La scène se passe il y a déjà quelques années, quelque-part dans la jungle du Sarawak sur la partie Malaise de l’île de Bornéo. Cette année-là, j’ai eu l’occasion d’être présent sur le fameux « Raid Gauloises », la course « multisports outdoor » qui se déroule toujours en terrain réputé « hostile ». Si j’ai été invité, c’est pour ma connaissance de la jungle, de la langue du pays et surtout parce qu’il y a de la spéléologie au programme des réjouissances…

Sur place, la débauche de moyens et le fric dépensé pour ce qui reste un amusement de « riches » me laisse perplexe, cette compétition se déroulant au cœur d’une forêt gravement menacée par une exploitation intensive et sans aucun respect de l’écologie. Il y a des pistes partout, autant de traces rectilignes qui servent à évacuer les millions de tonnes de bois arrachées à la jungle chaque année, au mépris de la faune et des habitants qui tentent d’y survivre.

Le parc de Mulu où se termine la course est une sorte d’emplâtre sur une jambe de bois. La nature y est préservée, l’écotourisme attire beaucoup de visiteurs qui ne comprennent pas le sens de certaines banderoles tendues au-dessus de la rivière. Il y a des autonomistes, des rebelles qui s’en prennent aux exploitations forestières en détruisant des bulldozers et autres engins de chantier. Le spéléologue Suisse Bruno Manser qui avait pris fait et cause pour les Penans a fait l’objet d’un avis de recherche, « Dead or Alive » comme à la belle époque du Far-West et il a totalement disparu, certainement éliminé par un commando de l’armée Malaise.
 penanfamilyblog.jpgCette fois-là, le fait de comprendre les forestiers a été un sacré avantage… « kiri atau kanan ? » (à gauche ou à droite ?)… « Disini yang bagus… bisa jalan cepat » (C’est mieux par là, plus rapide…). Tellement plus rapide que nous arrivons au point de « contrôle de passage » avant même que les organisateurs ne soient là… Bientôt, nous sommes rejoints par 4 équipes qui nous ont rejoint et tout ce petit monde commence à se demander si je ne les ai pas envoyés dans une mauvaise direction ! Heureusement, l’hélicoptère de l’organisation arrive et nous voyons apparaître Gérard Fusil qui se rend immédiatement compte du problème et redécolle aussitôt à bord de sa libellule. Enfin, le 4X4 des organisateurs est là et la compétition va pouvoir reprendre.

Soudain, un cri se fait entendre dans la clairière… « Des sauvages ! ». Stupéfait, je vois tout le monde quitter courageusement les lieux alors qu’arrivent quelques braves Penans qui rentrent de la chasse, armés de sarbacanes, de lances et de machettes. Je suis subitement seul et je vais à leur rencontre. Les jeunes parlent le Malais qui est une langue très proche du bahasa Indonesia et je peux converser assez facilement avec eux, alors que les fuyards se décident à revenir… !

penanvttblog.jpg En quelques minutes, la situation devient surréaliste. Toute une famille est là et le vieux Penan est très intéressé par nos VTT. Il a droit à sa première leçon de vélocipède qui n’est pas très concluante. Le « terrible sauvage » pose même pour des photos et bientôt je réussis à immortaliser toute la famille autour de deux de nos vélos… Cette photo est une espèce de passage de témoin intergénérationnel qui annonce la fin d’une époque et l’abandon inéluctable d’un mode de vie près de la nature. Ces irréductibles sont un peu les « derniers de Mohicans » et avec eux, c’est tout un pan de connaissance qui disparaîtra.

Quelques jours plus tard, nous roulons dans un 4X4 Hilux chargé de tout notre matériel. Il fait chaud et avec mon confrère de SIPAPRESS, nous sommes aménagé une sorte de nid plutôt confortable au milieu de la pile de sacs. Et voilà qu’une jolie auto-stoppeuse blonde membre de l’organisation nous demande si elle peut se joindre à nous. Pourquoi pas si elle réussit à trouver sa place dans un coin… Et la voilà juchée sur les malles, assise à hauteur du toit, dos à la route, nous faisant face…. Elle n’est vêtue que d’un simple bob, de lunettes de soleil, d’un mini-haut de maillot de bains, d’une mini-jupe très courte, d’un slip, du moins on peut s’en douter et d’une paire de tongs, la panoplie idéale de la nana qui sous l’équateur fait tout ce qu’il faut pour être brûlée au troisième degré… ! « Vous ne voulez pas me passer de la crème ? »…. « No problem… » En chemin, elle nous raconte qu’elle est hôtesse de l’air et qu’elle travaille su le raid pendant ses vacances… Plus loin, elle nos demande si elle peut se mettre à l’aise et dans la fraction de seconde qui suit, elle se montre « Topless » ! Un peu plus loin, voilà qu’elle retrousse sa mini jupe, laissant voir les quelques centimètres de tissu qui habillent son intimité. Je croise le regard de mon pote qui en dit long mais n’ose rien dire… Bientôt, elle a les jambes complètement écartées devant nos yeux qui sont juste à la hauteur de la salle de jeux, un peu comme les photographes au pied de l’estrade de Ségolène Royal pendant les dernières élections présidentielles. Le divertissement fait oublier la route qui défile et soudain, je vois Thierry ôter précipitamment son chapeau qu’il place sur son bas ventre….
 
La jolie Demoiselle pas exhibitionniste pour un sou (!) semble avoir atteint son but …!
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