Ce jour-là à Bornéo, nous avions pris place à bord d’un hélicoptère dont les portes avaient été démontées. Le but de l’opération était de reconnaître le parcours supposé d’une importante rivière qui s’engouffre sous terre et réapparait à plusieurs reprises  avant de disparaître une ultime fois avant de resurgir définitivement à la résurgence d’Ambolabong où elle devient « sungai binatang », (la rivière des animaux)…

C’est ainsi que nous avons été intrigués par un petit canyon qui se terminait par un grand bassin d’eau boueuse d’où la rivière semblait sortir… Il s’agissait vraisemblablement d’une source vauclusienne, ce qui en général laisse peu de possibilités d’explorations sans matériel de plongée subaquatique

Assis sur le patin de l’hélico, j’avais pris le point GPS à la volée et j’avais fait quelques photos de cet entonnoir niché au milieu d’une jungle dans laquelle il vaudrait mieux éviter de s’écraser

Quelques années plus tard, nous avons eu la surprise de déboucher à cet endroit même en explorant une grotte gigantesque qui abrite une des plus grandes salles du monde. Le GPS a apporté la confirmation de la position et nous avons compris qu’une observation aérienne ne donne qu’une idée approximative de la réalité du terrain.

La deuxième photo qui illustre cet article a été prise du point 2 et l’on se rends compte que la galerie par laquelle nous avons retrouvé la lumière du jour était totalement invisible depuis l’hélicoptère ce qui tends à prouver que l’exploration humaine est encore irremplaçable

Enfin, la troisième photo montre la vue que l’on a en provenant de l’intérieur du massif. Ce porche nous offrait la possibilité inespérée d’y installer un bivouac confortable et nous y avons passé plusieurs nuits… Sauf qu’après de violents orages, le niveau de la rivière s’est élevé de plus de six mètres, nous contraignant à déménager précipitamment vers une salle supérieure, une hypothèse que des traces de crues visibles sur les parois nous avaient fait envisager

 

Cette petite démonstration anecdotique montre que malgré les progrès extraordinaires de la robotisation et de la mécanisation, les explorateurs de terrain ont encore de beaux jours devant-eux… Envoyer une sonde sur Mars est un véritable exploit qui ne prendra toute sa valeur que lorsque le robot aura été imité par l’homme

Aller « là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied » reste un puissant moteur de la vocation d’aventuriers en herbe et c’est très bien ainsi…

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