« Grâce » à la politique menée par le « vénérable » Président Sarkozy, il est fort peu probable de ne pas avoir entendu parler de « Roms » ces derniers temps, à moins de vivre loin de la civilisation ou au fond d’une jungle impénétrable. Il est d’ailleurs tout à fait possible que les mineurs chiliens qui sont bloqués depuis plus d’un mois à plus de 700m sous terre aient eu vent de cette peu reluisante histoire qui ternit l’image de la France dans le monde entier grâce au téléviseur dont ils sont désormais équipés pour les aider à patienter dans l’attente de leur libération…

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au moment ou la politique gouvernementale est malmenée sur tous les fronts, ou les scandales succèdent aux scandales, ces « dangereux » « Roms » tombent à pic pour tenter de redonner un zeste de crédibilité, si c’est encore possible au Roi du « Bling Bling »… Ou plutôt un roitelet qui en enchaînant bourdes et maladresses s’éloigne chaque jour davantage des Français… Quoi que ses « adeptes » béats et sa clique de lèches-culs à l’haleine pestilentielle en disent… !

tziganes01blogLes mots « Roumanie », « Tziganes », « Timisoara » qui reviennent souvent dans les médias m'ont fait me souvenir qu’en 1990, quelques semaines seulement après la révolution roumaine qui a débarrassé le pays du dictateur Ceausescu, j’étais passé par là dans le cadre d’un mission humanitaire qui regagnait Iasi, capitale de l’ancienne province Moldave

Le convoi d’une quarantaine de fourgons, de poids-lourds et de deux véhicules de tourisme avait eu bien du mal à traverser l’Italie puis l’ex-Yougoslavie sous une pluie battante. L’entrée en Roumanie, malgré, ou à cause d’autorisations officielles, avait été assez épique… Les douaniers serbes avaient décidé de fouiller certains camions quasiment en surcharge et la situation s’éternisait. Pendant ce temps, la police ayant observé que certains d’entre-nous faisaient allègrement des photos du poste-frontière et des miradors environnants était venue mettre son grain de sel, cherchant à confisquer les films contenus par les appareils photos de quelques balourds qui s’étaient improvisés photographes… Avec la discrétion d’un éléphant dans une vitrine de porcelaine….

Enfin, nous avions pu entrer en Roumanie où nous avions découvert des files interminables de Renault 12 qui étaient en panne d’essence. C’est sous des applaudissements, une ambiance étrange, que nous avions traversé des villages avant d’arriver à Timisoara, une ville rendue subitement « célèbre » par une sombre histoire de charnier qui s’avéra quelque temps plus tard être largement exagérée. Nous n’étions pas encore au courant de l’ampleur de la manipulation et c’est avec une certaine émotion que nous avions traversé des quartiers ou tout semblait à l’abandon. Continuant notre route à l’allure d’une tortue fatiguée, nous avions fini par échouer dans une sorte de relais routier qui semblait n’avoir plus servi de repas depuis longtemps. Nous y avions trouvé un hébergement pour la nuit dans une sorte d’hôtel « cage à poules » où les chambres étaient des dortoirs sans fenêtres reliés entre eux par des couloirs mal éclairés et particulièrement étroits…

romsblog.jpgTrès tôt le matin, les « chefs » de la mission qui n’étaient autre que des bidasses en folie échappés de leur caserne étaient venus réveiller tout le monde. Dans une grande salle « réfectoire » située au rez de chaussée, les plus matinaux préparaient un copieux petit déjeuner composé à partir de victuailles prises dans un de nos camions. A l’extérieur, il avait l’air de faire froid et à travers des vitres embuées, j'ai vu que des yeux nous observaient avec insistance…

En allant voir ce qu’il se passait à l’extérieur, je me suis aperçu que pendant la nuit, le coin désert où nous nous étions arrêtés avait été envahi par un groupe de tziganes sans doute attirés par tous ces fourgons. Il y avait beaucoup de personnes âgées et des inévitables femmes avec des enfants en bas âge. Tout ce monde agglutiné entre les camions n’était absolument pas menaçant mais j’ai senti qu’il n’aurait pas fallu grand-chose pour que les événements dégénèrent…

C’est alors que le Pasteur-Colonel, (à moins que ce ne soit l’inverse) qui dirigeait la mission décida de procéder à une distribution improvisée de nourriture et de vêtements, une initiative peu judicieuse … Disposant des tréteaux à l’arrière d’un fourgon, il avait imaginé avec sa logique toute militaire que l’opération se déroulerait dans le calme… Erreur funeste ! A peine la porte arrière du fourgon fût-elle ouverte que tout dégénéra comme je l’avais prévu. La bousculade se transforma en quelques secondes en une pitoyable bataille rangée entre des femmes et des vieillards qui visiblement ne devaient pas manger tous les jours à leur faim…

Après cet incident, nous avions continué notre route vers Iasi où nous avons passé une quinzaine de jours avant de continuer notre route vers Bucarest où les stigmates de la guerre civile étaient encore bien visibles. Un périple que je vous raconterai en photos un de ces jours, si je réussis à remettre mon scanner de diapos en route !

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