présentation

  

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine... Avis aux amateurs!

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Bienvenue...

Ce n'est pas très original, voilà un nouveau blog de journaliste sur la blogosphère. A travers ces articles et mes photographies, vous découvrirez quelques facettes de mes activités et ma vision du monde, que ce soit à l'autre bout de la planète ou au coin de la rue... Bonne Lecture !

Lundi 2 juin 2008

Le Gunung Kinabalu est le point culminant de l’île de Bornéo. Situé dans la province Malaisienne du Sabah, près de Kota Kinabalu, il domine la jungle environnante du haut de ses 4101m d’altitude. Les Malais ont su en faire un magnifique parc national qui accueille des touristes venus de tous pays.  Le Jojomigrateur l’a gravi à plusieurs reprises et vous livre quelques souvenirs, pêle-mêle…

Le voyageur qui arrive de Kalimantan, (la partie Indonésienne de l’île) est très surpris de constater  la différence flagrante de développement économique. Les routes sont belles, il y a des hôtels destinés aux touristes un peu partout et tout semble plus moderne, plus conforme au modèle anglo-saxon. Les années de présence des Anglais sont encore sensibles et il est assez facile de trouver des interlocuteurs capables de manier correctement la langue de « chat qui expire ».

Le tourisme est en pleine expansion, plusieurs zones deviennent des parcs nationaux mais tout cela n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois. La Malaisie se livre depuis plusieurs décennies à un véritable massacre de sa forêt et les bois précieux sont remplacés par des palmiers dont l’huile sera transformée en biocarburants. Les Penans, les orangs utan et toute la faune voient se réduire inexorablement les terres indispensables à leur survie. Randonner dans un parc, c’est un peu visiter l’appartement témoin que présente fier de lui un promoteur immobilier qui a fait exproprier la quasi-totalité des premiers habitants du coin.

Après ce coup de projecteur salutaire sur la réalité, place à la balade sur les pentes du Kinabalu

Pour le « tout triste » moyen, l’ascension du Kinabalu commence par une baignade dans les eaux du « Tunku Abdul Rahman Park ». L’endroit est idyllique et l’on se régale à y faire du « snorkeling » dans des eaux peu profondes. J’ai toujours trouvé très amusant de me promener au milieu des baigneurs et de leur raconter qu’il y a dans les parages des méduses tueuses, que des requins rodent sournoisement  et qu’il arrive même parfois que des crocodiles marins barbotent à quelques mètres de la côte dans le pédiluve à marmots. Tout est vrai et d’ailleurs, quelques plages sont protégées par des filets destinés à empêcher un squale inopportun de venir grignoter un bambin… A quelques brasses de Pulau Mamutik, (l’île de Mamutik) s’étend celle de Gaya qui est fortement « déconseillée » par les guides touristiques car elle est peuplée de réfugiés Philippins et de Bajaus, ces nomades souvent qualifiés de « gitans de la mer ».  Ces « importuns » sont considérés comme des menaces pour les amateurs de bronzette qui dissimulent des bourses bien remplies sous leurs T-shirts et costumes de bains aux couleurs bariolées… Comme partout en ce bas monde, la mobilité effraie les sédentaires mais en allant à la rencontre des Bajaus, on s’aperçoit très vite qu’il ne s’agit que d’une idée reçue. Ces gens sont accueillants et ont une vraie culture liée à la mer.  Ils disparaissent lentement dans l’indifférence générale car ils ne sont pas générateurs de devises…

 

Sur ces considérations, nous voilà partis pour le parc du Kinabalu à 90km de là. En moins d’une heure et demi, nous arrivons au bureau du parc dans lequel nous avons loué un véritable chalet alpin. Rien ne pourrait laisser supposer que nous sommes à 6° au dessus de l’équateur. Un violent orage vient de tomber et il fait frais. Les cheminées du village dégagent des panaches de fumée qui dégagent l’odeur caractéristique du bois qui se consume. Les crêtes disparaissent dans les nuages et des roulements de tonnerre se font entendre dans le lointain. Il ne doit pas faire bon être égaré en haute montagne dans de telles conditions ! Des randonneurs préparent leur « expédition », comme s’il s’agissait de gravir l’Everest. Ils viennent le plus souvent en groupes, encadrés par le guide d’un tour-opérateur qui est aidé pour la circonstance par un des guides du parc.

