Le 1er juin 2008, le Cercle des Nageurs de Marseille (CNM) est devenu champion de France de water polo pour la trentième fois… !

30 ans de pouvoir… Le rêve absolu du dictateur en herbe… Il se murmure même qu’un tout petit président serait parcouru de frissons lorsqu’il pense à une telle longévité sur les sommets. En matière de water polo, le CNM est un véritable monument. Il paraîtrait même que le club trouverait ses origines 2600 ans plus tôt, à une lointaine époque où les éphèbes sportifs étaient très appréciés et pas que pour leur plastique… Plonger dans l’histoire de ce sport nous emmène dans les coulisses de l’antiquité. Le jeu se pratiquait déjà dans les piscines et les thermes où il avait la faveur des légionnaires qui le propagèrent dans tout l’empire. Il est d’ailleurs de notoriété publique que dans les douches, il était malvenu de se courber en avant pour ramasser une savonnette tombée sur le carrelage… Mais c’est une autre histoire !

Alors que jésus n’avait pas encore marché sur l’eau, ces vénérables nageurs se jouaient déjà des flots, comme si ils avaient été engendrés par les amours tumultueuses de Poséidon avec des sirènes  Rien n’aurait pu les arrêter et il se murmure qu’ils auraient eu la faculté de disparaître mystérieusement dans l’onde avec leurs amis les dauphins… Plus près de nous, ces mammifères marins qui se jouent des grandes profondeurs fascinent toujours autant les hommes et le succès du film de Luc Besson, « le grand bleu » est là pour le rappeler.  

Le water polo actuel est le fruit d’une longue évolution depuis 1840. Au début, c’était un jeu de ballon dans l’eau, pratiqué en Angleterre par des joueurs juchés sur des tonneaux  et se déplaçant à l’aide de pagaies. C’était le « water derby », par analogie au polo à cheval. Les règles de ce sport furent codifiées pour la première fois en 1870 et elles n’ont jamais cessé d’évoluer depuis, sous des appellations différentes... Il y eut l’« Aquatic Handball », le « Water Base Ball », l’« Aquatic Polo », avant d’en arriver au water polo moderne qui devint très rapidement une discipline olympique dominée par les Anglais. Il est à noter que la France s’illustra en 1924 en remportant la médaille d’or lors des jeux disputés à Paris.

Actuellement, le water polo n’a plus rien d’un jeu de « baballe » et il s’adresse à de véritables athlètes surentrainés qui nagent plusieurs heures par jour et font de plus en plus de musculation. Entre leurs mains, un ballon de 450g ne parait pas plus lourd qu’une vulgaire balle en mousse qu’ils sont capables d’expédier de l’autre côté du bassin comme un boulet de canon avant de traverser le plan d’eau à la vitesse d’un hors bord…. !

Le Cercle des Nageurs de Marseille a su depuis longtemps prendre le virage du haut niveau, que ce soit en natation ou en water polo. Le sport « amateur » s’est professionnalisé et c’est ainsi que le club a pu s’étoffer en recrutant des poloïstes hors de nos frontières, au Monténégro, en Hongrie et même aux USA. La préparation physique des athlètes du club est confiée à Patrick L’Hopitalier, un judoka qui exige beaucoup d’efforts de la part des nageurs dont il a la charge, le tout étant parfaitement planifié en accord avec les entraineurs et le corps médical. Après une saison de travail acharné, (rappelons utilement que le mot « travail » vient du latin « tripalium », instrument de torture), les poloïstes marseillais seraient parait-il capables de disputer un match entier en jouant avec un « medecine ball », ce qui somme toute ne semble pas vraiment indispensable… !

Au terme de cette trentième victoire, tout le staff technique du Cercle des Nageurs de Marseille a fini dans la piscine avec les nageurs… Ce qui a donné aux spectateurs massés dans la tribune l’occasion de vérifier qu’un judoka sait nager et qu’Armand Mikaelian, l’ancien gardien de but international marseillais devenu entraineur sait encore le faire… Il est à noter que Patrick Menucci, le tout nouveau maire du secteur était présent dans les tribunes, vêtu d’un bermuda et d’un polo et qu’il a néanmoins « filé à la marseillaise » au moment où il aurait pu profiter d’un bain gratuit et rafraichissant en compagnie des athlètes !

Au moment de féliciter encore les marseillais pour ce trentième titre national, on ne peut qu’avoir une pensée respectueuse pour celle qui à elle seule a remporté 51 titres nationaux et écrase à plate couture tous les autres sportifs Français, toutes disciplines confondues… Certes, Jeannie Longo, la « mamie » cycliste ne pédale pas au fond d’une piscine mais elle détiendra encore longtemps un record en nombre de victoires qui sera bien difficile à battre… !

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