Bruno Peyron vient d’annoncer sa décision de relancer « The Race », la course autour du monde à la voile en équipage,  sans escale, disputée à bord de bateaux sans limites de tailles, de coques et de voilures dont la première édition était partie de Barcelone pour se terminer à Marseille à partir du 3 mars 2001.

http://www.laprovence.com/article/sports-region/voile-the-race-bientot-de-retour-a-marseille

therace1blogLe jour de l’arrivée victorieuse du catamaran « Club Med » barré par le Néo-Zélandais Grant Dalton, un vent violent soufflait dans la rade de Marseille et la mer était très agitée. Devant embarquer dans l’après midi à bord d’une des vedettes mises à la disposition de la presse  pour aller à la rencontre de la F1 des océans, je m’étais dit qu’il risquait fort d’y avoir une épidémie de dégueulis parmi les passagers peu habitués à ce genre de conditions de navigation. Personnellement, j’avais eu la bonne idée de prendre préventivement des comprimés de « nautamine » et la suite m’avait donné raison…

therace4bisblogTenue au courant par radio de l’avancement et de la position du bolide des mers, la flottille avait navigué à la rencontre du « Club Med » qui tardait à arriver. Enfin, il avait fallu se résoudre à attendre et c’est là que la situation avait commencé à devenir franchement cocasse… Moins d’une heure plus tard, la plupart des visages étaient pâles et quelques journaleux dont je tairai le nom parce que c’est mon jour de bonté avaient commencé à « appeler Raoul », (à ne pas confondre avec Monsieur Raoult), crachant leurs tripes et leurs boyaux par-dessus le bastingage. Le capitaine, s’inquiétant pour la propreté de sa jolie vedette avait décidé d’aller chercher un abri du côté du Frioul et de retourner sur zone lorsque l’approche du voilier de course serait enfin annoncée sur la VHF

L’apéro auquel nous n’étions que quelques-uns à participer avait été interrompu par le crachotement de la radiotherace2blog qui indiquait que le « Club Med » n’allait plus tarder à passer près du phare du Planier à près de 30 nœuds… Le signal d’une poursuite nautique à la « Mad Max » était donné à une horde de vedettes et de zodiacs aux moteurs surpuissants…C’est ainsi que nous avions vu débouler dans la nuit le catamaran majestueux qui semblait voler au-dessus des flots et qu’il était quasiment impossible de suivre dans une telle mer…

Ce n’est qu’à l’approche de la ligne d’arrivée, du côté de la digue des Catalans que la flotte de poursuivants avait réussi à rejoindre le catamaran Géant qui avait affalé sa grand-voile…


La suite n’avait été qu’un gigantesque embouteillage de bateaux avec des sirènes hurlantes, des cornes de brume, des fumigènes et des fusées de détresse. Dans cette grande pagaille, les barreurs avaient bien du mal à éviter la collision avec toutes sortes d’embarcations sorties de nulle part et navigant en parfaite insouciance sans le moindre éclairage. Pendant ce temps là, des marins d’eau douce terminaient leur vidange gastrique, pour le plus grand bonheur des poissons de la rade, en jurant qu’on ne les y reprendrait plus… Enfin revenus sur la terre ferme, les « visages pâles » avaient repris lentement des couleurs et le naturel revenant au grand galop, voilà que ces journaleux encore patraques s’étaient mis à ronchonner…

 Parce que le skipper Grant Dalton avait eu l’outrecuidance de franchir la ligne d’arrivée… De nuit et PAS à l’heure du journal télévisé de 13 heures… !

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