Avec la  chaleur moite qui pèse ces derniers jours sur Marseille, qu’y a-t-il de meilleur que terminer une journée de travail dans un bureau non climatisé transformé en étuve par un bon bain en tenue d’Adam ou d’Eve dans une calanque isolée ?

Si la calanque des pierres tombées qui porte bien son nom est un repère de « culs nus » totalement inconscients du danger, les grimpeurs qui connaissent les risques de stationner sous une paroi aussi solide qu’un château de cartes préfèrent piquer une tête dans des coins plus difficiles d’accès qui ne sont pas répertoriés comme des lieux naturistes…

Mais voilà qu’avec le sinistre parc national qui se profile à l’horizon, la  fréquentation des calanques sera parait-il interdite après le coucher de soleil et le bivouac sera totalement proscrit… Ainsi, il ne sera plus question d’aller prendre un bain de minuit « à poil sous la lune » et encore moins d’aller passer une nuit torride dans un abri niché en pleine falaise au-dessus de la mer avec une demoiselle subjuguée par la beauté et le romantisme du lieu…

ptombees04blogDans un tout autre registre, l’entrée en vigueur de cette réglementation débile encore en cours d’élaboration aurait pour effet d’empêcher les grimpeurs de se lancer dans des voies de grande envergure en « terrain d’aventures » et dans des traversées qu’il est très difficile de faire en moins d’une journée d’escalade, marche d’approche comprise… L’époque où il était fréquent de sortir en pleine nuit, chargés comme des mules d’une grande voie « d’artif » avant de rejoindre les voitures à la lueur des frontales pourrait n’être plus q’un souvenir… Mais c’est mal connaître le côté frondeur des grimpeurs marseillais qui très souvent, fréquentent les calanques depuis leur enfance et voient d’un très mauvais œil tout ce qu’ils perçoivent comme des atteintes intolérables à la liberté…

Au rayon des « fâcheries », le projet de classification de certaines falaises en « zones de réserves intégrales » donne des boutons aux grimpeurs qui considèrent qu’il serait parfaitement stupide d’interdire l’accès à des falaises très peu parcourues dans lesquelles il est rarissime de faire une rencontre…

D’ici que cette « usine à gaz » contestée de toutes parts devienne réellement un parc national il s’écoulera sans doute encore pas mal de temps, un répit pour tous ceux qui sont prêts à se battre pour défendre leur liberté…

sormioufeublogEn attendant, voilà quelques considérations pêle-mêle pour alimenter les débats :

- Le meilleur moyen de limiter la fréquentation des calanques aurait été de laisser la priorité à la marche, d’éloigner les parkings, de supprimer les débarcadères existants et surtout, de ne RIEN faire pour faciliter les déplacements dans le massif…

- S’il est difficile d’apporter la preuve que l’interdiction quasi-totale de parcourir les calanques pendant l’été a permis d’éviter des incendies, il est permis de se demander si au contraire, l’absence de présence humaine dans le massif n’est pas un gage de sécurité, voire une incitation à la pyromanie…

- Le grand incendie qui a ravagé la calanque de Sormiou en 1998 était d’origine criminelle, le feu étant parti d’une voiture volée qui a été carbonisée volontairement. (Ma photo d’illustration de ce triste spectacle a été prise quelques heures seulement après le sinistre…)

- L’immense incendie qui en 1997 avait parcouru les massifs de l’Étoile et du Garlaban quasiment jusqu’à Aubagne (hors du périmètre du parc national)  était parti accidentellement de la décharge de Septèmes et n’avait une fois encore rien à voir avec des randonneurs…

- Enfin, le grand incendie qui a ravagé plus de 1200ha les 22 et 23 juillet 2009, dévastant au passage la « muraille de Chine » où les grimpeurs, par soucis de protection d’un site de nidification des aigles de Bonelli ont abandonné d’un commun accord l’escalade depuis plusieurs dizaines d’années serait parti encore une fois « accidentellement », ce coup ci lors d’un exercice des « écolos-bidasses » du camp militaire de Carpiagne qui jouaient à la guéguerre en plein été…

muraillechinefeublog.jpgActuellement, l’accès aux calanques est en théorie très fortement réglementé en plein été, des vigies et des patrouilleurs cherchant à débusquer les contrevenants. Si la protection d’un environnement fragile consiste à le vider de toute présence humaine, il y a des moyens très simples qui peuvent être mis en œuvre. Rappelons par exemple qu’il avait suffi d’une rumeur de présence d’une « panthère noire » dans le massif pour que plus personne n’ose s’aventurer dans des collines subitement dévolues à de courageux « Tartarins » en érection, dûment assermentés pour la capture, morte ou vive de l’hypothétique fauve... Un trophée qui serait le point d’orgue de leur carrière !

De « panthère » il n’y avait pas mais cette galéjade qui une fois de plus avait ridiculisé Marseille pourrait avoir donné des idées à des plaisantins qui songent de plus à faire le « buzz » en associant rumeur et phobie...  Des « khmers verts »  quasi-terroristes projetteraient de déverser sans vergogne quelques paniers de crotales et d’araignées venimeuses à proximité des parkings, des scolopendres et des scorpions près des lieux de baignade… Des espèces qui parait-il d’adapteraient parfaitement au climat méditerranéen…

En attendant la suite des événements, je vous abandonne, bain de mer oblige, en vous laissant imaginer une bande de « culs nus » rigolards, accueillant un contrôle de police en chantant à tue-tête :

« A POIL LES KEUFS » !

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