présentation

  

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine... Avis aux amateurs!

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Bienvenue...

Ce n'est pas très original, voilà un nouveau blog de journaliste sur la blogosphère. A travers ces articles et mes photographies, vous découvrirez quelques facettes de mes activités et ma vision du monde, que ce soit à l'autre bout de la planète ou au coin de la rue... Bonne Lecture !

Mercredi 26 mars 2008

Voilà une photo amusante qui date de quelques années... Deux voitures de marque Citroën garées côte à côte sur un parking. Au premier coup d’œil, ce sont les mêmes, à quelques détails près et l’image pourrait servir de support à un « jeu des sept erreurs ». Ce serait très banal si ces deux « carrosses » n’arboraient pas fièrement les mêmes plaques d’immatriculation que j’ai « floutées » volontairement ! J’avais eu du mal à croire ce que je voyais mais ces bagnoles étaient là, offertes à la vue de tous comme une provocation stupide. Au-delà de cette anecdote, on peut tout imaginer, du plus anodin au plus grave et je m’étais amusé de constater que ces deux voitures étaient restées là, très longtemps sans que cela ne semble gêner le moins du monde les voisins…

 

La France est un pays très chouette où la fraude est un sport national qui a ses champions incontestés. Jérôme  Kerviel, le courtier de la Société Générale qui est soupçonné d’avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros à sa banque est devenu en quelques heures une véritable star mondiale assimilée à un sympathique « Robin des bois ».

En matière d’escroqueries et d’arnaques en tous genres, les Français font preuve d’une imagination sans bornes qui génère une véritable économie souterraine. Une encyclopédie ne suffirait pas à faire l’inventaire de toutes les manœuvres frauduleuses qui ont cours dans notre pays, d’autant plus que chaque nouvelle loi, chaque mesure fiscale est étudiée par des hordes de spécialistes qui cherchent le meilleur moyen de la contourner.

Les élus et les dirigeants de grandes entreprises sont trop souvent compromis dans des malversations financières et autres magouilles douteuses. La dernière affaire à la mode vaut son pesant de cacahuètes. Entre 2000 et 2007, Denis Gauthier Sauvagnac qui était le patron de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) aurait retiré près de 19 millions d’euros en liquide sur un compte de l’organisation. A l’heure actuelle, la destination de ces fonds demeure inconnue et Monsieur « DGS » refuse catégoriquement de révéler au juge ce qu’est devenu cet argent. Le comble de l’ironie semble atteint lorsque l’on apprends que ce gentil Monsieur aurait perçu une « prime » de licenciement d’un million et demi d’euros, un « cadeau » qui lui serait fait en « échange » de son silence… Dans un grand geste de mansuétude, l’UIMM se serait même engagé à prendre à sa charge tous les frais liés à l’enquête et aux éventuelles condamnations. C’est à se demander s’il ne faudrait pas remettre l’usage de la gégène au gout du jour ou s’il ne faudrait pas envoyer cet amnésique muet en stage à Guantanamo !

 

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. ».

 

Ces vers de Jean de la Fontaine sont plus que jamais d’actualité. Le trader Jérôme Kerviel a été placé en détention provisoire pour l’empêcher d’entrer en contact avec d’éventuels complices. Pourquoi pas ? Mais alors, qu’est-ce qui justifie que Denis Gauthier Sauvagnac n’ait pas eu droit lui aussi à une cure de repos en maison d’arrêt ? Si ses défenseurs insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’argent volé, il ne semble pas non plus que le courtier en bourse se soit livré au moindre détournement à son profit. Pour enfoncer le clou, comment ne pas évoquer l’immunité parlementaire, celle du président de la république ou encore la classification « secret défense » de certains documents  dont la publication pourrait faire l’effet d’un tsunami ?

En France, tous les citoyens sont égaux devant la loi mais chaque jour qui passe apporte la preuve que cette « égalité » est à géométrie variable.

