Vieille Arnaque…

Les faits remontant à plus de trente ans et étant donc prescrits, il devient possible de révéler une vieille entourloupe pas bien méchante qui porte plutôt à sourire. (Séquence nostalgie...).

A cette époque-là, avant le début des années 1980, étudiant en BTS informatique, je quittais Marseille tous les week-end en direction de l’Ardèche, du Vercors voire de la Savoie pour me livrer à mes activités favorites qu’étaient la spéléo et l’escalade. Avec le budget limité d’un étudiant, chaque sou comptait et le budget « péages » était celui qui énervait le plus notre petite équipe…

Jusqu’au jour où un vendredi soir en quittant Marseille, une crevaison avait stoppé ma voiture quelques centaines de mètres avant le péage de Salon de Provence qui à cette époque là se situait juste derrière le mémorial Jean Moulins. Après avoir changé la roue et pris le ticket distribué par la machine lors du franchissement du péage je m’étais arrêté sur le parking en me disant que je ne pouvais pas continuer plusieurs centaines de kilomètres sans roue de secours.

Sénas était tout près, il y avait un garage sur la route et l’incident ne devrait nous faire perdre qu’un minimum de temps. Au moment de repartir, un de mes copains s’était aperçu que le portail qui donnait sur la route nationale était ouvert et nous étions donc sortis de l’autoroute sans franchir de péage. Après avoir fait réparer la crevaison nous avions repris l’autoroute sans aucun incident jusqu’au terme du voyage et il m’était donc resté une carte perforée des « autoroutes du Sud de la France »…

Pas plus tard que le lundi, l’avais ramené cette carte à un cours d’informatique sur cartes perforées, (on en était encore là…), pour voir de plus près ce qu’elle avait dans le ventre… Aucune info de date, d’heure, uniquement les points d’entrée et le type de véhicule, ce qui était somme toute bien peu et ouvrait la porte à une sympathique magouille. Il suffisait de sortir de l’autoroute sur le parking du péage et y pénétrer à nouveau à Sénas, direction Lyon pour avoir deux tickets de péage, le premier étant conservé et utilisé au retour en sortant à Sénas où la barrière de péage est double… (Les voies montantes et descendantes arrivant au même poste de péage.)

Par cette simple manœuvre, nous avions inventé le péage quasi demi tarif, le retour n’étant payé que pour un trajet Salon – Sénas, ce qui nous semblait encore trop…

La suite est astucieuse mais moins honnête : A force de circuler sur cette autoroute nous avions remarqué que de petits panneaux sur les côtés indiquent le kilométrage tous les 500m et qu’un trait rouge est parfois présent sur le panneau. Cette marque discrète indique qu’il y a une sortie de service dans les 500m qui suivent et nous nous y étions intéressés…

Le serrurier, ferronnier, bricolo de génie de la bande qui avait déjà fabriqué des clefs ouvrant les barrières ONF dans les massifs forestiers avait dit que ces gros cadenas étaient tous les mêmes et qu’une seule et unique clef devait tous les ouvrir…

Il avait pris des mesures et une semaine plus tard, un premier modèle de clef existait, fonctionnait parfaitement, rendant les péages gratuits, technique largement utilisée et je le précise, désormais obsolète !

Tout cela n’était pas très honnête mais rien n’a jamais été dégradé.

Il fallait bien que jeunesse se passe !

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