Les Tintinophiles se souviennent sans doute d’un film de 1964 dans lequel leur héros préféré est plongé dans une aventure dont le point de départ est la découverte d’une nouvelle variété d’orange… de couleur bleue ! Si le professeur Tournesol et son ami savant ont été enlevés par un émir, Tintin, Milou et le Capitaine Haddock sont là pour les libérer et tout se terminera bien…

 

En Indonésie ou il s’est écrasé en avion dans l’album « vol 714 pour Sydney », le petit reporter qui n’en a pas eu le temps aurait pu être interloqué par des fruits exotiques tout aussi étonnants qu’inattendus, en commençant par des « jeruk » de délicieuses petites oranges… vertes !

 

Pour commencer, comment ne pas évoquer le plus emblématique des fruits qui poussent en Asie du Sud-est, le « durian » qui est formellement interdit dans les aéroports et les grands hôtels en raison de l’odeur « abominable » qu’il dégage et que les « nez » occidentaux considèrent comme un véritable acte de terrorisme. Pourtant, il suffit d’avoir vu un indonésien quasiment défaillir après avoir « humé » le doux parfum d’un Munster  pour comprendre qu’il y a une grande part d’éducation dans la manière dont les odeurs sont perçues d’un pays à l’autre, ce qui ouvre la porte à un vaste débat philosophique…

 

Le « nangka », l’énorme fruit du jacquier qui serait le plus gros fruit au monde peut parfois peser 40 kilos. Il n’aurait pas manqué d’intriguer le petit journaliste à la houppe qui se serait aperçu qu’il est tout à fait excellent  et entre dans la composition de mets délicieux, même si son apparence est surprenante…

 

Toujours dans la démesure, il aurait pu se délecter de bananes géantes qui raviraient des starlettes porno à la bouche pulpeuse et il serait sans doute tombé en arrêt devant le très « phallussien » et décoratif « pisang seribu », un de ces incroyables bananiers dont le seul régime serait capable de donner plus d’un millier de petites bananes

 

Après avoir constaté  qu’en Indonésie comme ailleurs, « perempuan sama-sama monyet makan pisang », les femmes sont comme les singes, elles aiment les bananes, il aurait repris les chemins tortueux de la découverte gustative et il serait tombé immanquablement sur les « rambutan », ces fruits « chevelus » dont la saveur n’est pas sans rappeler celle des litchis qui sont beaucoup plus connus en occident.

 

Il aurait appris, (il ne faut pas oublier qu’il était Belge pour avoir ce genre d’idée), qu’il est fortement déconseillé de dormir sous un cocotier et qu’une petite sieste peut parfois être la dernière quand on est malchanceux…

 

Après s’être remis de ses émotions, il aurait révisé la notion de « péché de gourmandise » en apprenant à ses dépends que même si on n’a pas de couteau sous la main, on ne mords pas impunément dans une papaye avec les dents… Quelques goulus impénitents qui ont tenté l’expérience ont constaté que l’écorce de ce fruit au demeurant délicieux contient une substance brulante qui a très vite fait de transformer les plus belles lèvres en véritable « cul de babouin »

 

Toujours à propos de papayer, le petit aventurier aurait appris que l’arbre d’apparence robuste n’est pas solide, que ses racines ne sont pas très profondes et que s’il surplombe un gouffre ou une falaise, on n’y amarre pas une  corde, à moins d’avoir des velléités de règlement de comptes, de meurtre ou de suicide…

 

En pleine jungle, il aurait pu goûter à ces « mata kucing », à ces « yeux de chats » particulièrement acidulés qui ont plutôt tendance à évoquer un poison violent qu’une friandise…

 

C’est alors qu’il se serait souvenu que quoi qu’en dise M. le curé, « l’habit ne fait pas le moine » et qu’il aurait compris qu’en pleine jungle, il vaut mieux faire confiance à un « sauvage », voire à un singe qu’à un pasteur évangéliste ou à un énarque…

 

Mais c’est une autre histoire… !

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