Meilleurs et moins chers que les suppôts de « Sarko », les policiers Chinois n’ont pas eu besoin de tests ADN pour retrouver en quelques heures les auteurs d’un banal larcin…

 L’été dernier, j’étais en Chine dans la province du Sichuan dans le cadre d’une expédition spéléologique. Tout était organisé de main de maître par nos hôtes sympathiques de l’université de Chengdu sans lesquels rien n’aurait été possible. Dans les villages, l’accueil a été particulièrement chaleureux, la télévision nationale Chinoise est venue nous filmer  et nous avons même eu droit à un feu d’artifice tiré en notre honneur.

Un soir, vers 17h à la sortie d’une exploration pleine de promesses, nous devons nous rendre à l’évidence… Malgré la présence des étudiantes chinoises devant le porche de la grotte, nos sacs ont été fouillés et une caméra a disparu. Le plus étrange, c’est qu’aucun autre objet de valeur n’a été volé et que l’argent est toujours là, au yuan près !

C’est la première fois que nous nous heurtons à ce genre de problème qui provoque immédiatement un véritable tsunami dans la quiétude et l’hospitalité de nos amis Chinois. Après une première série de palabres incompréhensibles, nous partons vers la mairie voisine avant d’être dirigés vers une caserne où nous sommes reçus dans un grand bureau par des officiels locaux qui n’ont  cesse de s’excuser et de nous promettre que tout sera fait pour retrouver ce matériel dans les meilleurs délais. Une heure plus tard, nous sommes toujours là lorsque les « renforts » arrivent du village voisin. Ils sont accompagnés de tout le reste de notre équipe de spéléos qui pensaient que nous avions eu un accident. Après une nouvelle tournée de thé, les arrivants sont mis au courant dans les moindres détails de la situation  et nous avons  droit à une nouvelle série de discours, d’excuses et de remerciements pour notre présence en Chine.

« Ne vous inquiétez pas, tout va s’arranger rapidement ! ».  Le chef de la police locale à l’air d’être sur de lui et nous n’osons pas lui faire part de notre scepticisme. Les heures tournent et nous assistons à un étrange va et vient de voitures dans la cour du commissariat dans lequel nous essayons de discuter avec les policiers. Nous sommes résignés à devoir passer beaucoup de temps ici lorsque des éclats de voix résonnent dans le bâtiment. Un gradé entre dans la pièce, l’air radieux, tenant entre les mains un caméscope. « C’est bien celui-là ? ». Effectivement c’est bien la caméra de Josiane qui semble intacte ! Il ne reste plus qu’à signer une déposition et l’incident sera clos, tout au moins pour nous. Il est difficile de savoir quelles suites peuvent être données à un telle affaire et les policiers ont tenu à faire une copie de la dernière cassette retrouvée avec la caméra.

Selon les explications qui nous ont été données, les voleurs étaient des gamins qui se sont livrés à un simple chapardage sans se rendre compte de la gravité de leurs actes. Un appel aurait été lancé par la police dans les fermes des environs et quelques heures plus tard, c’est une paysanne qui l’aurait retrouvée en pleine nuit entre deux rangées de maïs. Bravo la police !

Mais trêve de plaisanteries ! Lorsque j’ai demandé très poliment comment ont fait les enquêteurs pour retrouver la caméra, l’explication qui m’a été donnée est des plus surprenantes… Les policiers, (les ilotiers de chez nous) ont clamé haut et fort dans les environs qu’ils « savaient » que les auteurs étaient des enfants, qu’ils connaissaient leurs identités et…. qu’ils allaient « couper la tête » à leurs parents si le caméscope ne revenait pas discrètement et au plus vite, ce qui fut fait en un temps record !

Notre petit Ministre de l’intérieur très populiste adorerait certainement disposer de tels services de police. Le rêve… Des fonctionnaires obéissants et dévoués, ne posant pas de questions, corvéables à loisir et payés avec un lance-pierre dont les élastiques seraient distendus… Malheureusement, la réalité va exploser très rapidement dans la figure de ce petit Monsieur qui pourrait traverser une longue période de déprime.

A suivre… !

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