présentation

  

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine... Avis aux amateurs!

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Lorsque je me suis lancé dans l'aventure ce ce blog de photojournaliste bourlingueur, sportif et curieux invétéré, je n'avais aucune idée de l'accueil qui lui serait réservé. Neuf mois plus tard, je tiens à remercier les milliers de visiteurs qui sont venus sur mes pages... Je continuerai donc à vous faire partager ces tranches de vie, au gré de mon humeur du moment... Merci encore !

Lundi 19 novembre 2007

« Le fond de l’air et frais, la di ho, la di ho, il n’y a plus de saisons… », Vieille chanson de Jacques Dutronc… Ces derniers jours, un vent glacial a balayé Marseille et les gens sont surpris par ce soudain coup de froid qui n’a pourtant rien d’exceptionnel. Lorsque je dis « les gens », je me mets dans le lot, surtout après les quelques bonnes « caillantes » en moto de ces derniers soirs sur la corniche Kennedy en rentrant de mon entrainement de Judo…

Ainsi donc, en cette fin du mois de novembre, il peut faire plus que frisquet à Marseille et cela n’a rien à voir avec l’effet pervers d’un dérèglement climatique. En y réfléchissant, les souvenirs reviennent et des anecdotes étonnantes voire cocasses se bousculent dans ma tête… C’est sans doute à force de me « les » être un peu trop gelées en faisant de l’escalade et de la spéléo dans nos contrées que j’ai fini par prendre goût aux pays tropicaux, à la chaleur et aux mers chaudes, quoi qu’au fin fond de l’Indonésie, il soit tout à fait possible d’être victime d’une bonne vieille onglée…
 
Première au Hit Parade de la loufoquerie, cette compétition officielle de Cross Country près de Martigues qui avait été maintenue en plein hiver, malgré une température de -11°C à l’aube et un fort mistral qui avait tout givré… Palme d’or ce jour là aux coureurs qui avaient redoublé d’imagination pour tenter de se protéger tant bien que mal des affres de ce blizzard local… bateausnowblog.jpgCollants multicolores, bas, gants, moufles, bonnets, crèmes chauffantes, grosses chaussettes de laine, slips en néoprène et j’en passe… Le résultat avait chamboulé les habitudes. Parmi les meilleurs qui étaient aussi les plus minces, les abandons s’étaient multipliés et ce sont les « seconds couteaux » qui avaient réussi à tirer les marrons du feu. Ce jour là, j’avais réussi à devancer des copains qui finissaient habituellement très loin devant moi et j’étais plutôt content d’avoir su tirer profit de mon entraînement à la spéléologie hivernale… Après la course, nous nous étions réfugiés en vitesse dans le bus du club et c’est là qu’un de nos amis s’était écroulé, se tordant de douleur au fond du car… « J’ai mal.. !». « Où ? »… « Au ventre »… « Fais voir ! »… « Non… ! » Appel à la Madame médecin présente sur place… Ce qui se passait dans la culotte du malheureux athlète avait de quoi surprendre. Pour faire simple, disons qu’en raison du froid, l’escargot était rentré dans sa coquille et que le pauvre crossman n’avait plus de pénis apparent (Désolé, je n’ai pas les photos !) Transporté d’urgence à l’hôpital de garde, le malheureux a récupéré l’intégralité de ses moyens après une mystérieuse intervention du corps médical. Tire-bouchon ? Technique bucco-génitale ? Aspirateur sophistiqué ? Le « héros » de cette aventure a toujours refusé d’en parler et tout ce que l’on sait, c’est que cela devait être plus impressionnant que grave car il a réussi a se « reproduire » depuis !
 
cretesnow04.jpgLe Sud de la France est réputé pour la canicule, les incendies estivaux qui ravagent la région mais pas pour les pluies diluviennes, les « coups » de vent ou encore les épisodes neigeux qui se produisent parfois… Malgré les difficultés, j’essaie depuis quelques années de ramener des photos de ces événements climatiques inhabituels et j’aime tout particulièrement me promener dans les calanques et en bord de mer lorsque les flocons commencent à pointer le bout de leur nez. Pour illustrer cet article, voilà une photo d’un bateau curieusement échoué comme l’arche, (pas celle de zoé), sous un pin dans la neige qui recouvrait ce jour là le Mont Ararat col de la Gineste.
 
