Le nouveau numéro (61) du mensuel satirique de Marseille et de la région vient d’arriver en kiosque. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, disons qu’il traite d’actualité locale en adoptant un ton impertinent qui en fait un espèce de « canard déchaîné » du sud, mitonné à la sauce « Charlie » et « Siné » hebdos en moins « trash » par une équipe de dessinateurs de talent…

 

A la « Une » de ce « Ravi » de mars, « mois de mars, mois des fous », trône une espèce de Pinocchio au nez démesurément allongé qui n’est pas sans rappeler une certain Jean Noel Guérini, le Président du Conseil Général des Bouches-du Rhône. Effondré sur son siège de monarque, les bras ouverts en signe d’impuissance, l’élu ceint d’une écharpe tricolore lâche d’un air abattu : « La faute à la crise »  le décor est planté !

 

Au sommaire, « Municipales, le palmarès des promesses non tenues », un titre racoleur qui en ces temps de crise économique résonne comme une évidence. Si à droite comme à gauche, chacun en prends pour son grade, il est clair que vu la « maigreur » anorexique du journal, les auteurs n’ont pu que se focaliser sur « les gagnants » de cette « grosse enquête » qui mériterait autant de pages qu’une encyclopédie universelle des politiciens menteurs…

 

Comme un gaucher moyen, j’ai ouvert le journal en commençant par la fin et je suis tombé en arrêt devant un portrait criant de vérité « Moi Karim Zéribi, grande bouche de métro »...  Pour tous les auditeurs assidus de la radio RMC, il est de plus en plus clair que l’émission « les grandes gueules » dont-il est un des piliers est pour lui un formidable tremplin vers une notoriété qui à terme ne peut que le conduire vers des sommets. Jusqu’à présent, ce personnage charismatique vole de succès en succès et certains disent même qu’il « marche sur l’eau » comme un certain type qui depuis 2000 ans n’a apporté que des ennuis à ceux qui ont cru en lui. Et voilà que le boss de la régie des transports marseillais, (RTM) est propulsé à une place « éligible », la 3è, sur la liste PS des candidats aux prochaines élections européennes. Si cela peut paraître « bien joué », il est à craindre que le costume de député européen plombe la popularité du « beau parleur » qui pourrait s’apercevoir très vite qu’il est très difficile de marcher sur l’eau, chaussé de chaussures de scaphandrier…

 

En double-page centrale, une magnifique bande dessinée de « BEN8 »,  « Pie X is not dead ! » qui relate la visite d’un athée à l’église Sainte Philomène de Toulon où se retrouvent des adeptes de Mgr Lefebvre. Ce « reportage blasphématoire » qui vient après la levée par le pape de « l’excommunication des catholiques traditionnels de la « fraternité de Saint Pie X » montre que l’archaïsme n’a malheureusement pas disparu de la religion catholique. Si le dessinateur a le sens du cliché et qu’il a su parfaitement montrer le ridicule de ces intégristes, il n’est peut-être pas allé assez loin dans la « provocation ». Histoire de rigoler un peu, il aurait été amusant de verser discrètement quelques grammes de fluorescéine ou mieux de rhodamine dans le bénitier dont le bouillon de culture qu’il contient vire « rouge sang »vade retro satanas !

 

Pêle-mêle, le lecteur apprendra également que Sylvie Andrieux est une « vieille bique », que « la crise, c’est quand même mieux qu’une guerre », que Jean marie s’en va alors que Jean-Charles Marchiani revient, que Fos sur mer va devenir « une zone respectueuse de la diversité des pollutions »…

 

Après ce bon moment de lecture, il ne lui restera plus qu’à déguster un verre de rouge du « Domaine Naïs », « Un Naïs, Nine ! » comme l’a écrit Etienne Ballan qui fait allusion à l’écrivaine Anaïs Nin, connue pour ses récits érotiques… Pas très convaincu par ce dernier jeu de mot et pas très adepte du côté « pinard » des bacchanales, je vous souhaite une très bonne lecture de ce dernier numéro du « Ravi »

 

Pourquoi pas sous un fond musical du Ravi Shankar ?

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