Le 12 juillet 1998, la France a connu un événement qui restera gravé dans les mémoires… L’équipe nationale de football « black-blanc-beur », sauce « United Colors of Benetton » venait de remporter la Coupe du Monde de football, clouant ainsi le bec à une clique de détracteurs ringardisés pour longtemps en 90 minutes à peine…

Les Français venaient de battre les Brésiliens en finale. « Et un, et deux et trois à zéro… » Zinédine Zidane a marqué deux buts et il est s’est transformé instantanément en une espèce de Dieu vivant,  une idole païenne hyper « bank-able » dont la présence sur les écrans de « pub » garantit à elle seule le succès commercial de n’importe quelle marque.

Champions du Monde ! « On » a gagné… ! Il avait suffi de cette victoire pour que les Français retrouvent le moral et oublient leurs soucis du quotidien. La « croissance », cette chimère insaisissable serait même « réapparue » alors que personne ne l’attendait…  La victoire était venue alors que les médias avaient contesté les choix d’Aimé Jacquet, le sélectionneur de l’équipe nationale. Après tant de critiques, il avait été lui aussi propulsé au rang de « génie »  des pelouses et c’est tout juste si le ministère des sports n’avait pas fait édifier une statue en son honneur…

Ce soir là, j’étais à Marseille et comme des millions de Français, c’est à la télé que j’avais suivi la finale commentée par Jean Michel Larqué et l’hystérique Thierry Roland. Dès le coup de sifflet final, une immense clameur s’était répandue dans la ville. J’avais sauté sur ma moto et j’étais parti faire un tour de corniche jusqu’au vieux port, histoire de prendre la température de cette gigantesque foule en liesse.  La police était complètement débordée et c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu davantage d’accidents. Des milliers de voitures avaient convergé vers les plages du Prado, créant un embouteillage indescriptible. La statue de « David » servait de promontoire à quelques énergumènes passablement éméchés qui n’avaient pas oublié de peindre les « roubignoles » de l’éphèbe aux couleurs du drapeau Français pour fêter « LE » triomphe !
J’avais eu du mal à me faufiler au milieu du véritable « océan » de « boites à roues » qui s’étaient retrouvées coincées dans la bonne humeur… (Tout le monde était beau, tout le monde était gentil !) Enfin, j’étais arrivé à l’étape incontournable de ce pèlerinage… prosternation obligatoire devant la fresque  publicitaire représentant « Zizou », le héros national… Depuis, le « Bar-Restaurant des flots-bleus » a été rasé par décision de justice et le portrait géant qui était connu mondialement a été remplacé par une pub pour « caca-cola » ou une autre boisson du même style…
Enfin, j’avais abandonné la moto dans une ruelle au dessus du vieux port que j’avais rejoint « pédibus-jambus ». Une véritable marée humaine avait envahi les quais et le bas de la Canebière mais j’avais néanmoins réussi à rejoindre l’estrade destinée à la presse. Les gradins étaient pris d’assaut et je m’étais demandé un instant si la structure n’allait pas se désintégrer… L’édifice provisoire était devenu un plongeoir depuis lequel les plus éméchés se jetaient dans la foule…

Le lendemain, les joueurs avaient défilé sur les Champs-Elysées puis ils avaient été reçus par le premier des supporters, le Président Chirac en personne qui avait fait des infidélités aux sumos et à la Corona… L’occasion était trop belle  de « surfer » la vague de la « France qui gagne » et tous ceux qui avaient un truc à vendre ou une idée à promouvoir ont saisi l’opportunité, comme de vulgaires morpions attirés par les poils pubiens d’une péripatéticienne.

Dix ans plus tard, que reste t’il de tout cela ? Le racisme qui semblait avoir disparu est revenu à grand pas, sur fond d’émeutes dans les banlieues. Sur le plan économique c’est la morosité et les Français ont peur du lendemain. Sur un plan footballistique, la grande équipe de 1998 s’est lentement étiolée, même si Raymond Domenech a tenté d’entretenir la flamme en utilisant au maximum les quelques joueurs qui avaient vécu cette magnifique épopée. Sous sa direction, une deuxième finale a bien été disputée en 2006, quasiment par miracle…. Zinédine Zidane qui reste toujours aussi populaire a terminé sa carrière sur un ultime exploit, un « coup de boule » à un abruti qui l’avait habilement provoqué en finale de la coupe du monde en Allemagne.

En 2008, la coupe d’Europe des nations vient d’être un fiasco pour l’équipe de France de football. Malgré des choix et une stratégie incompréhensibles du sélectionneur, celui-ci est resté en place, confirmant ce que l’on savait déjà : En France, on ne change pas une équipe qui perds… ! 

Alors que Jacques Chirac semblait jouir d’une baraka exceptionnelle, le petit Président « Bling-Bling » qui lui a succédé apparait de plus en plus comme un « chat noir » qui porte malheur a tout ce qu’il approche, de près ou de loin. Sous sa présidence, la France n’a pas gagné la coupe du monde de Rugby qu’elle organisait, des contrats mirifiques s’envolent et sa « côte » de popularité s’écroule chaque semaine un peu plus dans les sondages. Nicolas Sarkozy n’a toujours pas l’air d’avoir compris qu’il ne faut pas confondre vitesse et précipitation et que ses gesticulations exaspèrent de plus en plus de monde, même dans son propre camp.

Ceux qui comptaient sur une victoire en Coupe d’Europe pour redonner le moral aux Français se sont réveillés avec la gueule de bois. Alors, une campagne de publicité, ou plus exactement de propagande a été lancée à grands frais pour expliquer que la politique menée par le gouvernement est la meilleure et que les Français doivent se montrer patients…


« C’est mois après mois que nous gagnerons la bataille du pouvoir d’achat… »

A quel point faut-il être déconnecté de la réalité pour croire que ce slogan concocté par Thierry Sausset a la moindre chance d’être accueilli favorablement par le smicard moyen ? Ce n’est rien d’autre que l’adaptation en politique de la méthode du psychologue-pharmacien « Emile Coué » et il est quasi-certain que celle d’un autre fin « psychologue », l’animateur « Sébastien Cauet » aurait au moins autant de succès !

S’il suffisait de se persuader d’une chose pour qu’elle se réalise, cela se saurait et le premier dommage collatéral serait la mise au chômage technique des voyantes extralucides, des astrologues et autres « diseuses de bonne-aventure ».

Et voilà que les Français certains de la victoire de l’équipe de France de football à la Coupe du monde de 2010 vont investir leurs derniers euros sur le site web d'un bookmaker escroc...


Il ne fallait pas croiser le  regard du « serpent à sornettes »… !

 

 

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