Cet été, la presse s'est souvent émue de la recrudescence apparente de méduses, ces bestioles dégoutantes, gélatineuses et surtout urticantes dans les eaux de la méditerranée. Comme le journal « La Provence » le disait le 14 juin 2008, « l'année des méduses... c'est  désormais tous les ans ! » et cette prolifération inquiète les scientifiques qui tentent d'en trouver l'explication.  Parmi les hypothèses les plus probables, ils évoquent la pollution, le réchauffement des eaux et la disparition des prédateurs naturels des méduses sans que rien ne soit prouvé de manière définitive.

http://www.laprovence.com/articles/2008/06/14/487993-A-la-une-L-annee-des-meduses-c-est-desormais-tous-les-ans.php#

Dans la série « j'ai testé pour vous », je me souviens d'une douloureuse expérience de gamin fois qui faisait de l'apnée derrière la digue du «prophète » qui à cette époque là n'était pas encore le tas de rochers qu'elle est devenue. Remontant à la surface, j'avais émergé avec un drôle de truc sur la tête que j'avais pris pour un bouquet d'algues avant de comprendre ma méprise... Immédiatement, j'avais ressenti une vive douleur qui s'était propagée depuis une oreille jusqu'à l'épaule en passant par le cou... Ayant eu le réflexe d'attraper la « chose » à la main, la brûlure s'était propagée le long d'un de mes avant-bras et j'avais rejoint précipitamment la plage avant d'être pris d'un malaise passager. C'était mon premier contact avec ce genre de bestiole que j'ai croisé très souvent depuis en pratiquant la plongée sous-marine, notamment dans le Sud-est asiatique.

Si la présence de ces méduses sur nos côtes est très désagréable pour les baigneurs, il n'y a pas « encore ? » d'espèces tueuses dans les eaux de la méditerranée. A ce propos, je me souviens de m'être trouvé à Balikpapan sur la côte Est de Bornéo alors qu'un drame venait de se dérouler. Un enfant de moins de dix ans était décédé sur une plage privée et surveillée, suite à une rencontre malencontreuse avec une méduse d'une espèce australienne dotée de très longs tentacules venimeux.  L'animal avait franchi un filet de protection et le médecin présent sur place n'avait rien pu faire pour réanimer le jeune garçon... Comment cette méduse était-elle arrivée jusque là ? Sans doute « portée » par le même courant qui amène parfois des crocodiles de mer jusqu'ici... (J'ai eu l'occasion d'en voir !)

Ailleurs, sur la côte Sud de l'île de Java, je suis passé un jour par Pantai Ayah, (la plage du père), un village où les pêcheurs récoltent de grosses méduses qui flottent à la surface de l'océan Indien. Chaque matin à l'aube, ou tout au moins quand cela est possible, une multitude d'embarcations  à balanciers franchissent la barre de vagues pour une journée de travail à quelques centaines de mètres à peine de falaises calcaires au pied desquelles il est souvent très difficile d'accoster sans prendre de risques inconsidérés.

En quelques heures, ils remplissent de grands paniers de méduses qu'ils ramènent à une petite coopérative où elles sont pesées et chargées dans un camion qui les ramène vers une « usine » où elles seront traitées avant d'être exportées vers la Chine. En matière d'art culinaire, les chinois regorgent d'imagination et je n'avais pas imaginé un seul instant que cette gelée répugnante soit comestible... Après avoir réprimé un spasme annonciateur d'un dégueulis abondant, la raison tente de reprendre le dessus. Si les chinois se régalent d'un truc aussi visqueux et dégoûtant, c'est peut-être qu'il ne faut pas se fier aux apparences et que la méduse est un plat réellement délicieux... Personnellement, je cède généreusement ma part à qui la voudra et je suggère aux producteurs de téléréalités à la « mords moi le nœud » et « manges n'importe quoi » de rajouter cette « spécialité » à leur plateau de dégustations diverses et variées !

Tout en assistant au chargement du camion, je discute avec un vieux pêcheur...

-« Kamu sudah makan ubur-ubur ? » (Vous avez déjà mangé de la méduse ?)

-« Saya tidak orang cina... ! » (Je ne suis pas chinois... !)

Autrement dit, il ne faut pas pousser le grand-père indonésien dans les orties géantes et ce qui est succulent pour un chinois ne l'est pas forcément pour un javanais. Continuant mon investigation, j'apprend que ce petit commerce est assez lucratif mais que la récolte ne serait pas destinée en totalité à la consommation. Une partie deviendrait de la « gelée » mais ce jour là, je n'ai pas réussi à découvrir quel pourrait être l'usage final de cette étrange mixture...

Ce n'est que plus tard que j'ai fini par apprendre après une recherche sur internet que la « gelée de méduses » est utilisée dans l'industrie cosmétique car elle contient du collagène qui entre dans la composition de crèmes antirides... ! Je comprends mieux la difficulté de ces pêcheurs aux visages burinés par l'air marin à m'expliquer à quoi pouvaient bien servir cette gelée. Je ne suis d'ailleurs même pas certain qu'ils puissent imaginer un seul instant que des dames prétendent lutter contre les dommages du temps sur leur visage en se tartinant la gueule avec une crème à la méduse ...

http://www.espace-sciences.org/science/10065-sciences-ouest/20115-Annee-2002/10150-187/10456-dossier-du-mois/13610-les-meduses/13614-recherche-et-valorisation/index.html

Cette nuit, je m'endormirai avec le sourire en pensant à toutes ces vieilles rombières peinturlurées qui se badigeonnent la « tronche » avec tout un tas de crèmes à la mode qui coutent « la peau des fesses » et dont elles ignorent tout de la composition... Je les invite d'ailleurs à réfléchir à une petite phrase prononcée par le grand philosophe Barack Obama dans un de ses discours en parlant de Sarah Palin, la colistière de John Mc Cain aux prochaines élections américaines :

«Vous pouvez mettre du rouge à lèvres à un cochon, c'est toujours un cochon... !»


 

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