Ces jours-ci, c'est tous les jours la fête de la Garde des sceaux, Mme Rachida Dati. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les critiques pleuvent de tous les côtés et qu'il est rare qu'un personnage politique fasse autant l'unanimité contre lui. En la circonstance, il est évident qu'il doit y avoir un sérieux problème relationnel entre cette dame et ceux qui sont appelés à travailler avec elle...

A l'heure ou de plus en plus de gens se retrouvent en prison, ou les erreurs judiciaires semblent de plus en plus nombreuses, ou la surpopulation carcérale invite les plus faibles à l'évasion ultime qu'est le suicide, il est bon de se souvenir que les problèmes ne datent pourtant pas d'hier...

A Marseille, dans les années 1990, l'administration pénitentiaire organisait « la semaine du sport en prison » à la Maison d'Arrêt des Baumettes. En cette circonstance, des champions étaient invités à pénétrer dans l'enceinte de l'établissement pour une rencontre avec des détenus sans doute triés sur le volet. C'est ainsi que j'avais eu l'occasion de pénétrer dans cette prison en compagnie d'athlètes de haut-niveau dont le HandballeurJackson Richardson et ses coéquipiers de l'OM-Vitrolles qui à l'époque avait remporté la coupe d'Europe.

 Si le petit match de Hand-ball entre deux équipes composées de champions et de prisonniers était anecdotique, la rencontre avec les « pensionnaires » de cet hôtel très particulier avait été très riche en émotions. La visite d'une « cellule témoin  » qui ressemblait à une chambre de cité universitaire n'avait laissé personne dupe de la réalité carcérale. Certains joueurs « grandes-gueules » n'avaient pas manqué de le faire savoir aux organisateurs de la journée et il avait été possible d'en voir une « vraie », avec l'accord de ses occupants... Sans commentaires ! Dans la salle de musculation, une discussion « à bâtons rompus » avec des détenus bodybuildés avait permis de comprendre que la « défonce » physique était un moyen d'échapper à la déprime et que la fatigue aidait à supporter l'inconfort et la promiscuité des cellules. Un peu plus tard, j'avais rejoint Odile Ohier, la championne de France de cross country qui animait un entraînement dans la cour du quartier des femmes. L'ambiance était très différente, plus pesante. Une certaine agressivité entre les détenues était palpable et les surveillantes étaient aux aguets. Contrairement aux hommes, les femmes avaient parlé spontanément des raisons de leur « séjour » ici, alors que les visiteurs avaient reçu entre autres consignes de ne poser aucune question à ce sujet, y compris aux gardiens...

A midi, un repas avait été servi aux invités et ils avaient été plusieurs  à se demander si sur un plan humain il était « normal » de partager un excellent repas au moment même ou les détenus se contentaient de la tambouille habituelle... Le débat avait dérivé sur la prison à visage humain, sur une incarcération qui serait bénéfique en permettant à ceux qui y séjournent de se reconstruire en attendant leur sortie... Vaste débat !

Avant de quitter ces lieux où personne ne rêve de séjourner, l'équipe de l'OM-Vitrolles avait posé dans la cour de promenade en compagnie de plusieurs membres du personnel de la prison et du Président du club de Hand-ball, un certain Jean-Claude Tapie qui était peut-être venu en « repérage » pour son frère Bernard ! 

Quinze ans plus tard, malgré tous les engagements et toutes les promesses des ministères successifs, la situation des prisons n'est guère brillante. Il semble même qu'elle se soit largement dégradée et il est fort probable que les recettes que tente d'imposer à la hussarde Mme Rachida Dati n'auront pas plus d'effets qu'un emplâtre sur une jambe de bois...

En attendant, je tiens à préciser que je ne suis pas, moi non plus, « le père de l'enfant que porte Mme Rachida Dati... ».

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