présentation

  

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine... Avis aux amateurs!

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Lorsque je me suis lancé dans l'aventure ce ce blog de photojournaliste bourlingueur, sportif et curieux invétéré, je n'avais aucune idée de l'accueil qui lui serait réservé. Neuf mois plus tard, je tiens à remercier les milliers de visiteurs qui sont venus sur mes pages... Je continuerai donc à vous faire partager ces tranches de vie, au gré de mon humeur du moment... Merci encore !

Samedi 3 novembre 2007

Bali. Ras le bol des Australiens buveurs de bière, des touristes des Clubs Meds et consorts, des Italiens encore plus braillards que d’habitude lorsqu’ils sont privés de pizzas et que les spaghettis ne sont pas « al dente » ! Nous avons passé quelques jours à plonger au Nord de l’île et j’en ai marre de cette ambiance qui n’a plus rien à voir avec celle que j’ai connu au début des années 1980. Il est temps de changer d’air et d’aller grenouiller dans un coin plus tranquille.

ijen69blog.jpgChez notre loueur de voitures préféré depuis quelques années, nous troquons le petit 4x4 Suzuki contre un gros BJ 40 Toyota à l’ancienne… Six cylindres essence, boite 2X3, un couple de camion et un pare-buffle qui tient davantage d’un rail de chemin de fer que du pare-choc de la voiture à mémé ! Compte tenu de ma connaissance du pays et de la langue, le gérant de la société accepte que je quitte Bali pour Java au volant d’une de ses voitures. Il y a très peu d’étrangers qui se lancent dans une telle aventure et au moment d’embarquer sur le ferry qui fait la navette entre Gilimanuk et Java, les policiers marquent un instant d’hésitation que quelques mots d’Indonésien ont très vite fait de dissiper.
 
ijen06blog.jpgSelamat Jalan ! (Bon voyage…). Nous voilà lâchés dans la cohue Javanaise. La petite route qui conduit à Surabaya n’est qu’un gigantesque embouteillage mais nous avons prévu de sortir des grands axes et d’emprunter le réseau secondaire. Le but de notre balade n’est autre que le fameux volcan Kawah Ijen qui à cette époque là ne recevait pas encore ces hordes de visiteurs qui veulent tous prendre un cliché de ces incroyables « forçats du soufre ». A Sitobondo, nous quittons le tintamarre de la grand-route et nous engageons le 4X4 sur une piste asphaltée mais complètement défoncée. Ce chemin qui doit être difficilement carrossable à la saison des pluies semble divaguer au milieu des plantations de canne à sucre et de tabac. A chaque carrefour nous hésitons un moment sur l’itinéraire à suivre. Les coupeurs de canne que nous rencontrons sont tous très étonnés de voir un « orang bule », un « blanc...» au volant d’une voiture dans ce coin perdu. Ils sont tous très serviables mais il y a un truc auquel je n’avais pas pensé… Certes, je m’exprime correctement en Bahasa Indonesia, mais ils parlent essentiellement dans un dialecte local et à chaque fois, il faut trouver celui, en principe un jeune, qui comprend l’indonésien.
 
ijen43blog.jpgLa balade prend un tour très amusant et c’est souvent à la boussole que je décide de la piste, (en général la bonne… !) que nous devons emprunter. Plus loin nous croisons un étrange petit train qui dessert les exploitations. On le dirait tout droit sorti de « Tintin au Congo »… Il transporte la canne à sucre et fonctionne en brulant une partie de son chargement qui sert décidemment à tout. Alors que la nuit tombe, le volcan est enfin en vue et il est temps de trouver un endroit où passer la nuit. A cette époque là, il n’y avait pas encore de « guest-houses », encore moins d’hôtels et nous sommes accueillis de manière très sympathique chez des paysans pour une somme plus que modique.
 
