Depuis le mardi 26 octobre, les éboueurs marseillais ont « parait-il » repris le travail après quinze jours de grève qui ont laissé la ville dans un état de « cradinguerie » rarement atteint.

Trois jours plus tard, alors que l’annonce de la fin de cette grève a été accueillie avec un « ouf » de soulagement, des quartiers entiers de Marseille attendent toujours le passage des bennes à ordures et les immondices continuent à s’amonceler… Avant d’être incendiés par des vandales, ce qui pourrait bien se terminer par un véritable drame…

claudel01blog.jpgEt voilà que vendredi après-midi à 15h 50, (c’est précis…), Martine Vassal, l’adjointe au maire déléguée entre-autres à la « Qualité de la ville » et à la « Propreté » a publié un communiqué de presse consacré au ramassage des ordures : « Ca va trop lentement ! »

Une « expertise » dont quelques extraits valent leur pesant de cacahuètes… :

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« Les images d'immondices jonchant les rues ont causé d'importants préjudices à l'image de notre ville. Une image que Jean-Claude Gaudin et son équipe avaient réussi à restaurer depuis 1995. » … S’il existe UN marseillais qui pense que la ville a été propre un jour de ces dernières années, les journalistes seront ravis de l’interviewer avant que son cerveau ne soit plongé dans le formol après avoir fait l’objet d’une dissection pour un examen scientifique…

Un peu plus loin, elle « comprend la colère des Marseillais qui devront payer 500 000 euros pour réparer les dégâts de 15 jours de grève »… Ce qui laisse à penser qu’il serait légitime que les marseillais refusent tout simplement de prendre en charge ces frais supplémentaires… Et d’envisager de lancer une grève du paiement de la « Taxe sur les ordures ménagères » qui est déjà très lourde et ne remplit pas son rôle…

Pendant que des esprits embrumés devaient se livrer à des séances de brainstorming pour réorganiser les tournées dans l’urgence, les poubelles ont continué à brûler toutes les nuits, les feux se propageant parfois à des voitures. A Sainte Marguerite samedi, les habitants n’avaient toujours pas vu le moindre éboueur et la colère commençait à gronder dans le quartier. Dans le bas du boulevard Paul Claudel, TOUS les tas de poubelles sont partis en fumée, plusieurs incendies nécessitant l’intervention des pompiers ayant eu lieu chaque nuit…

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C’est ainsi que vendredi vers 23h, rentrant chez moi en vélo, je suis tombé sur plusieurs scooters qui démarraient en trombe… Quelques secondes plus tard, un container qui commençait à brûler a littéralement explosé, des boites de conserves vides étant projetées en l’air avant de retomber sur des voitures en stationnement. Un peu plus tard, alors que j’étais couché, un nouvel incendie a démarré devant ma porte, pour la deuxième fois en trois jours… Ce qui permet de nouer des liens avec les voisins et les soldats du feu qui commencent à en avoir ras le bol…

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Samedi matin, ces fameux éboueurs ne sont toujours pas passés et le « paysage » urbain prend de plus en plus des allures de bidonville. Pour arranger les choses, il tombe le déluge. S’il n’y a plus de risque d’incendie, toute cette eau dilue et charrie des détritus qui sont emportés par le courant, ce qui ne doit pas être très « hygiénique »…

Et voilà que dans la nuit de samedi à dimanche, un peu avant le passage à l’heure d’été, un camion poubelle mystérieusement débarqué du 15è arrondissement s’est engagé dans la rue... Il faudra plus de deux heures à trois hommes équipés de pelles pour transférer l'infâme tas d’immondices à moitié carbonisées qui était devant ma porte dans la benne ornée... Du fameux slogan  qui fait beaucoup rire les marseillais... « Fier de ma rue! »...

Un logo « galéjade » que les éboueurs n'osent plus afficher dans leur dos, tellement il est ridicule...

Pendant ce temps là, les éditions Casterman toujours très réactives seraient parait-il sur le point de publier un nouvel album à succès :

« Martine fait les poubelles ! »

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