Lundi matin, au moment où je suis sorti dans la rue, je suis tombé nez à nez avec une clique de potes de Robocop,  boudinés dans des uniformes rembourrés qui sont sans doute faits pour donner des formes avantageuses aux gringalets et aux ventripotents de service… I

J’interpelle un voisin :

- « C’est quoi ce sketch ? On tourne un film ? »

- « Non, c’est le nain de jardin qui vient nous faire ch..r… ! »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette compagnie de CRS a l’air d’avoir un problème de logistique ou d’organisation. En discutant avec les compères et les commères du voisinage, j’apprends que le convoi a fait le tour du quartier, cherchant visiblement un endroit où stationner…

La situation commence à bien me faire rire et j’enfourche mon vélo pour une petite promenade dans les rues environnantes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que « le nain », (ce n’est pas moi qui l’ai dit…) et son aréopage ne doivent pas avoir l’esprit tranquille pour mobiliser autant de monde…

Sur le chemin je tombe sur des râleurs qui ne peuvent sortir de leur résidence à bord de leur voiture parce qu’un véhicule de police est garé en travers du portail…

- « Je dois prendre ma voiture pour aller travailler ! »

- « Désolé, la circulation est bloquée jusqu’à au moins 14 heures… ! »

Le type ronchonne mais rien n’y fera, les policiers chargés de la circulation ont des « ordres »… D’une fenêtre, de jeunes hurlent, « enc---s !, un bon flic est un flic mort… ! » Je leur suggèrerais volontiers de venir le crier de plus près, histoire de faire quelques bonnes photos mais comme on pourrait s’en douter, ils sont loin d’avoir des « burnes » suffisantes pour venir assumer leurs paroles de roquets…

« L’ancien chemin de Cassis », une ruelle étroite mais très fréquentée sert de parking à la colonne de fourgons, ce qui commence à paralyser la circulation dans les rues environnantes. Mon père y possédant un garage, je descends de vélo et je me dirige vers les pandores qui semblent prendre leur mal en patience en mordant dans des sandwiches bien gras…

- « On ne passe pas ! »

- « Mon garage est juste là ! »

Pour y accéder, il faudrait juste déplacer une vingtaine de véhicules et ma requête a bien peu de chances d’aboutir… Le gladiateur à moustache, casqué et revêtu d’une armure est plutôt débonnaire. Il m’explique qu’il comprend les riverains mais que malheureusement il ne peut « QUE » respecter les ordres. La discussion continuant de manière plutôt sympathique, voilà qu’il me raconte que l’escadron auquel il appartient est constitué de gardes mobiles qui, ne connaissant pas Marseille ont cherché désespérément une aire de stationnement pour leurs véhicules… La scène surréaliste commence à devenir véritablement cocasse… !

Prenant congé, je retourne au bercail pour me rendre compte que la situation s’est aggravée. La circulation sur le  boulevard de Sainte-Marguerite étant coupée pour laisser le passage aux officiels qui se rendent à l’hôpital Paoli-Calmettes, les automobilistes sont nombreux à être pris au piège de rues en sens unique… Prenant leur mal en patience, ils abandonnent même leurs voitures au milieu de la chaussée pour aller voir passer le cortège. On se croirait sur la route du tour de France !

Autant prendre un verre à la terrasse d’un café qui donne sur le boulevard, histoire de ne pas rater une miette de ce qui pourrait se passer... Bientôt, un gros hélico de l’armée de l’air passe au dessus de nos têtes avant d’aller se poser à quelques centaines de mètres de là sur un terrain militaire. Quelques minutes plus tard, des sirènes annoncent le passage d’un cortège précédé par des motards de la police dans lequel se trouve une limousine affublée de drapeaux Français…

Un spectateur crie : « Tiens, voilà les poubelles… ! », un commentaire qui semble très apprécié de l’entourage… Pour être honnête, il est vrai que la mairie aurait du  avoir la bonne idée de proposer au Président de faire un petit détour par les rues adjacentes où les immondices s’amoncellent à cause d’une énième grève…

Un peu plus tard, alors que de nombreux spectateurs malgré-eux, (des « otages » ?) se sont résolus à déjeuner sur place, critiques et quolibets vont bon train, le thème général étant : « Combien cette mascarade va encore nous coûter… ? ».

Parmi l’avalanche habituelle de promesses, Nicolas Sarkozy a proposé de créer une « journée nationale de l’activité physique »…  Une journée qui pourrait se jumeler intelligemment avec la « journée de la salope » qui est organisée tous les 8 mars… ! (http://jojomigrateur.over-blog.com/article-28948107.html)

Tag(s) : #Marseille