Et en voici une autre très étonnante qui ne provient pas d’un fjord Norvégien enneigé mais tout simplement de la fameuse route des crêtes qui relie Cassis à La Ciotat en longeant le sommet des falaises. L’itinéraire verglacé avait été fermé par la police, mais en moto, il est très facile de contourner les barrières… Plus loin, j’avais rattrapé un 4X4 de gendarmes étonnés qui avaient froncé les sourcils, puis une Land Rover des pompiers qui m’avaient carrément pris pour un dingue… cretes35blog.jpgLa descente en moto vers Cassis et les calanques enneigées avait été un véritable moment d’anthologie. Tenter de rouler sur deux roues sans se « vautrer » sur des pentes à près de 30% et totalement verglacées demandait un certain talent d’acrobate… J’avais pourtant réussi à le faire, à l’allure d’un piéton « amélioré » en me demandant à chaque tour de roues non pas SI j’allais tomber, mais QUAND !
 
Toujours est-il que le jeu en valait la chandelle et que ces photos où se mêlent  neige et mer témoignent d’événements très rares dans les environs de Marseille… Tant pis pour la police, mais il fallait vraiment que je fasse ces images !
 
Dans une note à venir, je vous parlerai peut-être d’inondations et du seul engin encore capable de rouler dans près d’une mètre d’eau…. Le « vélo solex » (la prochaine fois, j'essaierai le Véli'b!) que j’avais utilisé du côté de l’hippodrome de Pont de Vivaux lors d’une incroyable crue de l’Huveaune
par Jojomigrateur publié dans : Pas lu dans "La Provence"
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Mercredi 14 novembre 2007
A une époque où il est si facile et si « con venu » de se moquer des blondes, je n’ai pas encore sacrifié à la mode… J’aime pas les modes et encore moins la facilité qui consiste à profiter de la faiblesse de celles qui ne comprennent pas toujours ce qui se dit d’elles… Le petit texte qui suit est donc à prendre au degré de son choix…
 
aragneblonde.jpgJ’adore les blondes, j’aime bien leur faire quelques farces bien choisies. Rien de tel qu’une jolie araignée grosse comme une assiette à soupe pour plonger la belle plante dans un émoi très photogénique... C’est d’autant plus amusant lorsque c’est une espèce de starlette qui pousse des petits cris à mi-chemin entre la terreur et la jouissance alors même qu’elle a participé courageusement à « Fort Boyard » ou une autre « télé réalité » à la mode… A l’écran, elles ont affronté les « terribles » bébêtes assoupies mais dans la « vraie » vie, elles se décomposent très souvent, quand elles ne cèdent pas à la panique… Dans mes rêves les plus fous, je glisse une très belle araignée ou un gentil petit python sous la moustiquaire de la jolie demoiselle endormie dans son hamac… Mais il parait que cela ne se fait pas !
 
Les blondes n’aiment pas les NAC (les nouveaux animaux de compagnie) et elles ne sont pas les seules…
 
blonde2.jpgA peine remaquillée, la voilà repartie affronter de nouvelles épreuves, de nouvelles occasions de se montrer sous son meilleur jour. La blonde ne recule devant rien, preuve qu’elle manque souvent de réflexion… Confrontée au vertige, elle offre souvent un visage qui ne peut que ravir son entourage immédiat et les paparazzis planqués aux alentours. L’appel du vide provoque chez elle des émotions qu’elle a bien du mal à dissimuler. Dans un premier temps, ses joues se teintent de rose, voire de rouge puis la peur prend le dessus et elle pâlit. La rupture et la crise de nerfs tant convoitée par les photographes ne sont plus très loin… Parfois, elle explose, elle pleure à chaudes larmes et il paraitrait qu’elle fait souvent pipi dans son mini string. Ensuite, il faut la consoler… J’ai de nombreux « retours d’expériences » mais ma pudeur naturelle et mon grand respect pour la vie privée m’interdisent d’en dire plus…
 
