Mardi 21 septembre dans la matinée à Marseille, les Roms qui occupaient depuis plusieurs mois un terrain du quartier de la Capelette appartenant à Véolia ont été expulsés par d’importantes forces de police.

Si l’évacuation de ces Roms qui était réclamée depuis longtemps par les riverains était parfaitement légale, les journalistes, les photographes et des équipes de télévision s’indignent d’avoir été maintenus à l’écart de l’événement par les forces de police.

Alors que les journalistes ne décolèrent pas et qu’ils n’ont pas l’intention de laisser passer cet incident, le nouveau préfet délégué à la sécurité, Alain Gardère qui a assisté à l’évacuation  a affirmé « qu’aucun ordre n'avait été donné pour maintenir les journalistes à l'écart de l'opération » et « qu’il y a dû avoir une erreur d'interprétation »...

squattromcurtel03Si ces « explications » fumeuses sont de nature à convaincre des énarques et des technocrates, elles ne satisfont personne et le ton monte. Dans La Marseillaise, Myriam Guillaume dénonce cette « expulsion du Bidonville en toute intimité » et relaye les associations qui se demandent pourquoi mobiliser autant de forces policières et un hélicoptère pour aussi peu de monde…

L’AFP se plaint elle aussi de ce traitement, rapportant dans sa dépêche les propos du président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône qui évoque un « Déni de démocratie » justifié par « des choix qui ne sont pas assumés » et par une volonté de « cacher la misère et faire disparaître le problème au lieu de le traiter »

squattromcurtel01Alors qu’en France la presse est « théoriquement » libre et que les sources des journalistes sont elles aussi « théoriquement » protégées, les entorses à ces grands principes se multiplient. Il y a visiblement des sujets et des affaires que le gouvernement ne souhaite pas voir s’étaler dans la presse ce qui finit immanquablement par poser des questions qui dérangent…

Alors que la France symbolise la liberté dans le monde entier, faudra-t-il qu’une Organisation Non Gouvernementale comme Reporters sans Frontières mette l’accent sur ce qu’il se passe actuellement de plus en plus souvent dans notre propre pays ?

Peut-on encore prétendre donner des leçons de liberté à toute la planète quand on a soi-même beaucoup de choses à cacher ?

squattromcurtel02Si nous ne sommes pas encore en Iran, en Syrie, en Corée du Nord, à Cuba, en Chine ou dans une des nombreuses dictatures qui subsistent encore, les révolutions arabes sont-là pour signifier aux puissants qui nous gouvernent que les révoltes des « indignés » qui apparaissent un peu partout peuvent déboucher n’importe quand sur des événements totalement imprévisibles…

Pour en revenir à l’affaire qui a motivé ce billet sur la liberté des journalistes d’exercer leur métier, espérons, (on peut toujours espérer), qu’il ne s’agissait que d’un excès de zèle ou d’un instant d’égarement d’un nouveau préfet fraîchement nommé par le très « fin » Claude Guéant…

Un préfet qui ne devrait pas perdre de vue que rien n’est jamais acquis et qu’à Marseille ces derniers temps, ses « congénères » n’ont fait qu’occuper un siège éjectable…

Pour info :

http://www.liberation.fr/societe/01012360976-marseille-une-quarantaine-de-roms-deloges-la-presse-maintenue-a-distance

Les deux photos qui illustrent ce billet montrent le même bâtiment avant et après l’expulsion des Roms par les forces de police et l’intervention des démolisseurs.

Tag(s) : #Marseille