Au hasard d’une course au centre ville de Marseille début janvier, je suis tombé sur une manifestation, ce  qui n’a rien d’étonnant en cette période et ne m’intéresse plus guère, à moins que cela dégénère dans de bonnes « bastons » très photogéniques…

 

Vu la « tronche » des participants à ce défilé, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une manifestation de soutien au peuple palestinien mais je me suis très vite aperçu que ce n’étaient que des kurdes protestant après l’arrestation à Marseille de membres du parti des travailleurs du Kurdistan, (PKK), qui seraient impliqués dans une affaire de racket dans la communauté kurde

 

« Libérez Öcalan… ! »

 
J’avais oublié l’emblématique Abdullah Öcalan, le symbole de la résistance kurde qui a été capturé au Kenya en février 1999 par un commando qui l’a ramené en Turquie.  Il a été condamné à mort pour « actes de terrorisme », avant que sa peine soit commuée en « prison à vie » en 2002 lorsque la Turquie a aboli la peine de mort et il croupirait depuis sur l’île de la mer de Marmara, Imrali, où une prison aurait été aménagée spécialement pour lui…

Depuis cette date, ses défenseurs tentent d’obtenir sa libération et ils multiplient les manifestations un peu partout dans l’espoir de faire « bouger » le gouvernement Turc qui reste insensible à ces différentes actions.  Il y a donc bientôt dix ans que cela dure et j’ai retrouvé dans mes archives une série de photos d’une descente au flambeau de kurdes à Marseille en décembre 2001… Ces images montrent que rien n’a changé et posent le problème de l’utilité d'aller manifester à l’étranger pour une cause dont tout le monde se fiche éperdument…

Ceci dit, considérant la réputation des prisons turques, il appartient peut-être aux nations unies de s’inquiéter de la santé physique et mentale de cet homme qui serait, parait-il emprisonné dans des conditions pires que celles qui ont été décrites dans l’excellent film « Midnight Express »… Ses partisans ont-ils seulement la certitude qu’il n’a pas été transformé en « Doner kebab » par ses geôliers et qu’il est toujours en vie ?

Certaines causes, aussi dramatiques soient-elles, ne provoquent aucune réaction chez les occidentaux. Celles des tchétchènes et des kurdes tombent lentement dans l’oubli, comme si elles n’étaient plus « à la mode », comme si la douleur des massacres  s’estompait avec l’éloignement de nos frontières… Qui se souvient encore que Grozny, la capitale de la Tchétchénie a été rasée par l’armée russe ? Qui a entendu parler du bombardement en 1988 du village kurde d’Halabja avec des armes chimiques par l’aviation d’un certain Saddam Hussein… ?

La manifestation de kurdes sur le territoire Français est aussi efficace qu’un emplâtre sur une jambe de bois et lorsqu’il s’y produit des débordements comme cela a été le cas récemment à Marseille, la « manif » atteint même le résultat inverse de ce celui qui était attendu… « Pisser dans un violon » devant le consulat de Turquie, cet espèce de bunker adoré par les kurdes et les arméniens aurait beaucoup plus d’effet médiatique qu’un banal défilé suivi d’un « sit-in » devant un cordon de CRS et il est étonnant que personne ne semble y avoir déjà pensé…

Au hit-parade de la guerre médiatique, le conflit israélo-palestinien est hors-concours car il concerne deux religions et deux populations présentes en  France… Les forces en présence sont disproportionnées et les belligérants utilisent au mieux les armes dont-ils disposent, cherchant à causer le plus de dommages aux adversaires, ce qui conduit à une escalade de la violence, avec toute l’horreur qui en découle. Pendant que l’on se trucide à Gaza ou à Jérusalem, d’autres génocides plus lointains, en Afrique ou ailleurs peuvent se dérouler tranquillement, personne n’en parlera, même s’il s’agit d’un équarrissage en bonne et due forme de petits enfants...

Alors que les incidents à caractère antisémite se multiplient dans le pays, l’exportation du conflit israélo-palestinien en France est une hypothèse qui inquiète et qui est prise très au sérieux par le gouvernement et tous les acteurs concernés par ce problème qui touche la société Française.

Si en France les droits de manifestation et de grève sont inscrits dans la constitution, les manœuvres visant à restreindre cette liberté se multiplient, ce qui inquiète à juste titre partis politiques et  associations syndicales. L’instauration d’un « service minimum » dans le secteur public participe à la remise en cause du droit de grève mais les législateurs ont oublié que « tout nouveau texte est fait pour être contourné » et que des malins s’ingénient à trouver la faille de tout nouveau système mis en place. A la SNCF, sachant qu’un train ne peut circuler sans la présence d’un ensemble de corps de métiers, le syndicat SUD RAIL a trouvé le moyen de pervertir le système en inaugurant des grèves tournantes de 59mn qui peuvent bloquer le fonctionnement d’une ligne sur de très longues périodes et même conduire à la fermeture d’une gare, comme ce fut le cas de la gare Saint Lazare à Paris il y a peu...

Ce petit exemple montre qu’il est illusoire de vouloir juguler la protestation d’un peuple qui encaisse de plein fouet les effets d’une crise qui est toujours plus dure pour les plus faibles. Le fait que les gens ont l’impression que l’état aide davantage les
banquiers que les ouvriers est particulièrement mal perçu et les prémices d’une révolte de grande ampleur sont de plus en plus sensibles dans le pays…


Le gouvernement qui est conscient de cette situation se dit ouvert au
débat, à la discussion et à la négociation mais il n’est pas prêt à reculer sur des textes qui sont impopulaires. Les Français ne sont pas dupes de cette attitude et il serait temps que les « joueurs de pipeau », les adeptes du « causes toujours, tu m’intéresses » réalisent enfin que leur chute pourrait être très dure et pourrait se produire beaucoup plus vite qu’ils ne l’imaginent…

Le chômage et l’insécurité sociale augmentant sans cesse, il est de plus en plus difficile pour les travailleurs d’assumer financièrement des grèves mais il existe des alternatives qui pourraient se montrer bien plus efficaces. Le constat qu’il suffit d’une « prime à la casse » et d’un « bonus écologique » pour relancer temporairement le marché automobile montre qu’il suffit de pincer « là où cela fait mal… », C’est-à-dire au portefeuille pour obtenir de biens meilleurs résultats. En quelques mots, il suffirait d’aller travailler mais de faire la grève de la consommation, de reporter à une date ultérieure les achats importants pour gripper un système chancelant qui est sur le point de s’écrouler comme un château de cartes…

Pour conclure, que dire de la véritable provocation qui consiste à contraindre le sénat à ratifier la nouvelle loi sur l'audiovisuel public alors que celle-ci est déjà entrée en vigueur depuis le 1er janvier après qu'elle ait fait l'objet d'un décret ? Les sénateurs transformés en vulgaires greffiers d'une chambre d'enregistrement au service d'un monarque seront-ils assez courageux pour rejeter, ne serais-ce que sur la "forme", ce véritable déni de démocratie ?

L'année 2009 démarre sur les chapeaux de roues et la grande manifestation unitaire prévue pour le 29 janvier prochain pourrait bien donner le ton...

Wait and see...!

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