À quelques mois seulement de l’élection présidentielle, voilà que la TVA sociale dont il avait été largement été débattu en 2007 refait surface, le gouvernement se disant fermement décidé à la voir entrer en application avant les élections, comme si cette mesure était de nature à sauver quelques meubles promis au naufrage du pays…

 

La TVA sociale c’est quoi ?

 

Partant du constat que les charges sociales payées en France sont supérieures que celles qui le sont à l’étranger, l’idée est de basculer une partie de ces charges sur la TVA, ce qui permettrait de soulager les entreprises en élargissant l’assiette de l’impôt qui toucherait tous les consommateurs quels qu’ils soient et plus seulement le travail salarié.

 

Si le concept semble être une bonne idée, il suffit de regarder les choses  au travers du prisme de la comptabilité pour se rendre compte que cette solution miracle est loin d’être aussi idyllique que ses défenseurs veulent bien le dire.

 

La TVA sociale d’un point de vue « comptable » :

 

Pour qu’une entreprise trouve un intérêt à cette TVA sociale, il faut que celle-ci permette de réduire les charges patronales et non pas les charges salariales qui comme leur nom l’indique sont payées par les salariés eux-mêmes.

 

Il est clair que pour les patrons c’est le rêve. Les charges diminuent, les coûts de production baissent et les entreprises retrouvent de la compétitivité par rapport à leurs concurrentes étrangères, ce qui fait que certains n’hésitent pas à renommer cette « TVA Sociale », « TVA anti-délocalisation ». Laurence Parizot, la patronne des patrons applaudit ce projet de loi des deux mains et des deux pieds et certains disent même que son application l’enverrait tout droit au septième ciel, sans avoir recours à un de ces gadgets à la mode que ces dames trouvent désormais un peu partout…

 

Du côté de salariés, la messe est loin d’être la même. Si effectivement au niveau du salaire net la mise en place de cette TVA sociale n’aurait aucune influence, les prix des produits venant de l’étranger augmenteraient immédiatement, provoquant de l’inflation et une diminution du pouvoir d’achat des travailleurs, des chômeurs, des retraités et de toute la population du pays.

 

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Le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Vu du côté des finances d’un état quasiment en faillite, il y a sans doute beaucoup d’argent à gagner, tout cela dépendant du taux de TVA sociale adopté et du ralentissement de la consommation dans le pays lié à la hausse des prix engendrée par cette nouvelle fiscalité.

 

Si la réduction des charges patronales « devrait » contribuer à faire baisser les prix des produits français, l’expérience de la baisse de la TVA sur la restauration qui est une hérésie comptable de plus tend à démontrer le contraire et prouve que les paroles n’engagent même plus ceux qui les tiennent.  (http://jojomigrateur.over-blog.com/pages/l-arnaque-de-la-baisse-de-la-tva-sur-la-restauration--1850015.html)

 

Alors que les opposants à l’instauration de cette TVA sociale sont de plus en plus virulents dans leurs critiques, le gouvernement qui voudrait la mettre en place le plus rapidement possible évoque la possibilité d’autres aménagements, par exemple une hausse des salaires bruts ou une diminution des charges salariales, des dispositifs imaginés à la hâte qui s’apparentent plus à du bricolage qu’à de la mécanique de précision…

 

Quelques questions qui compliquent l’affaire…

 

Cette TVA sociale ayant pour effet d’augmenter les prix et donc de relancer l’inflation, faut-il augmenter les salaires de base pour compenser la perte de pouvoir d’achat ?

 

La hausse des prix déclenchant mécaniquement l’augmentation du SMIC, cela ne risque-t-il pas de relancer l’inflation de manière durable ?

 

Alors que cette brillante idée a déjà été rejetée au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, pourquoi y a t il subitement urgence à la mettre en œuvre à trois mois d’une réélection de plus en plus hypothétique ?

 

Le « Sauveur » de la France tant adulé par la twitteuse « @Ondine__Ramona » et quelques fans hystériques ne devrait-il pas au contraire être considéré comme une véritable « catastrophe nationale » ?

 

N’y aurait-il pas d’autres politiques possibles ?

 

Toutes ces questions trouveront peut-être une réponse au cours de la rude bataille qui précèdera les élections et le verdict des Français tombera, tranchant comme la lame d’une guillotine bien affûtée… Mais il serait bien présomptueux, même pour une voyante ou une astrologue à la mode, de prédire qui remportera la majorité des suffrages de la nation…

 

Le pire, (ou le meilleur…) étant peut-être que l’aventure du nouveau ou de la nouvelle présidente ne se termine… Le 21 décembre 2012 !

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