La manifestation du jeudi 19 mars à Marseille semble avoir une fois encore atteint les sommets des records de fréquentation. Alors que la préfecture a comptabilisé  30 000 personnes dans le cortège, les syndicats en ont compté 320 000. Un tel écart frise le ridicule et de nombreux médias ont sauté sur l’occasion pour se moquer de la ville et de ses habitants présentés comme des gens enclins à l’exagération…

 

Deux journalistes du quotidien La Provence, Jean-Jacques Fiorito et Caroline Richard ont tenté d’en savoir plus sur ce qui devient un véritable « marronnier » en  relevant le défi du « comptage ». Si l’initiative était excellente, le « résultat », « 40 000 manifestants » ne semble malheureusement pas très concluant, sans que cela remette pour autant en cause l’honnêteté des deux conteurs qui ont narré avec talent leur expérience de comptage dans les colonnes du journal de vendredi :     

 

http://www.laprovence.com/articles/2009/03/20/763386-A-la-une-Notre-comptage-40-000.php

 

Dans leur article, les deux journalistes visiblement plus doués avec un stylo qu’avec une calculatrice tentent d’expliquer par le menu la procédure qu’ils ont mis en place. Un premier comptage rue de la république a été suivi d’un second depuis l’incontournable « pont du cours Lieutaud » dont j’avais parlé à l’occasion de la  manifestation du 29 janvier 2009 :

 

http://jojomigrateur.over-blog.com/article-27379345.html

 

Leur récit très intéressant montre à quel point il est difficile de procéder à une telle comptabilité avec les moyens du bord, ce qui aurait plutôt tendance à disculper les services de renseignements généraux d’une intention manifeste de vouloir minimiser l’ampleur d’une manifestation.

 

Il suffit d’avoir assisté au départ du semi-marathon Marseille-Cassis ou de voir le volume de foule que représentent 50 000 spectateurs ou plus sortant du stade vélodrome un soir de match pour se rendre compte que les chiffres annoncés par la préfecture sont très inférieurs à la réalité.

 

Pour lever enfin le voile sur ce mystère, il est clair qu’il convient de changer de méthode, mais alors que faire ? Le plus efficace serait sans doute de confier ce travail aux nord-coréens, aux russes ou mieux, à la police chinoise qui a déjà montré ses immenses talents à Paris lors du passage de la flamme olympique

 

Cette « idée » lumineuse n’étant pas dans l’air du temps, il faut donc trouver une solution qui ne heurte pas les sensibilités exacerbées des Français qui sont en proie de manière cyclique  à des crises de « révolutionnite » aigues qui les amènent à avoir une envie furieuse de tout casser et de raccourcir leurs dirigeants.

 

Pourquoi ne pas manifester avec un dossard, comme un vulgaire marathonien et de disposer à l’arrivée d’un « temps » officiel sur le parcours géré par « KMS », la société reine incontestée de ce genre d’exercice ? Cela mettrait fin aux polémiques et pourrait même rapporter quelques euros aux organisations syndicales…

 

Dans le même ordre d’idée, le ministère de l’intérieur cher à Me Michèle Alliot marie pourrait songer à envoyer chaque Français chez un vétérinaire, histoire de se faire insérer sous la peau une puce électronique permettant aux autorités de disposer à tout instant de toutes les données personnelles de chaque individu ? Si « big brother » ne sait pas encore « tout » de ses ouailles, il est clair que cette technique évoquée dans un vieil épisode de la série « X files » mettant en cause des extraterrestres n’est plus de la science-fiction et pourrait être mise en  service par des hommes tout ce qu’il y a de plus « humains »…

 

Un autre moyen moins technologique pourrait également intéresser la police… :

 

Comptabiliser cette « vermine » qui défile dans les rues en utilisant une méthode que des scientifiques anglais ont employé à Bornéo pour avoir une idée de la population d’une colonie de chauves-souris sortant de l’immense porche de « gua payau » à la tombée de la nuit…  Il suffit de prendre une photo, de compter le nombre d’individus visibles sur le cliché, puis de chronométrer le temps que mets un de ces animaux pour traverser l’image… La suite qui consiste à comparer ce premier comptage à la durée totale de l’évènement n’est plus qu’un simple problème de maths dont le résultat est étonnement précis…

 

Ce problème étant enfin réglé, les amoureux des statistiques pourraient se pencher sur le meilleur moyen de recenser les incompétents, les arrivistes et les « nuisibles » qui arpentent les couloirs du parlement, du sénat et de toutes les institutions officielles que compte ce beau pays qu’est la France

Une devinette pour finir... A quelle occasion a été prise la photo de foule qui illustre l'article ?

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