Autre exemple, celui d’une blonde sportive dotée d’airbags  surdimensionnés et d’un popotin bien ferme mais chevalin que nous avions un jour embarquée dans une exploration spéléologique beaucoup trop difficile pour elle… Nous lui avions bien dit qu’elle n’avait pas le niveau nécessaire pour participer à une sortie de cette envergure mais ses yeux bleus avaient eu raison de nos dernières réticences. blonde1.jpgC’est ainsi qu’elle avait littéralement « coulé une bielle » et que nous avions hérité d’un sacré fardeau qui ne ressemblait plus à grand-chose… Les gros seins siliconés c’est bien pour l’esthétique mais pour le franchissement d’une « chatière » verticale (çà ne s’invente pas… !), ils manquent cruellement d’une valve de dégonflage ! Les copains sont au dessus, et ils tentent d’extraire la belle de son piège en la tirant par les bras… Je suis resté au dessous pour l’aider… Mauvaise idée ! Ses jambes gesticulent dans tous les sens et j’ai bien du mal à éviter de prendre un coup de pied boueux dans la gueule. Comme je n’ai pas l’intention de passer la nuit dans cette position inconfortable, je n’hésite pas un seul instant à mettre les mains aux fesses de la demoiselle qui apprécie peut-être cette marque d’affection. Rien à faire… Elle est bel et bien coincée et pas forcément que par les mamelles ! Une des longes de son harnais fait une boucle autour d’une aspérité rocheuse et si les deux émules de « Hulk » continuent à la tirer aussi fort par les bras, la demoiselle risque fort de finir écartelée comme Ravaillac ! Une fois libérée de son ancre, plus rien ne s’oppose en théorie à l’extraction de la jeune femme… blonde3.jpgPourtant, la bougresse ne « vient » toujours pas et je commence à me dire que maintenant elle y met vraiment de la mauvaise volonté. Idée lumineuse… Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Il faut lui mettre le « feu au cul » et en spéléo nous avons ce qu’il faut ! Rien de tel que la flamme d’une lampe acétylène appliquée au « bon » endroit pour provoquer un réflexe salutaire… Tel un bouchon de bouteille de champagne qui aurait été un peu trop secouée, je la vois disparaître aussi surement qu’un suppositoire qui a enfin trouvé son chemin ! Les copains sont admiratifs devant ma dextérité, mais ce n’est que quelque temps plus tard que je leur ai expliqué la teneur exacte de mon geste magique… En tous cas, nous n’étions plus très loin de la sortie et le moins que l’on puisse dire, c’est que la belle a retrouvé ses jambes... Elle a fusé encore plus vite qu’une certaine Ariane sur le pas de tir de Kourou
 
Alors oui, j’aime les blondes et pour illustrer cet article, j’ai sorti quelques photos de mes archives… Pêle-mêle, une grande philosophe qui s’est essayée à la chanson et qui semble aimer son micro, une sportive qui aime bien les piscines et qui est plus intelligente qu’elle en à l’air... Et une….. « Cherchez l’erreur…! » 
 
Après avoir lu cet article, ne croyez pas que je sois « anti-blonde », je vous l’ai dit, je les adore, elles ont plein de choses à partager et le monde serait triste sans elles… (Non... ! Pas sur la tête...)
 
