Voilà une photo amusante qui date de quelques années... Deux voitures de marque Citroën garées côte à côte sur un parking. Au premier coup d’œil, ce sont les mêmes, à quelques détails près et l’image pourrait servir de support à un « jeu des sept erreurs ». Ce serait très banal si ces deux « carrosses » n’arboraient pas fièrement les mêmes plaques d’immatriculation que j’ai « floutées » volontairement ! J’avais eu du mal à croire ce que je voyais mais ces bagnoles étaient là, offertes à la vue de tous comme une provocation stupide. Au-delà de cette anecdote, on peut tout imaginer, du plus anodin au plus grave et je m’étais amusé de constater que ces deux voitures étaient restées là, très longtemps sans que cela ne semble gêner le moins du monde les voisins…

 

La France est un pays très chouette où la fraude est un sport national qui a ses champions incontestés. Jérôme  Kerviel, le courtier de la Société Générale qui est soupçonné d’avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros à sa banque est devenu en quelques heures une véritable star mondiale assimilée à un sympathique « Robin des bois ».

En matière d’escroqueries et d’arnaques en tous genres, les Français font preuve d’une imagination sans bornes qui génère une véritable économie souterraine. Une encyclopédie ne suffirait pas à faire l’inventaire de toutes les manœuvres frauduleuses qui ont cours dans notre pays, d’autant plus que chaque nouvelle loi, chaque mesure fiscale est étudiée par des hordes de spécialistes qui cherchent le meilleur moyen de la contourner.

Les élus et les dirigeants de grandes entreprises sont trop souvent compromis dans des malversations financières et autres magouilles douteuses. La dernière affaire à la mode vaut son pesant de cacahuètes. Entre 2000 et 2007, Denis Gauthier Sauvagnac qui était le patron de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) aurait retiré près de 19 millions d’euros en liquide sur un compte de l’organisation. A l’heure actuelle, la destination de ces fonds demeure inconnue et Monsieur « DGS » refuse catégoriquement de révéler au juge ce qu’est devenu cet argent. Le comble de l’ironie semble atteint lorsque l’on apprends que ce gentil Monsieur aurait perçu une « prime » de licenciement d’un million et demi d’euros, un « cadeau » qui lui serait fait en « échange » de son silence… Dans un grand geste de mansuétude, l’UIMM se serait même engagé à prendre à sa charge tous les frais liés à l’enquête et aux éventuelles condamnations. C’est à se demander s’il ne faudrait pas remettre l’usage de la gégène au gout du jour ou s’il ne faudrait pas envoyer cet amnésique muet en stage à Guantanamo !

 

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. ».

 

Ces vers de Jean de la Fontaine sont plus que jamais d’actualité. Le trader Jérôme Kerviel a été placé en détention provisoire pour l’empêcher d’entrer en contact avec d’éventuels complices. Pourquoi pas ? Mais alors, qu’est-ce qui justifie que Denis Gauthier Sauvagnac n’ait pas eu droit lui aussi à une cure de repos en maison d’arrêt ? Si ses défenseurs insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’argent volé, il ne semble pas non plus que le courtier en bourse se soit livré au moindre détournement à son profit. Pour enfoncer le clou, comment ne pas évoquer l’immunité parlementaire, celle du président de la république ou encore la classification « secret défense » de certains documents  dont la publication pourrait faire l’effet d’un tsunami ?

En France, tous les citoyens sont égaux devant la loi mais chaque jour qui passe apporte la preuve que cette « égalité » est à géométrie variable.

Dans une hypocrisie générale, il est admis que les grandes entreprises s’entourent de conseillers juridiques et fiscaux et d’experts comptables chargés de trouver les moyens légaux de contourner les législations les plus embarrassantes et les plus pénalisantes pour leurs finances. L’installation hors de nos frontières de certains sportifs et artistes en vue coule de source et la dérive ultime du système s’appelle « délocalisation » des entreprises.

Les élections municipales qui viennent de se dérouler apportent quelques enseignements très intéressants. Les maires et leurs disciples que sont les conseillers municipaux se présentent comme de grands altruistes dévoués qui se démènent pour la collectivité et placent leur carrière professionnelle au second plan. Pourtant, la réalité est toute autre et il suffit d’observer les campagnes électorales pour s’en rendre compte. Tous les coups et surtout les plus bas sont permis pour accéder au moindre petit pouvoir local qui est envisagé comme un barreau permettant de gravir l’échelle sociale.  C’est ainsi que l’on assiste à de véritables batailles de chiffonniers, même à Neuilly  et que la fraude électorale fait partie d’un folklore encore bien vivace.

Qui ne se souvient pas de « faux électeurs » de « morts » qui ont voté, de procurations douteuses, d’urnes « bourrées » et d’autres tripatouillages des listes électorales. Cette fois-ci encore, c’est une histoire de « chaussettes perpignanaises » qui amuse tout le pays et qui pourrait se solder par un retour aux urnes…

Le « multiplicateur » de Citroën Xanthia du début de l’article apparait en définitive comme un modeste « artisan » de l’entourloupe, une sorte d’artiste qui prouve à sa manière que le « don d’ubiquité » n’est peut-être pas qu’une légende… !

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