J’ai eu l’occasion d’y venir en duo, puis j’y suis revenu en encadrant un groupe d’aventuriers du dimanche très soucieux de leur calendrier qu’il était impensable de bouleverser. Il n’était pas question pour eux de prendre le temps d’emprunter d’autres itinéraires qui permettent de découvrir une forêt luxuriante ou de rejoindre des sources d’eaux chaudes. C’est aussi sur ce chemin pourtant bien tracé que j’avais marché sur un morceau de bois noir qui avait roulé sous mon pied. Je m’étais vautré lamentablement sur les fesses avant de comprendre que ce qui avait roulé sous ma chaussure n’était autre qu’un serpent noir très vivace et agressif. Il s’était dressé et il était venu vers moi en sifflant avant de se raviser et de disparaitre entre des pierres. Le reptile était parait-il particulièrement venimeux… Comme d’habitude !

La montée vers le refuge de Panar laban et le sommet démarre au « Timpohon gate » (1824m), le terminus de la route carrossable.qui grimpe depuis les « Headquaters » du parc (1485m). Les dieux ont décidé qu’à partir d’ici le plat n’existerait plus et ils ont tenu parole… Le sentier grimpe tout droit dans la forêt dont le sol est souvent boueux et glissant. Certains passages qui pourraient devenir scabreux sous de violents orages sont équipés d’échelles de bois très « casse-gueules », même si elles sont parfois agrémentées de mains-courantes ou de rambardes. Tout au long de la montée, la végétation évolue sans cesse… On passe d’une jungle typiquement équatoriale à une forêt d’épineux que des mousses viennent recouvrir. Des plantes carnivores qui à Bornéo poussent exclusivement à cette altitude sont visibles un peu partout, ainsi qu’une vingtaine de sortes de rhododendrons. Si l’ascension ne présente aucune difficulté technique, elle demande une bonne condition physique. Nous sommes bien entrainés et à mesure que l’altitude s’élève, nous doublons de plus en plus de marcheurs exténués qui ressemblent de plus en plus à des épaves ruisselantes de transpiration. Alors que le temps à l’air de se gâter, nous voyons arriver des porteurs qui montent en courant, chargés de grosses bouteilles de gaz qu’ils portent sur une épaule comme un simple paquet encombrant mais léger. Une certaine incompréhension se lit sur les visages des épuisés qui ont l’air d’avoir du mal à reprendre leur souffle… « Jam tiga adah hujan »… La pluie est attendue pour trois heures et c’est bien dommage pour les trainards qui arriveront au refuge dans la soirée, trempés et transis de froid…

Partis à six heures du matin, nous avons rejoint le petit refuge « Gunting Lagadan Hut » (3351m) avant midi en nous étant néanmoins arrêtés plus de deux heures pour faire des photos. Nous avons bien fait de presser le pas car une pluie fine et glaciale s’est mise à tomber dès 14h et la température est descendue jusqu’à 5°C. La nuit sera fraiche !