Une prochaine fois, je vous parlerai des brunes…
par Jojomigrateur publié dans : Petits délires...
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Lundi 12 novembre 2007

A l’heure ou un petit mec immigré du pays des hongres tente de faire entrer dans l’esprit des Français qu’il faudra désormais travailler plus pour gagner plus, ou chacun tente de défendre ses avantages acquis, rendons hommage aux « malheureux » qui font l’image, dans des conditions souvent très difficiles…  (Sourires…)

Loin de la politique, des « télés-réalités », des « talk show » et autres « peep show », l’écologie et les documentaires tournés en pleine nature ont le vent en poupe. Les spectateurs s’émerveillent, sans doute un peu trop tard devant les beautés de la nature en péril. Nicolas Hulot est passé par là, suivi par quelques émules qui s’efforcent de dépasser le Maître.
 
L’image déplorable laissée par les illuminés de « l’arche de Zoé » risque de faire beaucoup de dégâts chez les humanitaires. Les donateurs ont encore en mémoire les excès qui ont été mis en exergue après le tsunami de Banda Aceh. Cette histoire « d’enlèvement d’enfants » est peut-être la goutte d’eau qui fait déborder le tonneau des Danaïdes... les guerres et la misère humaine ne font plus recette. Place aux sujets « légers » qui font la joie de ces magazines « people » qui font la fortune de certains groupes de presse et des paparazzis. Brassens chantait que « dès qu’on est plus de quatre, on est une bande de « cons » »… Je partage son avis… « Bandes à part, sacrebleu, c’est ma règle et j’y tiens… ». Quelle horreur que ces hordes de journalistes, de photographes et de cameramen qui se bousculent pour avoir la même image à peu de choses près de ce qui est trop souvent un non événement.

filmingblog01.jpg Il est bien plus palpitant de tenter de ramener des reportages de qualité de l’autre bout du monde, quels que soient les risques et les conditions météos. Cela demande d’autres qualités, d’autres spécialités, une grande résistance physique et la capacité de s’adapter à un environnement hostile. Malheureusement, l’indépendance totale a un prix que bien peu sont en mesure de payer et c’est ainsi que le petit monde des producteurs entre dans l’aventure et tente d’imposer sa manière parfois délirante d’envisager des choses auxquelles il ne connait strictement rien. La paperasserie et les entourloupes de dernière minute sont un passage obligé avant n’importe quel tournage et il n’est pas rare de voir le départ effectif décalé à plusieurs reprises, sans tenir compte de la météorologie locale.
 
filmingblog02.jpgAu mois de septembre 2006, j’étais à Bornéo avec l’équipe de l’émission de France 5 « Carnets d’expédition » animée par Francis Le Guen. A l’origine, nous devions être sur place avant l’été, mais de retard en retard, nous avons fini par avoir le feu vert au début de la saison des pluies. Parti plus tôt pour préparer les opérations, j’ai failli m’arracher les cheveux et je me suis même demandé si je réussirais à être exact au rendez-vous fixé à Berau… Pistes boueuses, rivières en crue, moustiques, bourbiers dans la jungle, beaucoup d’eau sous terre, autant de problèmes dont nous nous serions bien passés…
 
Luc Marescot, le réalisateur a une idée précise des séquences qu’il veut tourner. Il est perfectionniste et tout doit être fait pour lui offrir ce qu’il demande. C’est parfois plus facile à dire qu’à faire…Ce jour-là, nous sommes en pirogues, plus d’une dizaine et il voudrait qu’elles naviguent de concert, ce qui est rendu difficile par le franchissement de certains rapides. Avec Jean Baptiste Benoît, son ingénieur du son, ils forment un duo efficace qui vient à bout de toutes les difficultés. Dans la soirée, les images sont dans la boite et nous sommes à l’abri chez le chef du village de Merapun. Un magnétophone a pris un bain inopportun et il sera totalement démonté, chaque pièce étant séchée l’une après l’autre avant de retrouver sa place…
 
