L’archéologue jouit d’une aura extraordinaire… Pour le citadin moyen, c’est un aventurier, un « Indiana Jones » en puissance, un type qui n’a peur de rien, qui n’hésite pas à prendre des risques insensés… Il s’aventure en montagne, au fond des jungles les plus profondes, et risque sa vie toutes les cinq minutes pour ramener de précieux trésors inestimables qui, échoueront le plus souvent dans des caisses poussiéreuses entassées dans une cave oubliée d’un muséum !
pranblog.jpgDepuis quelques années, les égyptologues ont moins la « côte ». Les médias s’intéressent davantage aux civilisations perdues, oubliées, voire totalement inconnues... La fièvre de l’or n’est plus le principal moteur de ces chercheurs altruistes dont le but avoué est de faire progresser la science  mais qui ne ratent jamais une occasion de se faire « mousser » dans la presse ou encore mieux sur les écrans de télévision… Pourtant, ils ne sont bien souvent que des grenouilles qui veulent se faire plus grosses qu’un bœuf… La moindre trouvaille est relayée par une avalanche de publications internationales dont on peut douter de l’intégrité scientifique. Ces « inventeurs » sont présentés comme des héros des temps modernes alors que bien souvent ils ne font que s’’approprier les découvertes faites par d’illustres anonymes qui le resteront.
 
En matière d’art rupestre, les grandes découvertes ont été le fruit du hasard… Ce sont des enfants qui ont vu les premiers les merveilles de Lascaux, c’est le plongeur Henri Cosquer qui a été le premier à pénétrer dans la grotte qui porte son nom, c’est une équipe de spéléologues qui a désobstrué le boyau d’accès aux galeries de la grotte Chauvet.  La liste est non-exhaustive mais elle se suffit à elle-même…
 
Hors du vieux continent, c’est à Bornéo que quelques-unes des plus belles découvertes ont été faîtes, qui plus est, dans une région où elles étaient totalement absentes… En 1982, j’avais été le premier à organiser une expédition spéléologique de reconnaissance sur la péninsule de Mangkalihat. C’est très amicalement que j’avais transmis mes résultats prometteurs à mon ami spéléo Luc Henri Fage, qui venait de s’associer à l’archéologue Jean Michel Chazine. C’est en marchant sur mes traces que les deux compères ont su découvrir quelques unes des plus belles grottes ornées du Sud-est asiatique. En 1982, j’avais même exploré et topographié la toute première, « Gua Mardua »  sans me rendre compte de la présence au plafond de l’entrée d’un vaste panneau de mains en négatif qui n’a pas échappé à Luc Henri. Par la suite, la paire d’explorateurs a organisé une série d’expéditions au cours desquelles les découvertes se sont multipliées… 

archeobiblog.jpgLuc Henri avait eu le mérite de percevoir l’intérêt d’une association « archéo-spéléo »… Mais avec du recul, la découverte de grottes ornées dans cette région de Bornéo est tout, sauf un exploit ! Comme le disait le grand philosophe Jean Claude Vandamme, il suffisait d’être « aware », de ne plus regarder les cavernes qu’avec des yeux de spéléologue… C’est en suivant ces bons conseils que lors de mes deux derniers voyages je suis tombé sans l’avoir vraiment cherché, sur de nouvelles peintures rupestres encore inconnues… !
Et c’est ainsi qu’en discutant en Indonésien avec des ramasseurs de nids d’hirondelles, ils m’en ont signalé encore d’autres, certaines très proches, d’autres très loin et perchées au sommet de pitons rocheux…
 
C’est une histoire sans fin… ! Il faudra revenir, accompagnés d’archéologues, mais cette fois-ci, j’aurai des exigences incontournables… !
 
- Au diable les affreux barbus lunetteux et les professeurs Tournesol  beaucoup trop sérieux  pour être honnêtes !
 
- Place à Lara Croft et Sydney Fox les célèbres archéologues à la plastique si parfaite… !
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