Depuis le début du mois d’août, les médias relayant des avertissements de prudence envers la « terrible » canicule qui « frappe » le pays. Même si la mortalité « accélérée » des personnes âgées et d’enfants en bas âge serait en définitive une bonne chose pour le budget des retraites et de la caisse d’allocations familiales, l’état a quasiment décrété l’interdiction de mourir cet été…

S-il fait certes chaud, il ne me semble pourtant pas que ce soit exceptionnel et en y réfléchissant, une multitude d’anecdotes surgissent de ma mémoire…

Je me souviens par exemple qu’un été, pour m’entraîner avant mon départ pour Bornéo, j’avais eu l’idée saugrenue de traverser les calanques en courant entre Port-Miou et Callelongue aux heures les plus chaudes de la journée. Ma montre altimètre baromètre indiquait 38°c et je m étais aperçu avec étonnement que j’étais victime du syndrome du Capitaine Haddock dans le désert. Sur le plateau de « L’homme mort », cela ne s’invente pas, j’avais vu les collines se disloquer à l’horizon, semblant flotter dans un éther qui semblait dissoudre le paysage. Quelque peu interloqué, j’avais compris que tout cela n’était qu’un mirage et que le phénomène existe bel et bien…

Quelque temps plus tard à Bornéo, 4° au dessus de l’équateur, la température était un peu plus « basse », 32°c à l’ombre mais en plein cagnard c’était tout autre chose.  Nous devions marcher plus de 60km sur une vieille piste devenue impraticable aux véhicules après que des incendies de forêt aient détruit les ponts qui étaient faits d’énormes troncs coupés par les exploitations forestières et la balade allait être beaucoup plus difficile que prévu. Une végétation rampante reprenait peu à peu ses droits, le chemin disparaissant parfois dans la broussaille. A midi sous une telle latitude, mettre un pied devant l’autre et recommencer devenait un véritable challenge et un litre d’eau dégueulasse traitée au Micropure à l’heure s’avérait être un minimum vital…

borneo063web.jpgQuelques années plus tard, alors que nous roulions en voiture entre Thessalonique en Grèce et Istanbul, des records de températures étaient battus. En pleine journée, le thermomètre avait atteint près de 48°c à l’ombre et l’habitacle de notre 4L devenait une fournaise. Dans une montée, le moteur avait calé, refusant de redémarrer et nous avions craint d’avoir coulé un bielle ou flingué je joint de culasse. C’est alors que nous avions entendu un drôle de ronflement provenant de dessous le capot du moteur. Il avait suffi d’un simple coup d’œil pour comprendre que l’origine de ce bruit de cocotte minute provenait du filtre à air. Quelques secondes plus tard, le papillon qui maintenait le couvercle en place était dévissé, et nous avions découvert que de l’essence remontée depuis le carburateur bouillait comme dans une friteuse, un phénomène connu sous le nom de « vapor lock »... (Il faut que je rachète un scan de diapos...!)

Après avoir laissé le moteur refroidir, nous étions repartis et quelques kilomètres plus loin nous avions préféré nous réfugier sur la terrasse ombragée d’un restaurant de routiers en bordure de la mer Égée. Alors que nous rêvions d’un plongeon dans de l’eau fraîche, nous avions été très déçus. Des algues avaient proliféré et l’eau peu profonde était si chaude que nous avions eu l’impression de prendre un bain de pisse chaude… Beurk !

dunesdeathvalleyweb.jpgEncore plus chaud, en titillant le record du monde cette fois-ci… Partis du parc national du Yosemite en Californie, nous avions rejoint Las Vegas en traversant la fameuse « Vallée de la mort ». Au moment de s’y engager, un contrôle de police visant à s’assurer non pas des identités de passagers mais que le coffre contenait la quantité d’eau règlementaire pour attendre les secours en cas de panne, donnait le ton. Alors que quelques heures plus tôt, il y avait de la neige au Tioga Pass à plus de 3000m d’altitude, le thermomètre s’affolait littéralement au fur et à mesure de notre descente dans cette immense fracture. Au milieu d’un désert de dunes très « africaines », nous avions croisé une espèce de Jésus Christ sorti de nulle part sur un vélo, observé des coyotes efflanqués et l’oiseau « Bip Bip » du dessin animé… Chaussé de tongs, j’avais gravi une dune de sable pour faire des photos, « poursuivi » par un Ranger du parc qui ne voulait pas me coller une amende mais me mettre en garde contre la présence de crotales. Avec un simple bâton, il ne lui avait fallu que quelques minutes pour en dénicher un, planqué au pied d’un des rares buissons… Effectivement, mes chaussures n’étaient pas adaptées à la marche sur ce terrain…

badwaterwebA « Badwater » qui es le point le plus bas des états unis à -86m sous le niveau de la mer, une station météo affichait les températures enregistrées en permanence… 58°c au soleil, le record sous abri étant de 56°5c

 Quand je vous disais que la canicule est une notion très relative…

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