filmingblog03.jpgLe lendemain, nous avons rejoint un bivouac sous un porche au pied d’une paroi rocheuse. En chemin, Luc a voulu filmer le déplacement de notre colonne de plus de quarante personnes en n’hésitant pas à déployer une « girafe » qui permet de réaliser des plans très fluides… Une réussite. Une grotte décorée de magnifiques peintures rupestres venait d’être découverte en pleine falaise et il ne fallait pas manquer d’y grimper et d’en ramener des images inédites en évitant la chute. Sans qu’aucun membre de l’équipe ne s’en rende compte, la « girafe », encore elle, a failli créer un incident… Les porteurs qui l’ont trimballée jusque là haut se demandent pourquoi les « orang bule », (les blancs en argot indonésien) transportent un canon avec eux… ! Après avoir vu à quoi servait ce trépied géant, ils sont rassurés et ils rient volontiers de leur méprise...
 
De retour au campement nous dégustons l’excellent repas préparé par un cuistot Balinais qui a été embauché par le régisseur pour la durée du tournage. Un frigo a même été transporté jusqu’ici et la bière est fraîche… Demain sera un autre jour ou plutôt une autre nuit avec un nouveau challenge, celui de ramener des images des cavernicoles qui grouillent dans les grottes des alentours…
 
De quoi tourner une nouvelle page des « carnets de la vie dure »…
par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Samedi 10 novembre 2007
Bornéo, été 2007. Nous avons suivi une équipe de chasseurs de nids d’hirondelles de Pengadan qui nous ont proposé de nous montrer les dernières grottes dans lesquelles ils travaillent. En véritables pillards, ils raflent en quelques mois tout ce qui peut l’être, mettant en péril la reproduction des salanganes qui délaissent les lieux et trouvent refuge ailleurs, toujours plus loin dans la jungle.
 
Si ce ne sont pas à proprement parler des spéléologues, ils font preuve d’une audace incroyable, n’hésitant pas à s’aventurer très loin sous terre. Ils sont capables de descendre des puits imposants à l’aide d’échelles en bambous et les seuls obstacles qui les arrêtent vraiment sont les rivières souterraines car ce sont de piètres nageurs et qu’ils ne sont pas équipés pour affronter de telles difficultés. C’est ainsi que nous les avons suivi jusqu’à leur campement installé dans le porche d’une caverne ouverte en pleine paroi. A partir de ce bivouac confortable qui offre une vue imprenable sur la jungle, nous avons entrepris l’exploration systématique de cet incroyable gruyère et les découvertes se sont enchaînées.
tarzoonblog.jpg Ce jour là, nous sommes entrés sous terre par un petit trou moussu niché en pied de falaise. Sur le chemin, nous avons aperçu une forme noire qui s’est enfuie dans la forêt. Comme Bornéo n’est pas réputé pour son yéti et qu’il y a peu de chances qu’il s’agisse d’un curé en soutane, nous pouvons penser raisonnablement qu’il s’agissait d’un gibbon de belle taille. Après avoir parcouru quelques dizaines de mètres dans une petite galerie, nous avons eu la surprise de déboucher dans un grand canyon dont les voutes sont parfois percées par des gouffres qui laissent passer des rayons de lumière venus de l’extérieur. Enfin, nous avons découvert un passage qui semblait s’enfoncer dans le massif mais quelques centaines de mètres plus loin nous avons abouti dans un grand porche qui domine la jungle environnante.
 
« Prends le point GPS ! » a dit Bernard. C’est vite dit, mais l’opération est encore loin d’être instantanée. L’appareil cherche les satellites, ce qui sous cette latitude prend souvent un certain temps. En attendant, Filou, le singe de l’équipe se balance, accroché à une liane qui pend dans le grand surplomb qui nous domine… Au bout d’un quart d’heure, l’appareil livre enfin ses mesures et après avoir bu un coup, nous repartons dans la grotte où nous avons délaissé certaines possibilités de continuation. Cette fois-ci, nous tombons dans un véritable cloaque et nous pataugeons dans de la boue liquide qui s’insinue partout. Un violent courant d’air nous intrigue et comme cela était prévisible, nous finissons par déboucher une fois encore à l’air libre après avoir été percutés par de nombreuses chauves-souris affolées.
 
gpsblog.jpgBernard en remets une couche : « Penses au point GPS ! » « Bien chef, oui Chef… » J’aime pas les chefs ! Surprise… Ce coup-ci, allez savoir pourquoi? Il ne me faut que quelques secondes pour obtenir un point avec une excellente précision… Bernard râle ! « Tu me donnes le même que tout à l’heure ! » Deuxième mesure, identique à la précédente. Il y a peut-être un bug… Encore un coup des « amerloques » ? En tous cas,  il est temps de retourner au camp si on veut être rentrés avant la nuit.
 
