Les tortues marines sont des animaux menacés d’extinction qui figurent sur les registres de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction).

Les lois et leur application étant deux choses différentes, surtout dans des pays en voie de développement, il n’est pas étonnant de constater que dans certains pays on continue à faire le commerce de carapaces et même, que l’on consomme de la tortue. Il y a peu de temps encore, à Bali du côté de la presqu’île de Benoa, à deux pas d’un certain « Club Med » et d’hôtels de luxe, des restaurants servaient encore des steaks de tortues abattues dans la plus parfaite illégalité dans de drôles d’élevages...

boudeuse285blogLoin de la cohue des touristes, certaines « chasses » ancestrales qui peuvent paraître « barbares » perdurent et seront difficiles à éradiquer car elles font partie intégrale de l’alimentation de certaines ethnies. C’est ainsi que du côté des Moluques, j’étais tombé sur des « bouffeurs » de « Flipper le dauphin », une pratique indispensable à leur survie mais que beaucoup assimilent quasiment à du cannibalisme ….

boudeuse288blogLe long des côtes de Bornéo, très loin du plus proche poste de police, les pêcheurs, malgré l’interdiction formelle, continuent de capturer des tortues pour leur consommation personnelle mais aussi pour un commerce avec des chinois qui prêtent à ces animaux d’importantes vertus médicinales. Au début des années 1990, même si cela dissimulait vraisemblablement du dopage, c’est à une « décoction de soupe de tortue » que le docteur Ma Junren attribuait les performances extraordinaires de ses coureuses de demi-fond qui avaient pulvérisé plusieurs records du monde

Dans un article précédent publié sur le blog : (http://jojomigrateur.over-blog.com/article-21578391.html), j’avais expliqué que les relations entre les populations locales, les colons indonésiens et les chinois qui s’implantent un peu partout sur les rives du détroit de Makassar sont loin d’être toujours au beau fixe, ce qui donne parfois lieu à des débordements d’une violence qui n’a pas encore atteint nos banlieues les plus « populaires »… !

Les photos qui illustrent ce billet proviennent d’un petit village de pêcheurs du côté de Balikpapan où des Bajau que l’on qualifie souvent de « gitans de la mer » parce qu’ils vivent sur leurs « bateaux-maisons », viennent vendre le produit de leur pêche, (du poisson et des crevettes). Ce jour là, ils ramenaient à terre une très belle tortue Luth qui devait se monnayer assez cher et qu’il aurait été bien difficile de leur demander de libérer.

boudeuse421blogL’acheteur qui était là n’avait pas l’air ravi de voir des étrangers inconnus mettre leur nez dans son petit trafic, d’autant plus que j’avais demandé en Indonésien si ils savaient que la chasse à la tortue marine est interdite en Indonésie. Dans ses yeux où brillait la cupidité, j’avais saisi qu’en insistant, le risque était grand de ramasser un coup de machette en travers de la gueule...

Une « mode » qui réapparait de manière sporadique à Bornéo, certains épisodes d’Amok ayant été particulièrement sanglants il y a encore quelques années à peine…

Tag(s) : #Bornéo