'autre. Les croyants diront que ce n’était pas votre heure, que vous avez encore des choses à faire sur terre et vous n’aurez en aucun cas le moindre droit à la parole. Dès lors, il ne restera plus au légume que vous êtes devenu qu’à prendre conscience qu’il n'a plus qu’à s’intéresser, (dans le meilleur des cas...), au dernier fauteuil à roulettes, celui qui consomme peu et bénéficiera du « bonus écologique »… (Je crois que je m’emmêle les neurones) !
 
N’en déplaise à Monsieur le Curé, au Rabbin, à l’Imam et à tous ceux qui se sentent visés, les sportifs et autres hyperactifs qui se retrouvent cloués sur un matelas à eau anti-escarres ou sur une chaise roulante préfèreraient bien souvent ne pas avoir survécu à leur « carton ». undefinedDès lors, ils n’ont plus qu’une seule idée en tête… En finir avec cette vie qu’ils estiment « foutue », même si c’est contraire à la morale ! Le problème que ce genre de drame soulève est un peu le même que celui qui a été mis en exergue par Marie Humbert, la mère du jeune pompier accidenté et dont l’histoire tragique a crevé les écrans, créant une véritable polémique. Malgré des remous dans le monde judiciaire et un procès très médiatique, aucune solution légale n’a été mise en place depuis et les « candidats » à une mort « express » doivent continuer à avoir recours à des moyens « artisanaux » mis en œuvre par des complices qui prennent le risque de se retrouver « à l’ombre » pour un bon moment…
 
Dans la mythologie chinoise, le dragon est bénéfique et à Marseille il l’est aussi… Habilité à intervenir le long du littoral et en pleine mer, « Dragon 131 » aurait déjà permis de sauver une sirène, une de ces mystérieuses « femmes à queue », mais c’est une autre histoire… !
par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Lundi 21 janvier 2008

Si le « septième ciel » et les moyens de l’atteindre alimentent les fantasmes, bien peu maîtrisent vraiment le sujet et les dérapages sont fréquents. Pour que « çà plane », que l’extase soit au rendez-vous, il faut beaucoup d’imagination, une bonne condition physique, un zeste de souplesse, de l’humour, le tout agrémenté d’un minimum de technique et de partenaires à la hauteur de l’événement tant attendu.

Au moment de passer à l’acte, de faire le pas, certains sont pris d’angoisse, la peur de l’échec et du ridicule les étreint, comme s’ils n’avaient pas confiance dans leurs propres capacités physiques et intellectuelles… C’est alors que différents artifices entrent en scène et que le dopage circule sous les manteaux, les soutanes et même sous les robes de ces dames. Il se chuchote même qu’en fonction des disciplines, certains auraient recours à l’EPO et à d’autres substances naturelles toutes aussi illicites qui seraient sensées favoriser les performances… ! Mais lesquelles ?
 
undefined« A fond la forme »… et les formes… ! Ce curieux leitmotiv est sur toutes les lèvres, grandes ou petites et l’important est désormais de « se faire du bien », quoi qu’il arrive et sans se soucier un seul instant d’une quelconque morale. Les salles de sport et les salons de beauté ne désemplissent pas alors que les églises et autres bâtiments tous aussi inutiles les uns que les autres se vident… Voilà que les hommes soignent leur « plastique », qu’ils surveillent leurs bourrelets et « lorgnent » du côté de la chirurgie esthétique et ont recours à la liposuccion quand ce n’est pas à l’allongement du pénis. Dans le même temps, les désormais « Métro-sexuels » n’hésitent même plus à se tartiner la « gueule » de crème de nuit après avoir acheté sur internet le dernier « viagra » à la mode et au sex-shop du coin de la rue le lubrifiant qui va « bien », celui qui évitera les odeurs de caoutchouc brulé… L’homme devenu objet est désormais l’égal de la femme dans ce domaine et il se retrouve nu sur des calendriers et des publicités qui font essentiellement fantasmer… les homosexuels !
 