Quelques jours plus tard, le relevé topographique éclaircira le mystère du GPS en folie… L’autre galerie que nous avons explorée faisait une boucle et la deuxième sortie était « pile » à l’aplomb de la première… Les américains n’y étaient donc pour rien et les coordonnées en latitude et longitude étaient bel et bien les mêmes ! Si notre Tarzan en herbe avait osé grimper jusqu’au sommet de sa liane, Il aurait pris pied 20m plus haut dans cet autre porche qui était invisible depuis le bas…
 
Il se murmure même que depuis, il serait parti en stage intensif au pavillon des singes d’un grand zoo et que la prochaine fois, il sera un véritable «Tarzoon » !
par Jojomigrateur publié dans : Bornéo
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Mercredi 7 novembre 2007

Samedi 3 Novembre 2007 dans la soirée, France 3 a diffusé un téléfilm « l’inconnue de la départementale » qui était bâti à partir d’une énième histoire de « Dame blanche » qui apparait dans les phares d’une voiture au détour d’un virage… La suite est bien connue, à quelques variantes près et on retrouve ce récit un peu partout, sans que l’on sache de quoi il retourne vraiment.

Je n’avais jamais accordé trop de crédit à ce genre d’élucubrations jusqu’à ce jour du printemps 1996 où j’ai eu l’occasion d’entendre à peu près la même chose sur l’île de Seram aux Moluques. A Jakarta, j’avais participé à un colloque sur la protection du karst et c’est ainsi que je m’étais retrouvé invité à participer à cette mission de reconnaissance à l’Est de l’archipel Indonésien en qualité de spécialiste de la spéléologie. Nous avions rejoint Ambon à bord d’un Boeing spécialement affrété pour la circonstance par un ministère Indonésien et qui avait transporté tout un aréopage de personnalités « importantes » qui ressemblaient furieusement à certains « parasites » que nous connaissons bien chez nous…
 
Avec mes trois amis spéléos de Bogor à Java, nous bénéficions de conditions auxquelles nous ne sommes pas habitués. A Ambon nous sommes logés dans un grand hôtel et nous rejoignons Seram à bord d’un navire d’exploration appartenant au LIPI, l’institut des sciences Indonésien… Pendant plusieurs jours, nous participons à des plongées de reconnaissance depuis ce bateau parfaitement équipé à cet effet et à terre, nous disposons librement d’un 4X4 et d’un bus de l’armée. Sur la côte, nous établissons le relevé topographique d’une jolie grotte, Gua Akohi que les Indonésiens voudraient aménager pour le tourisme. Le potentiel karstique de cette île semble très important mais l’intérieur des terres reste méconnu et les pêcheurs qui vivent sur les côtes semblent avoir peur de s’y aventurer… Selon un ethnologue du LIPI, il y aurait régulièrement des enlèvements et le cannibalisme subsisterait encore dans des zones reculées de Seram ! Je n’y crois pas trop, mais c’est pourtant la justification officielle de l’escorte militaire au demeurant très sympathique qui nous accompagne partout… !
 