Tôt le matin, nous rejoignons Paltuding où les premiers ouvriers commencent à arriver. Un contremaître pointe la nuée de porteurs présents et c’est lui qui se chargera de peser le chargement à leur retour. La montée vers le cratère est réputée exténuante mais nous sommes surpris de constater qu’il ne s’agit que d’une marche facile sur un chemin très bien tracé qui serait très certainement carrossable en moto jusqu’à l’ultime belvédère (2386m) qui domine la caldeira et son lac d’acide. Au fond du cratère, l’atmosphère est quasi-irrespirable et c’est à se demander comment les ramasseurs de soufre font pour travailler dans de telles conditions. Je descends avec eux et au bord du lac, un vieil homme (40 ans?) me demande de lui prêter une pièce de 100 roupies qu’il plonge avec précaution sur une dalle visible à 20cm de profondeur sous la surface de l’eau claire… Quelques secondes plus tard, des bulles commencent à s’échapper de la pièce de monnaie qui fond littéralement comme un morceau de sucre dans une tasse de café brûlant ! Nous sommes au bord d’une véritable marmite d'acide qui a déjà explosé à plusieurs reprises, causant de nombreux morts dans les environs. Sur l’autre rive, une digue permettant de contrôler le niveau du lac a été aménagée car il a été prouvé que la violence des explosions qui se produisent parfois est en relation directe avec le volume de ce qui est le plus grand lac d’acides sulfuriques et chlorhydriques au monde.
 
ijen29blog.jpgCe jour-là, le soufre liquide s’écoule en abondance du solfatare dans lequel sont enfoncés des tuyaux de 10m de long par 50cm de diamètre. Ils canalisent astucieusement le précieux liquide orangé qui sort à plus de 100°c avant de se cristalliser en blocs jaune citron. Les gaz nous arrivent directement dans la gueule et parfois, il semble même que le débit augmente… Rapidement, les hommes débitent à la barre à mine près de 70kg de minerai qu’ils équilibrent dans des paniers qu’ils transporteront de part et d’autre d’un simple bâton porté sur l’épaule. C’est quasiment en apnée que je photographie l’extraction du soufre et le conditionnement des charges. En quelques minutes, je suis au bord de l’asphyxie et je cherche à respirer des goulées d’air pur chaque fois que le vent change de sens, éloignant temporairement le nuage de vapeurs toxiques… Lentement, ils entament la remontée du sentier dont ils connaissent le moindre caillou. Seulement chargé de mon sac photo, je les suis sans difficulté et j’admire leur aisance malgré la charge qui les écrase.  A la descente vers Paltuding, ils sont encore plus impressionnants. Leur démarche est chaloupée et je me demande dans quel état doit être leur squelette après quelques années de ce traitement inhumain… Une fois la pesée effectuée, ils encaissent les quelques roupies qui leur permettront d’acheter du riz et nourrir leur famille...
 
Plus tard, le soufre sera chargé dans des camions qui l’achemineront jusqu’à une usine de traitement.
 
Tant d’efforts et de souffrances pour blanchir du sucre et fabriquer des allumettes…
 
Encore un exemple de la folie de l’homme…
par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Dimanche 28 octobre 2007

Amsterdam Schiphol 4h du matin un dimanche. Nous arrivons de Singapour par un vol sans escale de la KLM et nous repartirons pour la France dans la soirée, ce qui nous laisse une journée entière de balade dans cette ville sympa. A travers le hublot, le temps à l’air maussade et on dirait bien qu’il pleut. Quand l’avion est enfin immobilisé sur le tarmac et que la porte s’ouvre, il n’y a plus aucun doute… Il fait bel et bien un temps à ne pas mettre un rapatrié équatorial dehors !

