Petit coup de gueule du soir. L’abus d’images et de sujets identiques publiés dans les médias nuit gravement à leur survie. L’originalité, l’imagination et à créativité des rédactions disparaissent lentement au profit d’une information aseptisée qui semble de plus en plus ne s’adresser qu’à des légumes ou à des grenouilles décérébrées… Ras le bol de tous ces « marronniers », de ces sujets « rose bonbon sucé trois fois » qui inondent la presse sans apporter quoi que ce soit de nouveau. A l’approche de Noel, il y a déjà longtemps que les santons ne sont plus dans la crèche mais dans les rédactions des magazines qui préfèrent voir leurs journalistes au bureau ou au pire pas très loin.

Exit (ou presque) le journalisme d’investigation, bye-bye les reportages de fond… La culture se limite aux magazines « people », à la téléréalité et à tous les sujets faciles. La mauvaise santé économique de la presse a bon dos et elle a surtout l’avantage de justifier l’absence de prise de risques financiers. L’innovation devient presque un « gros mot », une hérésie qui conduit de plus en plus les journalistes à se fondre dans le moule et à produire ce qu’ils peuvent avec le peu de moyens désormais mis à leur disposition.
 
Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que les ventes de la presse quotidienne soient en chute libre. A quoi bon acheter un journal à un euro ou presque alors qu’il n’offre guère plus d’informations qu’un vulgaire « gratuit » ? Dans les régions, les quotidiens pourraient retrouver une deuxième jeunesse s’ils étaient très bons sur l’actualité de proximité, mais c’est loin d’être le cas. A Marseille, je trouve toujours très amusant de voir comment sont traités les différents événements de la cité. L’OM a lui tout seul génère une grande partie des ventes de « La Provence » et la part belle lui est faite dans les colonnes du journal, même si c’est pour distiller et relayer une sélection affligeante d’âneries émises par de bien curieux « spécialistes ». Il est également toujours très amusant de constater que bon nombre d’articles sur la ville ne sont que de la réécriture de communiqués du service de presse de la mairie qui s’exprime en permanence sur tout et sur n’importe quoi… C’est sans doute ce que l’on appelle « faire du buzz » !
 
Avant l'été et avant chaque période de vacances, les destinations lointaines et les sujets « tourisme » envahissent hebdomadaires et mensuels… Malheureusement, il y a peu de place pour la nouveauté et ce sont quasi systématiquement les mêmes lieux qui s’étalent dans les magazines alors qu’il y a encore tant de « perles » qui mériteraient d’être connues. Ceci dit, quand on voit comment évoluent les lieux qui deviennent subitement à la mode, comment ils sont investis par des hordes de « tous tristes » qui ne respectent rien et dénaturent de véritables merveilles en quelques années, on peut se dire que c’est une véritable bénédiction que certains sites leurs échappent encore…
 
Pris dans ce cercle vicieux dicté par la loi de l’offre et de la demande, journalistes et photographes tentent de s’adapter pour essayer de survivre. La concurrence est rude et je suis toujours frappé de voir certaines mêlées dont il ne sortira qu’une foultitude d’images du même tonneau. A ce stade, trouver une information « décalée », une autre manière de voir devient un véritable parcours du combattant. Quoi de plus ridicule que ces meutes d’olibrius photographicus qui se bousculent sur les marches du festival de Cannes pour capter le sourire ou le petit geste éphémère d’une vedette reconnue ou d’une starlette en devenir et de préférence court-vêtue. Personnellement, j’ai toujours rêvé qu’un puissant soporifique les fasse s’effondrer temporairement tous en cœur et les uns sur les autres, juste le temps de faire une belle image digne d’un peintre farfelu…

« Dès qu’on est plus de quatre on est une bande de cons » chantait Brassens qui résumait assez bien ma manière d’envisager les choses…Personnellement, j’ai choisi d’emprunter les chemins de traverse et j’espère pouvoir le faire encore longtemps même si celà devient de plus en plus difficile...
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