Dans une hypocrisie générale, il est admis que les grandes entreprises s’entourent de conseillers juridiques et fiscaux et d’experts comptables chargés de trouver les moyens légaux de contourner les législations les plus embarrassantes et les plus pénalisantes pour leurs finances. L’installation hors de nos frontières de certains sportifs et artistes en vue coule de source et la dérive ultime du système s’appelle « délocalisation » des entreprises.

Les élections municipales qui viennent de se dérouler apportent quelques enseignements très intéressants. Les maires et leurs disciples que sont les conseillers municipaux se présentent comme de grands altruistes dévoués qui se démènent pour la collectivité et placent leur carrière professionnelle au second plan. Pourtant, la réalité est toute autre et il suffit d’observer les campagnes électorales pour s’en rendre compte. Tous les coups et surtout les plus bas sont permis pour accéder au moindre petit pouvoir local qui est envisagé comme un barreau permettant de gravir l’échelle sociale.  C’est ainsi que l’on assiste à de véritables batailles de chiffonniers, même à Neuilly  et que la fraude électorale fait partie d’un folklore encore bien vivace.

Qui ne se souvient pas de « faux électeurs » de « morts » qui ont voté, de procurations douteuses, d’urnes « bourrées » et d’autres tripatouillages des listes électorales. Cette fois-ci encore, c’est une histoire de « chaussettes perpignanaises » qui amuse tout le pays et qui pourrait se solder par un retour aux urnes…

Le « multiplicateur » de Citroën Xanthia du début de l’article apparait en définitive comme un modeste « artisan » de l’entourloupe, une sorte d’artiste qui prouve à sa manière que le « don d’ubiquité » n’est peut-être pas qu’une légende… !

par Jojomigrateur publié dans : Humeur du jour...
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Jeudi 20 mars 2008

C’est une métaphore, une histoire de gamins qui remonte à près de 40ans… Avec mon pote Christian, nous participions à des randonnées dominicales organisées par le club des excursionnistes marseillais. C’est ainsi que cet hiver là, nous avons participé à une sortie « facile » qui aurait du nous conduire de Saint Zacharie à Nans les Pins par les collines. C’est une balade à la portée de tous, sauf que ce jour là, le temps était plus que maussade et qu’il aurait été peut-être préférable de ne pas prendre le départ…

Le ciel était gris, il faisait froid et voilà qu’après une heure de marche, nous avons été pris dans une véritable tempête de neige. Nous n’étions pas équipés pour de telles conditions et le « chef » aurait sans doute mieux fait de décider de rebrousser chemin, surtout qu’il avait des enfants et des personnes âgés dans le groupe de plus de cinquante personnes. Un peu plus loin, le brouillard était tombé, la visibilité n’était plus que de quelques mètres et le guide continuait à avancer sans la moindre hésitation. Pourtant, la simple petite boussole de gamins que nous avions emporté semblait montrer que nous ne marchions pas du tout dans la direction indiquée par la carte...

Nous avions eu le culot d’en parler au « chef » et sa réaction avait été cinglante…: 

            « Suis le chef, un qui sait vaut mieux que cent qui cherchent ! ».
 

La contestation étant impossible, surtout venant d’enfants, nous avions suivi la colonne en nous disant que cette histoire allait mal finir si nous devions passer la nuit dehors. L’hiver, la nuit tombe vite et il devenait évident pour tous que le capitaine du navire avait perdu le nord. Le hasard avait fait que nous avions fini par déboucher sur une route au moment ou une voiture passait par là… Nous étions près de Trets, ce qui signifie que notre guide avait fait une erreur de plus de 90°. Dans la neige, ce « bougre d’âne » avait confondu un tracé rouge avec le marquage rouge et blanc d’un itinéraire de grande randonnée !
 
Je venais de comprendre que le « chef » n’a pas toujours raison et qu’il n’est pas facile de le lui faire entendre !
 