Si le Président de la république fait son jogging et que cela lui permet de se « taper » des « tops-models », il ne faut pas s’étonner de la recrudescence de coureurs à pied dans les parcs et le long des routes. Une véritable épidémie de crises cardiaques ne devrait pas tarder à suivre, ce qui, somme toute est excellent pour l’équilibre financier de la sécurité sociale du pays. Pendant que ces messieurs courent et zyeutent du côté de leur nombril quand ce n’est pas un peu plus bas, les dames en font autant  et elles démontrent de réels talents pour cette discipline qui améliore leur silhouette. D’autres fréquentent les piscines, mais auparavant elles sont passées chez l’esthéticienne pour une épilation du « maillot », façon ticket de métro. En sortant, elles se retrouvent de temps à autre chez l’une d’entre-elles qui organise une de ces dernières soirées « Tupperware » à la mode réservées exclusivement aux femmes… Une démonstratrice vante les mérites des derniers sex-toys et elle prends des tonnes de commandes pendant qu’une Sainte-vierge écarlate est sur le point de défaillir et que le Jésus qui surveille la scène serait bien parti en courant s’il n’était pas cloué sur la croix accrochée sur le mur du salon…
 
undefinedNous vivons une époque formidable. Tout va de plus en plus vite et il n’y a plus de limites à rien du tout, même si des lois de plus en plus répressives tentent de mettre un frein aux libertés les plus élémentaires. Les radars son partout et pas que sur les routes… « Big Brother » nous regarde de plus en plus près, plus grand-chose ne lui échappe mais cela n’est pas tout à fait nouveau. Dans ce monde extraordinaire ou la compétitivité et le libéralisme s’érigent comme de nouveaux dogmes, tout est poussé à son paroxysme. Les forts écrasent les faibles comme des cafards, les patrons exploitent des employés qu’ils jettent comme de vulgaires kleenex. Dans cette morosité ambiante, les gens aiment jouer à se faire peur. La sexualité devient « hard » et les sports « extrêmes » connaissent un développement exponentiel. Ces nouveaux aventuriers ne sont jamais rassasiés et ils cherchent toujours un nouveau challenge à relever, une nouvelle manière de « prendre leur pied ».
 
Il n’y a pas d’issue heureuse à cette escalade sans fin et le dénouement est souvent tragique… A force de « s’envoyer en l’air », ces héros des temps modernes finissent par se « crasher » et ils terminent leur carrière désarticulés comme de vulgaires pantins. Les plus « chanceux » y laissent tout simplement leur vie alors que d’autres se retrouvent dans une chaise roulante… Mauvais karma ?, punition divine ? Chacun a sa propre opinion et les malheureux « légumes » réagissent de manières différentes. Certains deviennent de grands champions handisports et d’autres n’ont plus désormais qu’une seule chose en tête… Ne pas rater leur suicide !
 
Dans un tout autre domaine, j’ai lu ces jours ci « qu’avec Chirac on était au bord du gouffre et qu’avec Sarkozy on s’apprête à faire un grand pas en avant… ». Il est à craindre qu’en matière d’abyme, ces glorieux personnages soient très loin de maîtriser le sujet, mais c’est une autre histoire…
par Jojomigrateur publié dans : Les conseils de Tonton Jojo...
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Mardi 15 janvier 2008

Siberut est la plus grande des îles Mentawai qui se situent en Indonésie au large de Sumatra, quasiment face à Padang. Elles sont habitées par l’ethnie Sakkudai qui tente de survivre comme elle l’a fait depuis des millénaires. J’y suis allé pour la première fois lors d’un voyage en solitaire il y a près de 25 ans, à une époque ou les rares visiteurs n’étaient que quelques rares aventuriers, des commandos de l’armée Indonésienne et des pasteurs protestants.