Le temps de laisser nos bagages de cabine à la consigne et nous voilà dans le train qui rejoint le centre ville en 20mn à peine. La gare est déserte et le moins que l’on puisse dire, c’est que le fond de l’air est frais. Trouver un café, pourquoi pas des croissants et attendre qu’Amsterdam s’éveille. Au petit jour, la lumière est superbe et j’en profite pour faire des photos sans personne dessus, ce qui change de l’heure de pointe. Un hélicoptère vert « caca d’oie » tourne au-dessus du quartier et des voitures de police arrivent en trombe, sirènes hurlantes… On se croirait presque à New York et je m’attends à voir débouler d’un instant à l’autre Starsky et Hutch dans leur bolide polluant…

amsterdam-40blog.jpg
 Nous voilà bientôt devant une meute de policiers regroupés autour d’un tramway immobilisé. Je me risque à demander ce qu’il se passe. A Marseille, je me ferais « virer » illico et sans ménagement, mais le gros officier rougeaud me répond en anglais avec une amabilité surprenante. Il y a eu une attaque à main-armée chez un diamantaire qui a vite su choisir entre ses pierres précieuses et sa vie. Les « Rapetout » sont sortis précipitamment de l’atelier avec leur butin et l’un d’entre eux a fait une très mauvaise rencontre puisqu’il est passé sous les roues du tramway, sac de bijoux à la main. A l’heure actuelle, la police scientifique s’affaire autour du malfrat « éparpillé » et dont les jambes dépassent encore sur le côté de la motrice qu’il n’a pas du entendre venir.
 
« Bien mal acquis ne profite jamais… », Un wagon sur l’estomac avant le petit-déjeuner c’est indigeste et la morale est respectée… Mauvais Karma !
 
Un, peu plus loin, nous tombons sur ces fameuses dames en vitrine qui ont encore l’air bien pimpantes alors, (et c’est de circonstance), qu’il n’y a que le train qui n’a pas du leur passer dessus cette nuit. Il y en a pour tous les goûts, des blondes, des brunes, des grosses, des maigres, des blacks, des jeunes, des vieilles, … liste non exhaustive…  Et voilà que c’est la nana de notre groupe qui s’intéresse à cette «ménagerie», qu’elle demande le « programme » et que les demoiselles sont prêtes à l’inviter à les rejoindre dans l’arrière boutique… Après une nuit de bons et loyaux services tarifés, elles doivent finir par sentir le caoutchouc brulé et j’incite néanmoins la copine à aller « vérifier » si elle en a envie… Finalement, elle se « dégonfle »…. Que de la gueule !
 
Pour nous remettre de nos émotions et nous réchauffer un peu, nous entrons dans le premier café ouvert. C’est un coffee-shop où ont échoué des espèces de punks et autres « gothiques » après une nuit visiblement très agitée dans un night-club. D’un simple coup d’œil, je me rends compte qu’ils tiennent tout juste debout et qu’ils sont bien incapables de faire preuve de la moindre agressivité. Ils sont tellement amorphes qu’ils ne voient même plus les efforts déployés par une hôtesse pour les aguicher. Ils n’ont pas du consommer que de la bière et ils risquent fort de passer à leur tour sous les roues du tramway s’ils s’aventurent dehors dans un tel état. Une odeur caractéristique flotte dans l’air et d’ailleurs, il suffit de se rendre à un petit comptoir bien en vue dans le pub pour se faire « rouler » un joint avec une herbe à choisir parmi le large choix de la carte… La serveuse est souriante et de bon conseil. Il ne faut pas hésiter à sacrifier à la coutume locale, même si cela ternit un peu l’arome d’un délicieux Capuccino et gâche le goût des viennoiseries dont nous rêvions depuis longtemps.
 amsterdam-18blog.jpg
Un coup d’œil à l’extérieur permet de vérifier que la pluie fine a cessé et qu’il commence à y avoir de l’animation dans les rues. Nous pouvons jouer les touristes et profiter de notre dernière journée de voyage. Au hasard de la promenade, nous tombons sur l’exposition en plein air des photos de la «terre vue du ciel» de Yann Arthus Bertrand. Il est bientôt 11h du matin et nous sommes les seuls à déambuler entre ces images magnifiques. C’est à croire que les Hollandais ont été piqués par la mouche tsé-tsé ou qu’ils profitent de cette matinée dominicale pour récupérer de leurs ébats nocturnes. Dans l’après-midi, nous retournons à pied vers la gare où nous devons reprendre un train pour l’aéroport. Il y a enfin du monde, des piétons et des cyclistes qui ont intérêt à se méfier comme de la peste du tramway qui se déplace silencieusement et signale son approche par des coups de clochette discrets… Ding, Ding… Ou tu dégages ou tu es mort, c’est bon à savoir !
 
