C’est une métaphore, une histoire de gamins qui remonte à près de 40ans… Avec mon pote Christian, nous participions à des randonnées dominicales organisées par le club des excursionnistes marseillais. C’est ainsi que cet hiver là, nous avons participé à une sortie « facile » qui aurait du nous conduire de Saint Zacharie à Nans les Pins par les collines. C’est une balade à la portée de tous, sauf que ce jour là, le temps était plus que maussade et qu’il aurait été peut-être préférable de ne pas prendre le départ…

Le ciel était gris, il faisait froid et voilà qu’après une heure de marche, nous avons été pris dans une véritable tempête de neige. Nous n’étions pas équipés pour de telles conditions et le « chef » aurait sans doute mieux fait de décider de rebrousser chemin, surtout qu’il avait des enfants et des personnes âgés dans le groupe de plus de cinquante personnes. Un peu plus loin, le brouillard était tombé, la visibilité n’était plus que de quelques mètres et le guide continuait à avancer sans la moindre hésitation. Pourtant, la simple petite boussole de gamins que nous avions emporté semblait montrer que nous ne marchions pas du tout dans la direction indiquée par la carte...

Nous avions eu le culot d’en parler au « chef » et sa réaction avait été cinglante…: 

            « Suis le chef, un qui sait vaut mieux que cent qui cherchent ! ».
 

La contestation étant impossible, surtout venant d’enfants, nous avions suivi la colonne en nous disant que cette histoire allait mal finir si nous devions passer la nuit dehors. L’hiver, la nuit tombe vite et il devenait évident pour tous que le capitaine du navire avait perdu le nord. Le hasard avait fait que nous avions fini par déboucher sur une route au moment ou une voiture passait par là… Nous étions près de Trets, ce qui signifie que notre guide avait fait une erreur de plus de 90°. Dans la neige, ce « bougre d’âne » avait confondu un tracé rouge avec le marquage rouge et blanc d’un itinéraire de grande randonnée !
 
Je venais de comprendre que le « chef » n’a pas toujours raison et qu’il n’est pas facile de le lui faire entendre !
 
C’est ainsi que les écolos qui parlaient de réchauffement climatique et de gaz à effet de serre ont été considérés très longtemps comme des illuminés sectaires avant que l’on prenne conscience de la réalité de leurs prévisions en ce domaine. L’obstination et l’irresponsabilité des « chefs » ont fait perdre trente ans au monde, trente années qui à terme feront peut-être cruellement défaut à la planète…
 
La contestation est de plus en plus mal vue et le Président « Bling Bling » qui a été récemment élu considère « l’héritage de mai 1968 » comme une maladie honteuse qu’il entends bien éradiquer lors de son quinquennat. Ce petit homme qui ne doute jamais de rien et surtout pas de lui a un avis sur tout et sur n’importe quoi. Ce ne serait pas très grave si ce n’était pas un chef d’état et s’il n’avait pas la prétention d’avoir toujours raison et la volonté d’imposer sa manière de voir la société.
 
Moins d’un an après son élection triomphale, il commence à se rendre compte qu’il n’est pas aussi facile de manipuler l’opinion publique qu’il ne le pensait, que les Français sont têtus et versatiles et que les retours de manivelles, mêmes ceux d'une vieille guimbarde pourraient être particulièrement brutaux.
 
Le 40è anniversaire de mai 1968 approche, mais en disant cela, je vais encore me faire traiter « d’anarchiste »... !
Tag(s) : #Humeur du jour...