siberut04blog.jpgL’écotourisme n’était pas encore à la mode, il n’y avait aucun hébergement, tout juste un « losmen » à Muarasiberut. Les surfeurs Australiens n’avaient pas encore découvert les magnifiques rouleaux qui se brisent sur la côte Sud et l’île avait mauvaise réputation. Dans les rares publications existantes, elle était présentée comme une île peuplée de gentils sauvages et de serpents venimeux… Il n’y avait rien de tel pour me donner envie d’aller y faire un tour et c’est ainsi que j’étais parti, après avoir obtenu une autorisation de la police et du gouverneur grâce à mon ami médecin de Bogor, le Docteur Ko. Le « surat jalan » en poche, (le permis), j’avais pu embarquer à bord d’un bateau de la marine Indonésienne et je m’étais fait déposer sur une côte, un rendez-vous étant fixé trois semaines plus tard de l’autre côté de l’île, à Muarasikabaluan. J’avais fait le pari de partir sans la moindre nourriture et d’aller à la rencontre de ces fameux « hommes fleurs » qui vivent de chasse, de pêche, de cueillette et de la culture du « sago » qui n’est autre que de la farine extraite du tronc d’un palmier.
 
undefinedLes « fliques » m’avaient déposé sur une côte inaccessible à autre chose qu’une pirogue ou un « zodiac » et ils étaient repartis, persuadés que j’étais complètement dingue. Une fois seul, il ne me restait plus qu’à aller à la rencontre de ces gens et d’ailleurs, ce sont eux qui étaient venus vers moi. Il était temps s’oublier tout planning et de laisser faire le hasard qui devait bien avoir une petite idée derrière la tête… « Aloita ! », (bonjour)… l’accueil était chaleureux et ils m’avaient vite fait comprendre qu’ils m’invitaient jusqu’à leur « uma », leur maison sur pilotis. Il n’en fallait pas plus pour changer véritablement de monde et se vider la tête de tous les préjugés…
 
Il me faudrait de nombreux articles pour raconter toutes les péripéties de ce séjour incroyable en compagnie de gens étonnants qui vivaient en intimité totale avec la nature. Depuis, les choses ont bien changé et l’accès à l’île s’ouvre lentement ce qui à terme ne pourra qu’entraîner la disparition de cette ethnie qui étonnement a conscience que sa fin est proche. Récemment, l’excellente émission de télé, « en terre inconnue » a immergé le comique Patrick Timsit au milieu des Sakkudai si souvent « étudiés » ces dernière années… je craignais le pire mais je dois dire que j’ai été agréablement surpris par la qualité du montage diffusé sur les écrans de télévision.
 
undefinedPlus de vingt ans plus tôt, j’avais été charmé par ce petit peuple souriant qui s’étonnait de tout… Pour satisfaire leur curiosité, il avait fallu que je leur montre l’intégralité du contenu de mon sac à dos et je m’étais aperçu que le moindre objet anodin et sans valeur les intriguait beaucoup. Très vite, j’avais compris que le vol était un concept qui leur était inconnu. Le peu de matériel que j’avais emporté, 12 kilos au total ne risquait strictement rien et il ne justifiait pas pas une agression. J’avais partagé leur vie, comprenant à quel point ils étaient proches d’une nature qu’ils respectent et qu’ils craignent. L’animisme et la magie sont omniprésents et j’avais eu l’occasion de le constater, j’en reparlerai dans un prochain article…

J’avais suivi ou plutôt tenté de suivre mes hôtes à la chasse au singe, j’étais allé à la pêche, intégré dans de petits groupes et au coucher de soleil nous allions nous laver dans des rivières. J’avais pu constater que la nudité était vécue naturellement, que la pudeur était inexistante et que personne, homme ou femme, ne se cachait pour faire sa toilette. Les blancs qui s’aventuraient jusqu’ici étaient assez rares et j’avais été observé, jaugé sous toutes les « coutures », y compris par de jeunes femmes aux seins nus qui n’hésitaient pas à venir me toucher…. le bout du nez comme c’est souvent le cas en Asie du Sud-est. Leurs dents taillées étaient acérées comme de véritables poignards, ce qui donnait à leur joli sourire un aspect inquiétant, encore plus lorsque l’on est un homme et que l’on tient à son « alat alat vital », le « petit matériel vital » comme cela se dit non sans humour en indonésien…
 