Dans la soirée, nous descendons à Panar Laban pour diner au restaurant du refuge qui sert d’excellents « fish and chips » ! Soixante dix ados Finlandais participent à un briefing organisé par les guides malais qui les accompagneront jusqu’au sommet dans la nuit… Damned ! Il faut impérativement que nous partions avant eux cette nuit car on peut s’attendre à un bouchon sur les échelles et les mains-courantes. Dans le réfectoire, plusieurs personnes semblent souffrir de l’altitude et un Coréen assis à la table voisine de la notre nous inquiète car son visage a pris un teint cadavérique… Quelques secondes plus tard, il s’évanouit sans que cela ait l’air de trop inquiéter ses amis…  Un toubib, à moins que ce ne soit un karatéka tente de le ranimer à grands coups de « manchettes » aux vertus qui me semblaient plutôt soporifiques…Et voilà que le « médecin » s’approche de notre table et nous gratifie d’une courbette… Il parle très mal l’anglais mais il mime très bien l’aiguille à coudre… Cà tombe bien,  Babeth a un petit nécessaire de couture qu’elle part chercher en courant dans le dortoir… Et voilà que notre gourou plante d’un geste sur l’aiguille dans la paume d’une main de l’évanoui qui retrouve instantanément ses esprits en émettant un rôt tonitruant… Le Coréen est efficace !

 

Dès trois heures du matin, nous filons au pas de course, d’autant plus que les Finlandais ont l’air d’être prêts à partir… L’itinéraire est on ne peut plus simple à trouver… Il suffit de suivre un fil d’Ariane, une grosse corde qui permet de retrouver le seul passage dans les falaises, même en plein brouillard. Au-delà de 3500m d’altitude, la végétation ne se limite plus qu’à quelques arbustes rabougris accrochés dans le vent glacial qui balaie sans cesse le plateau sommital. A 3800m, nous laissons la cabane de Syat-Syat qui peut servir d’abri en cas de tempête. Il n’y a bientôt plus un brin d’herbe et nous continuons sur des dalles de granit gris qui ne sont plus très raides. A 4000m, après être passés près du « bassin du sacrifice », il ne nous reste plus qu’à gravir un empilement de gros blocs qui conduisent au sommet de Bornéo. Moins de deux heures après notre départ de Panar laban, nous sommes assis en plein vent au-dessus de Low’s Gully, ce ravin impressionnant qui est profond de plus de mille mètres. Cette nuit là, nous sommes les premiers à atteindre le sommet balayé par le vent. Il ne nous reste plus qu’à attendre les premières lueurs de l’aube, blottis dans les sursacs que nous avons pris soin d’emporter en plus de nos vestes en fourrure polaire. A cette altitude, une fine pellicule de glace s’est formée à la surface de la moindre flaque d’eau, ce qui donne une idée de la température ambiante.

Près d’une heure plus tard, nous voyons arriver  les premiers éléments d’une colonne d’éclopés qui cherchent leur souffle. « L’évanoui » de la veille est là et il a même l’air plutôt en forme… Et voilà que les Coréens sortent d’un sac un drapeau de leur pays et qu’ils se mettent à entonner leur « Marseillaise » à tue-tête ! Alors que le jour se lève, la tribu Finlandaise arrive enfin. Les guides comptent et recomptent fébrilement leurs ouailles… Apparemment ils en ont perdu en route, ce qui n’est pas très professionnel… ! Alors qu’il n’est pas encore huit heures du matin, tout ce petit monde repart précipitamment vers le refuge comme une volée de moineaux. Pour eux, le temps presse car leur planning est serré. Après un repas à Panar Laban, ils redescendront dans la vallée où ils arriveront dans la soirée, les orteils couverts d’ampoules qui pourraient illuminer des stades de football !

Et voilà que nous nous retrouvons seuls, personne d’autre n’étant resté au sommet avec nous…. Il est vrai que nous avons prévu de passer plusieurs jours en montagne et que nous avons pris le parti de flâner sur les cimes, de prendre le temps de profiter de l’instant présent et de faire des photos. Nous redescendons au refuge à la tombée de la nuit et nous sommes surpris de constater qu’il est quasiment désert. La déferlante de touristes est passée et nous apprenons qu’il y a peu de réservations pour les jours à venir… C’est un peu comme si nous étions tombés pile le jour de « croisement » des juillettistes et des aoutiens dans la vallée du Rhône… Un couple d’allemands sympas a eu la même idée que nous et nous passons quelques jours ensemble avant de reprendre nos routes respectives.


