Quand « Dragon 131 » l’impressionnant bourdon jaune et rouge de la sécurité
civile vient à votre secours, c’est en général que vous avez de gros problèmes et très souvent qu’ils sont loin d’être terminés…
Dans un premier temps, tout va bien. Le grand frère bodybuildé de Maya l’abeille s’immobilise au-dessus de vous et crache de drôles
d'araignées qui se balancent à l’extrémité d’un filin d’acier. A Marseille, les hommes du GRIMP, le Groupe de Recherches et d’Intervention en Milieu
Périlleux sont de grands spécialistes de l’exercice et ils feront tout pour vous tirer du mauvais pas dans lequel vous avez eu la bonne idée d’aller vous fourrer…
Si vous êtes une
grand-mère égarée dans les calanques ou un irresponsable victime d’un simple coup de fatigue, pas de problèmes… Après avoir crié
« au-secours » dans votre téléphone portable, vous serez secourus dans les meilleurs délais. Le seul « hic », c’est qu’en France les
secours sont gratuits et que votre sauvetage coûtera une petite fortune aux contribuables dont les bourses sont déjà plus que plates…
Si vous vous êtes « vautré » lamentablement sur un sentier de randonnée et que vous vous êtes fait une entorse, voire une
fracture d’une cheville, vos amis auraient peut-être pu vous épauler avant que le 4X4 des marins-pompiers ne vienne vous chercher depuis une des pistes qui
sillonnent le massif. C’est ce qui se serait passé jadis, à une époque où les gens avaient appris à compter sur eux-mêmes avant d'ameuter la terre entière…
Si vous êtes un grimpeur expérimenté et que vous vous êtes « mis en tas » dans une voie
d’escalade difficile d’accès, que votre vie dépends de la rapidité des secours, l’hélicoptère devient incontournable, même s’il coûte extrêmement cher à la société. En
grands professionnels, les hommes du GRIMP n’hésiteront pas à prendre des risques pour vous arracher à la falaise et vous rapatrier vers l’hôpital le plus proche.
Vous êtes « sauvés » mais c’est la suite qui dira si le jeu en valait vraiment la chandelle…
Si vous ne vous êtes cassé que quelques
os, voire que vous ressemblez à Toutankhamon dans ses bandelettes, il se peut que les dégâts soient en définitive sans grandes conséquences pour votre santé. Après quelques
semaines de plâtre et une bonne rééducation, vous pourrez retourner à vos chères parois en vous jurant de redoubler de prudence cette
fois-ci !
Si après avoir perdu connaissance et traversé le long tunnel de lumière blanche, si après avoir rencontré vos aïeux
décédés et une troupe d’inconnus vous avez rebroussé chemin et que vous vous réveillez paraplégique, c’est beaucoup plus grave. Les plus optimistes diront que vous aurez
peut-être l’espoir de retrouver l’usage de vos jambes un jour ou l'autre. Les croyants diront que ce n’était pas votre heure, que vous avez encore des choses à faire sur
terre et vous n’aurez en aucun cas le moindre droit à la parole. Dès lors, il ne restera plus au légume que vous êtes devenu qu’à prendre conscience qu’il n'a plus qu’à s’intéresser, (dans
le meilleur des cas...), au dernier fauteuil à roulettes, celui qui consomme peu et bénéficiera du « bonus écologique »… (Je crois que je m’emmêle les
neurones) !
N’en déplaise à Monsieur le Curé, au Rabbin, à l’Imam et à tous ceux qui se sentent visés, les
sportifs et autres hyperactifs qui se retrouvent cloués sur un matelas à eau anti-escarres ou sur une chaise roulante
préfèreraient bien souvent ne pas avoir survécu à leur « carton ».
Dès lors, ils n’ont plus qu’une seule idée en tête… En finir avec cette vie qu’ils estiment
« foutue », même si c’est contraire à la morale ! Le problème que ce genre de drame soulève est un peu le même que celui qui a été mis en exergue par Marie
Humbert, la mère du jeune pompier accidenté et dont l’histoire tragique a crevé les écrans, créant une véritable polémique. Malgré des remous dans le monde judiciaire et un procès très
médiatique, aucune solution légale n’a été mise en place depuis et les « candidats » à une mort « express » doivent
continuer à avoir recours à des moyens « artisanaux » mis en œuvre par des complices qui prennent le risque de se retrouver « à l’ombre » pour un bon
moment…
Dans la mythologie chinoise, le dragon est bénéfique et à Marseille il l’est aussi… Habilité à intervenir le long du littoral et en pleine
mer, « Dragon 131 » aurait déjà permis de sauver une sirène, une de ces mystérieuses « femmes à queue », mais c’est une autre histoire… !
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