undefinedLe gouvernement Indonésien qui voyait d’un mauvais œil que ces « sauvages » primitifs continuaient à vivre selon leurs traditions avait autorisé des pasteurs à venir s’installer sur l’île pour porter leur bonne parole. Selon le premier principe de la « Pancasila », les 5 préceptes indonésiens, chacun se doit de croire en un Dieu quel qu’il soit et l’Islam a bien peu d’avenir auprès de peuplades dont le cochon sauvage est l’une des bases de l’alimentation. Une église avait été construite à Madobat, un village créé de toutes pièces pour tenter de sédentariser ces familles qui ont toujours vécu en nomades au cœur d’une jungle luxuriante sur laquelle des compagnies forestières lorgnent avec de plus en plus d’insistance. Un matin, le serviteur de Dieu était apparu au « kampung », accompagné de quelques convertis qui apportaient des cadeaux…. de la nourriture, des tissus colorés et, j’ai cru halluciner, des soutiens-gorges de coton blanc ! Le pasteur teuton trouvait choquant que les femmes se promènent la poitrine à l’air et il voulait y mettre un terme… Pour moi, cet homme incarnait la bêtise humaine et j’aurais aimé pouvoir maitriser suffisamment de vocabulaire pour expliquer à ces gens dans leur dialecte que ce genre d’individus était l’incarnation du mal et qu’il mériterait de retourner à Sumatra à la nage… Au milieu des requins !
 
Quelques années plus tard, à Bornéo, j’ai appris d’un prédicateur local que Jésus avait multiplié… des bananes, mais c’est une autre histoire de fous qu’il faudra que je vous raconte un jour… !
par Jojomigrateur publié dans : jojomigrateur
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Jeudi 10 janvier 2008
Il y a très longtemps que mon entourage amical, sportif et professionnel m’incite à me lancer dans l’écriture d’un bouquin qui relaterait mes pérégrinations aux quatre coins de la planète… Les gens sont bien gentils et il est clair que si j’avais la proposition concrète d’un éditeur je me lancerais immédiatement dans l’aventure*… Mais il ne faut pas rêver !
 
Plus simplement, il y a tout juste un an que j’ai ouvert ce blog, sans aucune expérience en la matière et sans savoir ce que cela pourrait donner en termes d’audience… A ses débuts, il a reçu la visite de quelques amis, quoi de plus normal, avant de monter en puissance grâce à un bon référencement et à l’efficacité de la plateforme « Over Blog » qui mets à la disposition des bloggeurs débutants une interface souple et conviviale. Mois après mois, je me suis attaché à faire partager mon univers, sans aucune chronologie et sans aucune logique, en fonction du hasard et de mon humeur du jour…
undefined J’ai été très étonné de voir que mon petit blog sans ambitions est passé en quelques mois de quelques centaines de visiteurs mensuels « uniques » à près de 2000 et qu’il est encore en pleine phase d’expansion. Plus de 25000 pages ont déjà été lues, la courbe continue à grimper régulièrement et je vais essayer de continuer à vous étonner en vous racontant des histoires illustrées de photos de mon cru…

Alors, Je tiens à vous remercier TOUS et je vous adresse mes Meilleurs Voeux pour cette année 2008 qui commence sur les chapeaux de roues et qui je l’espère ne se terminera pas dans le décor ou par une catastrophe écologique majeure… !
 
Et tant que j’y suis, « Joyeuses Pâques », ce sera une bonne chose de faite… !
 
*Mon petit doigt m’a dit que le manuscrit d’une fiction comme il n’en existe pas d’autre serait quasiment prêt à être publié…
par Jojomigrateur publié dans : Humeur du jour...
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