Vendredi soir, terrasses  du Fort Saint-Jean.

Le Ferry Al Djazair quitte le port de Marseille en direction d’une autre rive de la méditerranée. Les badauds qui sont venus en nombre pour assister au spectacle d’ombres et de lumières mis en scène par la Compagnie des Patrimoines ne semblent guère intéressés par le départ de ce navire qui participe à l’éclairage ambiant…

Des enfants jouent avec leurs ombres chinoises projetées sur la tour ronde du Fanal par de puissants projecteurs colorés et je m’étonne qu’il n’y ait pas un de ces débiles fans d’un ex-comique qui ne fait plus rire grand monde pour profiter de faire étalage de leur art de la si distinguée « quenelle »…

annee2013-9547webGR-copie-1.jpgDes comptines de Noël répétées en boucle, des notes de musique cristallines sont emportées par le vent, peut-être jusqu’au navire qui quitte lentement les eaux du port de commerce. Curieusement, alors qu’il y a beaucoup de monde, l’endroit est particulièrement calme et il n’y a ni bousculade, ni resquilleurs tentant de « griller » la file qui attend tranquillement de pouvoir accéder au Mucem…

L’étroite passerelle qui enjambe la darse et permet de rejoindre le toit du bâtiment est plongée dans l’obscurité, ce qui donne encore plus de force à l’habillage de lumière bleutée qui illumine la structure du Mucem. Alors que les enfants trouvent tout cela tout simplement  très beau, leurs parents discutent de la hauteur, de la profondeur de la mer à cet endroit et des chances de survie d’un amateur de grand plongeon…

annee2013 9565webGRUne fois de l’autre côté, les promeneurs débouchent sur le toit terrasse du musée plongé dans la pénombre, ce qui change radicalement de l’ambiance que les visiteurs qui sont déjà venus en plein été connaissent.

Au sol, des loupiotes bleues inspirées de celles qui permettent aux pilotes d’avion d’aligner leur appareil dans l’axe d’une piste d’atterrissage laissent entrevoir le cheminement à suivre par les piétons… Il est temps de se retourner et de profiter de ce point de vue exceptionnel qui n’existait pas il y a quelques et années et qui permet d’avoir une vision inverse du paysage.

annee2013-9596rcwebGR.jpgLes téléphones portables brandis à la main tentent d’immortaliser la scène mais compte tenu de la petitesse de leur capteur, il y a fort à penser que ces photographes improvisés seront très déçus de leurs  incontournables « Selfies » qu’ils comptent pourtant bien poster sur les réseaux sociaux pour montrer ô combien ils sont à la mode et qu’ils ont investi la moitié d’un mois de leur salaire pour s’offrir le dernier smartphone que tout le monde s’arrache dans se soucier le moins du monde qu’il soit fabriqué par de petits « zenfants » exploités…

Le moment était venu  pour moi de rebrousser chemin en prenant tout le temps nécessaire pour faire quelques images…

Avec un vrai appareil photo !

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