C’est ainsi que les écolos qui parlaient de réchauffement climatique et de gaz à effet de serre ont été considérés très longtemps comme des illuminés sectaires avant que l’on prenne conscience de la réalité de leurs prévisions en ce domaine. L’obstination et l’irresponsabilité des « chefs » ont fait perdre trente ans au monde, trente années qui à terme feront peut-être cruellement défaut à la planète…
 
La contestation est de plus en plus mal vue et le Président « Bling Bling » qui a été récemment élu considère « l’héritage de mai 1968 » comme une maladie honteuse qu’il entends bien éradiquer lors de son quinquennat. Ce petit homme qui ne doute jamais de rien et surtout pas de lui a un avis sur tout et sur n’importe quoi. Ce ne serait pas très grave si ce n’était pas un chef d’état et s’il n’avait pas la prétention d’avoir toujours raison et la volonté d’imposer sa manière de voir la société.
 
Moins d’un an après son élection triomphale, il commence à se rendre compte qu’il n’est pas aussi facile de manipuler l’opinion publique qu’il ne le pensait, que les Français sont têtus et versatiles et que les retours de manivelles, mêmes ceux d'une vieille guimbarde pourraient être particulièrement brutaux.
 
Le 40è anniversaire de mai 1968 approche, mais en disant cela, je vais encore me faire traiter « d’anarchiste »... !
par Jojomigrateur publié dans : Humeur du jour...
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Mardi 18 mars 2008
A Java, le docteur Ko est féru de vieilles légendes à faire frémir. Il aime raconter d’incroyables histoires de “Kriss” vengeurs venus assassiner des gens, propulsés par la pensée à des centaines de kilomètres… Il parle de magiciens dotés du pouvoir de communiquer avec des crocodiles ou des serpents, de voleurs capables de dévaliser une riche demeure alors que les occupants sont tombés mystérieusement en léthargie…
Il parle d’une curieuse tribu de l’ouest de l’île dont on ne connaîtrait pas les origines et qui réussit malgré des pressions incessantes à résister à l’expansionnisme des Indonésiens. Selon les légendes, il y aurait au fond d’une petite vallée un tumulus qui dissimulerait le trésor des kanekes, ces lointains ancêtres des Baduis. Il n’y a rien de tel pour exciter ma curiosité et nous voilà bientôt en partance à quatre pour Rankasbitung. undefinedLe docteur possède un réseau d’amis influents et c’est sans difficulté qu’il nous obtient un rendez-vous avec le préfet qui dirige la province. Celui-ci nous délivre le fameux « surat jalan », l’autorisation de nous rendre dans cette zone règlementée. Dans un bon Anglais, il nous explique que son domaine s’arrête en haut des escaliers de Kadukatug et qu’au-delà de cette limite, il ne saurait être tenu pour responsable des malheurs qui devraient nous frapper… « Après avoir franchi la muraille, vous marcherez sur un bon chemin et vous passerez devant des maisons. Vous ne verrez personne, comme si elles venaient tout juste d’être abandonnées... Les Baduis vous épieront, mais ils ne se montreront pas... ! ». « Cette zone est une sorte de filtre, un tampon entre les Javanais et ces animistes qui refusent tout contact avec le monde extérieur…».
Puis il continue... undefined« Si vous apercevez quelqu’un, ce sera un homme vêtu de noir, pressé de s’éloigner de vous comme si vous étiez des pestiférés... » Il explique que ces « Baduis hitam », ces « Baduis noirs », sont des gardiens investis d’une mission divine et qu’ils ne sont pas agressifs tant que l’on ne cherche pas à briser des tabous... Enfin, il raconte qu’il sera impossible de voir les « Baduis blancs » qui sont en fait des chamanes dotés de pouvoirs surnaturels... Persuadé de raconter quelque chose de très important, Il parle le doigt levé vers le ciel... « Après une demi-heure de marche, vous parviendrez au-dessus d’un petit lac aux eaux noires... C’est le domaine des esprits et abrite même un démon maléfique chargé de protéger les « Baduis dalam » les « Baduis de l’intérieur » des atteintes du monde moderne. « Soyez très prudents car les dieux provoquent des accidents qui sont parfois mortels lorsqu’ils sont de mauvaise humeur....! » Même s’il est musulman et qu’il a suivi des études supérieures, le préfet croit à l’existence de forces qui nous échappent et il se veut persuasif… 