A Marseille, l’indiscipline chronique des citadins qui se précipitent sur l’abonnement « Vélo » pourrait bien se solder par une hécatombe… La Mairie pourrait d’ailleurs songer à un contrat « vélo-cercueil ». Mieux, elle pourrait offrir une prime à la famille du premier utilisateur qui se fera transformer en « américano écrasé » par le nouveau tramway.
 
En arrivant à l’aéroport, une image me revient à l’esprit. Celle d’un Indonésien qui avait bousculé tout le monde pour être le premier à descendre du wagon en gare de Jogjakarta. Alors que le train n’était pas encore arrêté, je l’avais vu trébucher et disparaître sans un cri, happé par les roues de la puissante machine…
 
Mourir pour gagner quelques secondes… Encore un mauvais karma !
par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Jeudi 25 octobre 2007

Java, juillet 1986. Avant de partir pour Bornéo, nous avions consacré deux semaines à la reconnaissance d’un petit massif prometteur et facilement accessible depuis Yogjakarta.  Sans le savoir, nous venions de mettre le pied sur un magnifique terrain de jeu qui allait nous offrir « Gua Barat », une rivière souterraine fabuleuse que nous avons exploré sur près de dix kilomètres de longueur avant de ressortir quelques expéditions plus tard à la surface du plateau près de Blabak, un village isolé au cœur de la montagne. Une telle découverte est le rêve de tout spéléologue d’exploration et je vous en parlerai une prochaine fois…

silumanblog.jpgCette fois là, nous sommes partis en deux équipes. La première a pénétré dans « Gua Liah », une grotte bien connue par les chasseurs de nids d’hirondelles et les terrassiers à la recherche de phosphates. Avec Marc Duhamel, nous suivons un des villageois qui nous guide à travers les broussailles qui recouvrent tout. Une demi-heure plus tard, nous arrivons effectivement devant « Gua Siluman », (la grotte du démon) qu’il aurait été très difficile de trouver par nous-mêmes. Un plan incliné très raide (photo) plonge sur un puits que nous équipons sans difficulté avant de prendre pieds 30m plus bas dans une vaste galerie. De vieux échafaudages en bambous encore en place montrent que les autochtones avaient l’habitude de descendre jusqu’ici et nous découvrons qu’ils ont creusé des trous un peu partout, de véritables chausse-trappes de plusieurs mètres de profondeurs qu’il serait très facile de transformer en autant de pièges mortels (photo). Il faut vraiment que ces phosphates aient une grande valeur. La suite ne présente aucune difficulté particulière et nous arrivons bientôt au sommet d’un vaste puits qui semble barrer la galerie. Nous ne sommes pas équipés pour tenter une escalade en traversée et notre exploration s’arrêtera là pour aujourd’hui….
 
lipsphosblog.jpgAu moment même où nous allions rebrousser chemin, nous entendons un brouhaha monter du fond de la grande crevasse ébouleuse. Il y a même la lumière caractéristique des éclairages à l’acétylène… Les copains sont là et nous pouvons même nous parler à 25m de distance. La jonction entre les deux cavités est faite. Sur le chemin du retour, nous prenons le temps de topographier les lieux, ce qui demande pas mal de temps. Lorsque nous ressortons, la nuit tombe et le paysan ne nous a pas attendu. Si l’axe de la vallée est bien visible, le vague sentier que nous avons emprunté à l’aller est indécelable au milieu d’une végétation particulièrement touffue. Tant bien que mal, nous parvenons à descendre en contournant parfois des bouquets d’épineux quasi impénétrables. Pris par la nuit, nous marchons vers une petite mosquée que nous avions repérée et qui brille comme un phare au milieu des rizières. Avant de déboucher enfin sur un véritable chemin, nous traversons un vieux cimetière à moitié en ruines. Des tombes sont cassées, des dalles sont renversées, un peu comme dans un film d’épouvante…
 