Quelques jours plus tard, nous voilà de retour à Kota Kinabalu. Nous avons atterri dans une espèce d’hôtel de luxe qui ressemble à un château fort. Tout y est… Des tours, des créneaux mais tout est en toc…  Dans la soirée, nous voilà installés avec nos verres de bière dans deux fauteuils du karaoké de l’hôtel… Une Chinoise chante en Chinois un truc exotique mais bientôt elle chante en Anglais un vieux standard Américain… Et voilà que la chanson qu’elle entonne est dédiée au Monsieur de la table n°12 et que le Monsieur de la table n°12 c’est moi… ! Les applaudissements fusent et tous les regards sont braqués dans notre direction… Un serveur m’apporte une pile de bouquins qui sont en fait un inventaire des titres en stock dans leur machine… Une chanson m’ayant été dédicacée, la politesse voudrait que je remercie la demoiselle en chansons… Mais si je chante, il va pleuvoir et peut-être même neiger… je me suis exprimé en Malais mais je ne suis pas sur que le barman apprécie mon humour…


D’ailleurs, il a surtout l’air très étonné que je lui réponde dans sa langue alors qu’il s’est adressé à moi en Anglais. Pour nous en débarrasser, je commande deux bières de plus et quelques minutes plus tard, le voilà de retour avec son plateau. Avec un sourire de merlan frit, il me tend une carte que dans un premier temps je prends pour la carte de visite du karaoké… Avant de me rendre compte qu’il s’agit de celle de la jeune Chinoise qui me propose tout simplement de la rejoindre dans sa chambre un peu plus tard… C’est ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées…

 

A moins que ce ne soit une « tepu » comme on dit en langage « djeun’s »… !

 

Babeth a flairé l’embrouille…

 

-« C’est quoi ce carton ? »…

-« Regardes… !»

-« Quoi ? Faire çà alors qu’elle voit bien que tu n’es pas seul ? »… « Cette salope ne manque pas de culot… ! »… « Je vais aller lui dire deux mots… ! »

 

-« Peut-être qu’elle veut faire çà à trois… ! »

 

Ma tentative de dédramatiser l’affaire fait un lamentable « flop » et nous quittons les lieux après avoir réglé l’addition. Demain, nous prendrons l’avion pour Kuala Lumpur… Mais c’est une autre histoire…

par Jojomigrateur publié dans : Bornéo
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Samedi 10 novembre 2007
Bornéo, été 2007. Nous avons suivi une équipe de chasseurs de nids d’hirondelles de Pengadan qui nous ont proposé de nous montrer les dernières grottes dans lesquelles ils travaillent. En véritables pillards, ils raflent en quelques mois tout ce qui peut l’être, mettant en péril la reproduction des salanganes qui délaissent les lieux et trouvent refuge ailleurs, toujours plus loin dans la jungle.
 
Si ce ne sont pas à proprement parler des spéléologues, ils font preuve d’une audace incroyable, n’hésitant pas à s’aventurer très loin sous terre. Ils sont capables de descendre des puits imposants à l’aide d’échelles en bambous et les seuls obstacles qui les arrêtent vraiment sont les rivières souterraines car ce sont de piètres nageurs et qu’ils ne sont pas équipés pour affronter de telles difficultés. C’est ainsi que nous les avons suivi jusqu’à leur campement installé dans le porche d’une caverne ouverte en pleine paroi. A partir de ce bivouac confortable qui offre une vue imprenable sur la jungle, nous avons entrepris l’exploration systématique de cet incroyable gruyère et les découvertes se sont enchaînées.
tarzoonblog.jpg Ce jour là, nous sommes entrés sous terre par un petit trou moussu niché en pied de falaise. Sur le chemin, nous avons aperçu une forme noire qui s’est enfuie dans la forêt. Comme Bornéo n’est pas réputé pour son yéti et qu’il y a peu de chances qu’il s’agisse d’un curé en soutane, nous pouvons penser raisonnablement qu’il s’agissait d’un gibbon de belle taille. Après avoir parcouru quelques dizaines de mètres dans une petite galerie, nous avons eu la surprise de déboucher dans un grand canyon dont les voutes sont parfois percées par des gouffres qui laissent passer des rayons de lumière venus de l’extérieur. Enfin, nous avons découvert un passage qui semblait s’enfoncer dans le massif mais quelques centaines de mètres plus loin nous avons abouti dans un grand porche qui domine la jungle environnante.
 