Qui vivra verra… ! 

undefinedLa route qui conduit à Kadukatug n’est pas asphaltée et il faut souvent pousser le minibus de location pour le sortir des profondes ornières dans lesquelles il s’embourbe…. Nous passons la nuit chez un chef de village antipathique, un arriviste qui a du être nommé ici à la suite d’une “promotion”, un peu spéciale, une version locale d’une mise « au placard » ! Il affiche un mépris avoué pour les Baduis qu’il est censé protéger  des atteintes de l’extérieur et il tente surtout d’extorquer de l’argent aux rares visiteurs de passage dans ce coin perdu et noyé la plupart du temps sous des trombes d’eau…

Au matin, nous partons très tôt pour en direction de la vallée interdite. Comme le chef de la province l’avait prévu, il n’y a personne dans les champs et quelques rares silhouettes sombres disparaissent précipitamment à notre approche. Les portes des maisons s’entrouvrent en grinçant et se referment aussi tôt. L’ambiance est très étrange et nous nous sentons épiés comme des bêtes curieuses. Dans un film d’aventures, l’angoisse monterait et les premières flèches empoisonnées ne tarderaient pas à s’abattre par surprise sur les derniers du groupe… Bientôt, le fameux lac se présente. Il n’a rien d’effrayant et le sentier descend facilement jusqu’à sa berge. undefinedUn curieux radeau est amarré et je m’étonne de la taille inhabituelle de coquilles de moules d’eau douce qui jonchent le sol. Il n’y a toujours personne et des percussions résonnent dans le lointain... Le petit chemin zigzague dans les hautes herbes, ce qui fait craindre davantage un serpent venimeux, (surtout qu’il y en a…) qu’un fantôme ! Subitement, Monique pousse un cri ! Elle a glissé et elle est bêtement tombée en arrière sur les fesses. Elle a senti un « crac » dans son poignet droit et son avant-bras a prends une drôle de courbure. La fracture est évidente et il faut évacuer les lieux au plus vite tant qu’elle peut encore marcher... Il faut retourner chez le docteur Ko qui saura ce qu’il faut faire pour réduire cette vilaine fracture.
Après un voyage épique sur des routes défoncées, Monique est opérée en urgence à l’hôpital de Bogor. Les Indonésiens sont flattés de soigner une étrangère belle et sportive et ils font preuve d’une grande gentillesse. Tout se passe bien et alors que Monique est encore en salle de réveil, le docteur Ko apparaît dans son uniforme blanc de médecin et la kidnappe littéralement, la faisant “charger” dans son minibus. Il la ramène à « Buena Vista », sa magnifique propriété qui est nichée au milieu des plantations de thé, sous le col de Puncak sur la route de Bandung. Il y fait frais et elle se reposera bien mieux ici, loin de la chaleur étouffante de Bogor qui détient des records en matière de pluviosité.
Nous n’avons pas rencontré les Baduis et ce sont les javanais qui ont eu le  mot de la fin... 

Il faut savoir remercier les dieux pour leur clémence… !
par Jojomigrateur publié dans : jojomigrateur
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Dimanche 9 mars 2008
Dans son numéro du 27 février 2008, « Marseille l’Hebdo » inquiète ses lecteurs avec un pavé accrocheur à la une : « Cassis. Quand le cap Canaille s’effondrera !».
 
Inquiets pour leurs voisins et amis Cassidains, les lecteurs Marseillais ont dévoré un article de Philippe Faner qui résonne comme le scénario d’un magnifique film « catastrophe ». « Des scientifiques ont pu établir qu’un grand éboulement rocheux s’était produit, par le passé, sur le site du cap Canaille à Cassis, provoquant sans doute un tsunami. Un autre épisode de ce type n’est pas à exclure. ».
 