La place du petit « kampung » est animée. C’est une foule qui nous attend et notre ami Indonésien, le Docteur Ko est soulagé de nous voir indemnes car il craignait déjà qu’il nous soit arrivé quelque chose de fâcheux. Sur le ton de la plaisanterie, je lui explique que nous nous sommes perdus, que nous sommes arrivés dans un vieux cimetière où nous avons rencontré un grand fantôme blanc… ! Je continue en lui disant que je lui ai dit « selamat malam », (bonne nuit) et qu’il m’a répondu « selamat jalan », (bon voyage) avant de disparaître mystérieusement. Dans un pays où les croyances au surnaturel sont particulièrement vivaces c’est une grave erreur et cette histoire est immédiatement prise au premier degré ! Une vive discussion s’installe dans le dialecte local entre les anciens qui gesticulent beaucoup. Même le Docteur Ko est incapable de comprendre la teneur de l’échange. Une heure plus tard, le verdict tombe. C’est normal que nous ayons vu le fantôme ce soir car nous sommes un jeudi et qu’il erre parmi les tombes les mardis et jeudis soirs... Un instant, j’ai cru qu’ils étaient moqueurs, mais non… le chef du village explique que c’est à cause de cette hantise que le cimetière a été abandonné il y a quelques années par des habitants terrifiés. Devant de telles convictions, il n’y a plus rien à rajouter et cette information va se répandre en quelques jours dans les environs et bien plus loin, comme une trainée de poudre !
 
spitolublog.jpgJe suis revenu souvent à Java depuis cette date et je suis toujours étonné de constater que cette histoire perdure et que je suis régulièrement présenté comme l’homme qui a vu l’ours, (le fantôme…) et qui n’a pas eu peur… ! Lors d’un colloque sur la protection des karsts qui s’est déroulé à Jakarta en présence de nombreuses personnalités indonésiennes, j’ai été littéralement harcelé de questions au sujet de ce phénomène surnaturel par des gens très instruits, souvent à la tête d’importantes sociétés. Pour les Indonésiens, il ne s’agit pas d’une rumeur mais d’un fait accompli et il serait totalement illusoire de prétendre y changer quelque chose…
 
Mea Culpa…
 
Août 2003. Nous voilà de retour sur ce petit massif qui est très menacé par des fours à chaux qui poussent comme des champignons sur tout le périmètre. Ce jour-là, nous avons décidé de reprendre l’exploration du système « Gua Liah – Gua Siluman » et sur le chemin je ne peux que constater à quel point le massif a souffert depuis dix sept ans. Les pitons calcaires jadis recouverts de végétation ne sont plus que des collines poussiéreuses aux flancs plantés de « jati », un arbuste très utilisé en petite menuiserie…  Sous terre, nous parvenons très vite au bord du canyon qui nous avait arrêté 17 ans plus tôt. Cette fois, nous avons emporté du matériel d’escalade et il ne faut pas très longtemps pour équiper une vire au-dessus de l’abime. Effectivement, il y avait des continuations importantes qui nous conduiront quelque temps plus tard à une nouvelle entrée plus loin sur le massif.
 
Ce jour-là, nous décidons d’équiper le puits de jonction avec Gua Liah qui n’a jamais été descendu. La roche est particulièrement friable et Josiane se fait une frayeur en « volant » avec un amarrage ! Il faut équiper plus sérieusement et nous plantons quelques chevilles à expansion qui sécuriseront la descente. Les flashes crépitent, Josiane filme la scène avec son caméscope et nous ressortons par la galerie inférieure qui est un véritable boulevard…
 
Epilogue.
 
De retour en France, une de mes photos de ce fameux puits m’interpelle. Lulu plante un spit dans une paroi qui a l’apparence d’un magnifique corps de femme nue… ! Hasard ? Hallucination ? Bidouille photographique ?
 