Un soir, alors que le minibus roule sur la piste, un des soldats nous raconte une bien curieuse histoire… Une nuit, ils roulaient sous la pluie, lorsque les phares ont éclairé une femme tout de blanc vêtue qui leur a fait signe… le bus s’est arrêté à sa hauteur, elle est montée sans rien dire et elle s’est assise à côté d’un des militaires sans même le regarder… les passagers ont essayé de lui parler, mais elle n’a pas répondu, comme si elle était perdue dans ses pensées…Soudain, elle aurait poussé un cri avant de littéralement se volatiliser à l’entrée d’un virage dangereux. Les soldats interloqués l’auraient cherché un bon moment sous la pluie battante avant d’admettre qu’elle avait réellement disparu… ! Le plus étonnant, c’est qu’ils auraient appris le lendemain qu’une femme avait été victime d’un accident mortel quelques années plus tôt dans ce même virage… 

A quelques milliers de kilomètres de distance de la France, ils venaient tout simplement de me raconter une version locale de l’histoire de la Dame Blanche… !
 
Au cours de cette expédition, nous avons été régulièrement confrontés au mysticisme et aux croyances animistes qui sont encore très vivaces dans cette région d’Indonésie. Il était inutile de tenter d’apporter la controverse et au contraire, je me suis intéressé aux mythes et aux légendes qui circulent encore dans l'archipel des Moluques.
 
Au terme de cette expédition, nous sommes invités à participer à une soirée organisée par des notables locaux. Les Moluques sont une ancienne colonie Hollandaise et j’ai la surprise de voir qu’on y pratique encore les danses de salon… Un Maître de ballet, chapeau melon sur la tête, vêtu d’une veste à queue de pie donne le rythme en tambourinant sur le sol avec un bâton… Les ordres sont donnés en Français… « Cavalier Monsieur… ! », « Rondade Madame… ! ». Ici on danse la Valse, la Polka et même le Menuet… C’est assez surréaliste de voir ces Indonésiennes en robe du soir danser avec des Messieurs habillés de costumes en Batik. La secrétaire du préfet me fait la causette et j’ai droit à une avalanche de compliments pour mon Indonésien et il faudrait vraiment que je sois dans un état comateux pour ne pas me rendre compte qu’il n’y a pas que de la politesse dans son attitude…
 
Pendant ce temps, il y a eu un petit incident. Un homme très bien habillé mais apparemment saoul a fait un esclandre et il a été évacué des lieux dans le calme par le service d’ordre de la soirée. Plus tard, j’étais encore en train de discuter avec la charmante Indonésienne lorsqu’il est revenu. Sans trop y prêter attention, je l’ai vu traverser la piste de danse en titubant, une canette de bière à la main et soudain, je l’ai vu prendre son élan et me fondre littéralement dessus ! Pan ! Voilà que ce brave homme m’assène un coup de bouteille sur la tronche, ou plutôt qu’il a essayé… Dans un réflexe de défense, j’ai réussi à saisir son poignet avant qu’il ne me défonce le crâne et dans la fraction de seconde qui a suivi, Je l’ai littéralement décalqué dans le plancher d’un « Ippon Seoi Nage » que j’avais rarement réussi à « rentrer » de manière aussi explosive…!
 
Mon petit coup d’éclat a jeté un « froid » et les musiciens ont arrêté de jouer de leurs instruments. Mon agresseur n’était rien de moins qu’un député et je me demande un instant comment mon geste sera considéré par les policiers qui se précipitent dans la salle. Très bien en fait, d’autant plus que les témoins sont nombreux et que j’ai même droit à des excuses... « Il est musulman, il n’a pas l’habitude de boire et il n’a pas supporté l’alcool… ». Après la version « officielle », voilà enfin la « vraie » vérité… Mon assaillant alcoolisé n’a pas supporté de voir que la jeune femme sur laquelle il comptait exercer don droit de cuissage s’intéressait à ma modeste personne et il a « pété les plombs ». 

Sans commentaires... Ou plutôt si...!
 
C’était le genre de type que j’aurais volontiers relâché en pleine nuit du côté du virage de la Dame Blanche...! (version «soft»)
 
A moins, que ce ne soit sur le territoire de ces fameux cannibales... ! (version « gore »)
par Jojomigrateur publié dans : jojomigrateur
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