undefinedLes scientifiques du Cerege* sont bien gentils mais il n’est pas nécessaire d’avoir fait des études très poussées pour comprendre qu’il y a très certainement eu de grands éboulements dans l’histoire de la falaise et qu’il y en aura vraisemblablement d’autres. La complexité géologique de ces falaises Soubeyrannes explique l’instabilité du lieu. Le site se caractérise par une alternance de strates de grès, de poudingues et de calcaires, autant de roches très sensibles à l’érosion. Si c’est loin d’être très conseillé, il suffit de s’être aventuré dans ces parois pour se rendre compte qu’elles ne sont qu’un gigantesque château de cartes qui ne demande qu’à s’écrouler dans la mer…
 
La « route des crêtes » qui relie Cassis à La Ciotat par un itinéraire magnifique a très longtemps joui d’une très mauvaise réputation. Elle n’était empruntée que par des brigands qui venaient se débarrasser de voitures volées en les précipitant depuis les belvédères. Le lieu était idéal pour l’organisation de règlements de comptes sanglants et il était très prisé par des « suicidés » qui avaient pris soin de se tirer plusieurs balles de gros calibre dans le dos avant de faire le grand saut… !
 
Depuis les calanques toutes proches, les grimpeurs étaient en admiration devant ce « Cap Canaille » aux parois réputées très dangereuses et infranchissables. En y regardant de plus près, on se rend compte que les falaises ne sont pas aussi inaccessibles qu’on voulait le laisser croire et même qu’il subsiste au départ du sémaphore les vestiges de ce que l’on appelle encore le « passage à Philémon ». Cette corniche scabreuse avait été aménagée sommairement par Philémon Sturlèze, un déserteur qui avait préféré se « planquer » dans les falaises plutôt que de partir faire la guerre de 14-18. Plus tard, l’itinéraire aurait été utilisé par des pêcheurs qui devaient être de sacrés kamikazes, à moins que la pêche soit véritablement miraculeuse.
 
Depuis le début des années 1970, quelques grimpeurs très expérimentés et particulièrement audacieux ont investi les falaises. Ils se sont rendus compte qu’avec leur savoir faire et en redoublant de prudence, les portes d’un incroyable terrain de jeu leurs étaient ouvertes. Après la découverte de la grotte du « 14 juillet » par une cordée, ce sont les spéléologues qui se sont intéressés à leur tour à ces parois. Méticuleusement, ils explorent, tantôt en rappel, tantôt en escalade, les nombreux porches qui sont visibles depuis la mer. D’autres découvertes inattendues ont suivi et il est vraisemblable que bien des surprises attendent encore les explorateurs...
 
undefinedIl y a plus de 35 ans que je fréquente ces falaises et à mon modeste niveau, j’ai pu observer des changements, des effondrements de pans entiers de rocher et de vires rocheuses. J’ai eu l’occasion de faire une grande traversée qui emprunte un itinéraire très aérien entre le sémaphore de la Ciotat et Cassis. Progressant sur des corniches instables, nous avions traversé fébrilement certains couloirs d’avalanches de pierres en surveillant le moindre bruit suspect ! Avec inquiétude, nous avions pu observer de nombreux points d’impacts témoignant de la chute de blocs suffisamment gros pour avoir creusé des trous comparables à ceux qu’auraient pu causer des bombes… Et ce n’est qu’une fois à l’abri des surplombs que nous avions retrouvé le sourire !
 
undefinedSi une chose est sure, c’est que le Cap Canaille est bel et bien vivant, qu’il évolue et que l’érosion continue son travail de sape. De la à dire qu’il y aura prochainement un effondrement majeur de la face et que celui-ci provoquera un raz de marée qui dévastera Cassis, il y a un pas qui me semble bien hasardeux, à moins que les chercheurs aient hérité des talents cachés de feu Madame « Soleil »…
 
Si un tsunami doit avoir lieu dans la région marseillaise ces jours-ci, c’est plutôt dans les urnes qu’il faudrait le chercher… A moins que la tempête annoncée dans le microcosme politique ne soit en définitive qu’une simple vaguelette… !
 
Les intéressés peuvent jeter un coup d’œil sur mes photos du site à l’adresse :
 
*Centre européen de recherche des géosciences de l’environnement implanté sur l’Europôle du plateau d’Arbois.
par Jojomigrateur publié dans : Pas lu dans "La Provence"
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