A moins qu’il ne s’agisse d’une facétie du fameux fantôme du jeudi soir… !
par Jojomigrateur publié dans : jojomigrateur
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Lundi 22 octobre 2007

Cet après-midi là, profitant d’un « trou » dans notre emploi du temps, nous avions enfourché nos motos, direction Signes, à une cinquantaine de kilomètres à peine de Marseille. A défaut d’une belle voie d’escalade ou d’un joli gouffre nous pouvions recycler nos ardeurs sur le dernier « parcours aventure » à la mode, l’  « Eden Parc » créé par Enzo Paolini

tyro02blog.jpgProfitant de la spécificité du site, Enzo a imaginé des itinéraires de niveaux différents ou se mélangent harmonieusement des « ponts Népalais », des tyroliennes, des passages en « via ferrata », le tout parfaitement sécurisé pour le plaisir des petits et des grands…
 
Mais, car il y a un « mais », il ne faut pas « faire le zouave » sur les équipements…. Une tyrolienne ne se franchit pas la tête en bas, comme un pantin désarticulé ! « Carton Jaune » ! On ne fait pas non plus l’équilibriste sur les câbles et « Grand Dieu », on ne fait pas « l’arbre droit » sur les barreaux d’échelle de la « via ferrata », là c’est carrément « carton rouge »…. Encore plus pour un Guide de Haute Montagne comme l’ami Guy !
 
J’avais oublié que nous sommes en France et que « Big Brother nous regarde », qu’il affute lentement ses armes qui sont de plus en plus « technologiques » et sophistiquées… Les lois coercitives, se multiplient, la morale et l’auto censure font le reste… Les sports dits « à risques » ont du plomb dans l’aile et leurs enseignants risquent fort de se retrouver « à l’ombre » et pour longtemps en cas d’accident. La dernière « trouvaille » pour « emm….. » les responsables de clubs est une législation contraignante sur les équipements de protection individuelle baptisés « EPI » qui fait marcher le commerce en imposant de remplacer du matériel pourtant en parfait état. La grogne gronde chez les moniteurs de spéléologie qui parlent de dissoudre leurs structures ou tout simplement d’arrêter d’organiser des sorties d’initiation !
 
edendigit33blog.jpgSur le chemin du retour, traquenard policier à un carrefour…. « Opération ceinture » pour les automobilistes distraits et trois points de moins sur le permis pour ces fous dangereux à la conduite qui peut être exemplaire et qui ne mettent en danger qu’eux-mêmes… Courage, le port du casque obligatoire au volant est pour bientôt !
 
Je m’étonne même que le « Sexe » soit encore autorisé hors de toute fonction reproductive… C’est sale, on attrape des maladies, cela coute cher aux caisses de sécurité sociale et heurte les croyants de toutes confessions, barbus ou pas. Il se murmure d’ailleurs qu’en haut lieu, une « brigade des capotes » serait bientôt créée et serait autorisée à pénétrer dans les chambres à coucher en pleine nuit… !
 
Toute notion de responsabilité personnelle est en train de disparaître et je ne serais pas surpris qu’il soit bientôt interdit de se suicider… A moins que dans un bureau d’un ministère opaque où l’on ne fume plus depuis une récente interdiction, quelques technocrates qui s’ennuient en attendant une retraite dorée par un régime spécial nous concoctent un « Permis de Suicide »…
 
Sous contrôle de l’état, cela va de soi !
par Jojomigrateur publié dans : jojomigrateur
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Vendredi 19 octobre 2007

En 1988, j’ai traversé Bornéo d’ouest en Est, de Pontianak à Samarinda en reprenant l’itinéraire emprunté en 1897 en quinze mois par l’explorateur Hollandais A.W.Nieuwenhuis et 110 porteurs dont plusieurs ont trouvé la mort au cours de l’expédition. Il y a seulement vingt ans, il était encore très rare que des étrangers s’enfoncent si loin au cœur de Bornéo et notre équipe a eu le mérite de montrer qu’il était possible d’emprunter un tel parcours en technique ultralégère.

Après avoir remonté le fleuve Kapuas sur près de mille kilomètres à bord de bateaux locaux, nous avions poursuivi en pirogues jusqu’à Nangabungan au pied des monts Muller qui doivent leur nom à un explorateur qui avait été « raccourci » par les Dayaks en 1825 lors d’une mémorable « chasse aux têtes », une vieille coutume que l’on croyait abandonnée et que les descendants de ces Dayaks ont remis au gout du jour en 1999. Le photographe Australien Philip Blenkinsop a ramené les images effroyables de colons Madurais littéralement découpés en morceaux dont certains auraient même été dévorés dans un (ultime…?) sursaut de cannibalisme.
 
longearblog.jpgLors de la traversée de ces montagnes isolées en pleine jungle, nous avions eu la surprise de découvrir à Gua Kao les premiers dessins pariétaux de la partie indonésienne de Bornéo. Sans le savoir, cette découverte allait être à l’origine de beaucoup d’autres quelques années plus tard. Après avoir franchi les Monts Muller qui étaient encore couverts d’une forêt dense, nous avions plongé vers la Haute-Mahakam en plein territoire Dayak. Nous étions en amont des gros rapides, loin de toute piste carrossable et les gens continuaient à vivre comme ils l’avaient toujours fait, même si quelques pasteurs protestants tentaient de les évangéliser… J’ai toujours pensé que ces religieux étaient des « parasites » et il m’est arrivé parfois de me dire que leurs têtes auraient été des trophées de choix !
 
Nous avions continué en radeaux en bambous puis à bord de rafts acheminés jusqu’à Datadawai par un petit Cessna 185 que nous avions loué. Nous étions au pays des « longues oreilles » et dans une « longue-maison » traditionnelle, nous avions rencontré une des plus vieilles femmes Dayaks encore en vie… A 90 ans, c’était vraisemblablement l’une des dernières à porter encore ces lourds anneaux métalliques qui avaient allongé ses lobes d’oreilles. Avec son décès c’est l’un des derniers témoins d’une époque qui a disparu. Notre expédition avait été un succès mais s’était terminée par un drame après notre départ de Samarinda. Paludisme, Dengue et leptospirose, un cocktail détonant auquel j’avais échappé mais qui avait été la cause de quatre rapatriements sanitaires et la mort de notre ami Guillaume. Triste histoire…
 
oldmanblog.jpgDepuis cette époque, je retourne souvent à Bornéo et j’assiste avec une certaine tristesse à la destruction désormais quasi-inéluctable de ce qui fût une des jungles les plus étendues de la planète. La surexploitation des bois précieux et du charbon de bois, les grands incendies de forêts et les plantations de palmiers à huile auront raison d’un écosystème qui vit sans doute ses dernières années.
 
En août 2007, près de Samarinda, je suis allé à « Pam Pam », un de ces villages Dayaks « christianisés » qui deviennent des espèces de « zoos » pour les rares touristes de passage. J’y ai retrouvé la même ambiance morose qui se dégageait de campements « Indiens » que j’avais visité en Amérique il y a quelques années. Devant la « longue maison » traditionnelle préservée par le gouvernement Indonésien, un vieux Dayak, (plus de 80 ans), posait en tenue d’apparat contre quelques roupies, un moyen comme un autre de survivre. Ce jour là, il pleuvait, le « kampung » était quasiment désert et des enfants sont partis en courant pour chercher le vieil homme qui est arrivé quelques minutes plus tard. Il avait froid et il a répété comme un métronome les gestes que les « tous tristes » ont du lui demander tant de fois. Il comprenait l’Indonésien et j’ai échangé quelques mots avec lui. En croisant son regard, j’ai cherché à déceler une émotion, à comprendre ce qu’il pouvait bien penser de cette mascarade…
 
Je n’ai ressenti que l’impression d’un grand vide. Malgré ses plumes de grand chef Indien, le vieil homme ne devait déjà plus être là….Son esprit devait déjà avoir rejoint le dernier des Mohicans au royaume des ancêtres et des ethnies disparues.
par Jojomigrateur publié dans : Bornéo
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