« Prends le point GPS ! » a dit Bernard. C’est vite dit, mais l’opération est encore loin d’être instantanée. L’appareil cherche les satellites, ce qui sous cette latitude prend souvent un certain temps. En attendant, Filou, le singe de l’équipe se balance, accroché à une liane qui pend dans le grand surplomb qui nous domine… Au bout d’un quart d’heure, l’appareil livre enfin ses mesures et après avoir bu un coup, nous repartons dans la grotte où nous avons délaissé certaines possibilités de continuation. Cette fois-ci, nous tombons dans un véritable cloaque et nous pataugeons dans de la boue liquide qui s’insinue partout. Un violent courant d’air nous intrigue et comme cela était prévisible, nous finissons par déboucher une fois encore à l’air libre après avoir été percutés par de nombreuses chauves-souris affolées.
 
gpsblog.jpgBernard en remets une couche : « Penses au point GPS ! » « Bien chef, oui Chef… » J’aime pas les chefs ! Surprise… Ce coup-ci, allez savoir pourquoi? Il ne me faut que quelques secondes pour obtenir un point avec une excellente précision… Bernard râle ! « Tu me donnes le même que tout à l’heure ! » Deuxième mesure, identique à la précédente. Il y a peut-être un bug… Encore un coup des « amerloques » ? En tous cas,  il est temps de retourner au camp si on veut être rentrés avant la nuit.
 
Quelques jours plus tard, le relevé topographique éclaircira le mystère du GPS en folie… L’autre galerie que nous avons explorée faisait une boucle et la deuxième sortie était « pile » à l’aplomb de la première… Les américains n’y étaient donc pour rien et les coordonnées en latitude et longitude étaient bel et bien les mêmes ! Si notre Tarzan en herbe avait osé grimper jusqu’au sommet de sa liane, Il aurait pris pied 20m plus haut dans cet autre porche qui était invisible depuis le bas…
 
Il se murmure même que depuis, il serait parti en stage intensif au pavillon des singes d’un grand zoo et que la prochaine fois, il sera un véritable «Tarzoon » !
par Jojomigrateur publié dans : Bornéo
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Vendredi 19 octobre 2007

En 1988, j’ai traversé Bornéo d’ouest en Est, de Pontianak à Samarinda en reprenant l’itinéraire emprunté en 1897 en quinze mois par l’explorateur Hollandais A.W.Nieuwenhuis et 110 porteurs dont plusieurs ont trouvé la mort au cours de l’expédition. Il y a seulement vingt ans, il était encore très rare que des étrangers s’enfoncent si loin au cœur de Bornéo et notre équipe a eu le mérite de montrer qu’il était possible d’emprunter un tel parcours en technique ultralégère.

Après avoir remonté le fleuve Kapuas sur près de mille kilomètres à bord de bateaux locaux, nous avions poursuivi en pirogues jusqu’à Nangabungan au pied des monts Muller qui doivent leur nom à un explorateur qui avait été « raccourci » par les Dayaks en 1825 lors d’une mémorable « chasse aux têtes », une vieille coutume que l’on croyait abandonnée et que les descendants de ces Dayaks ont remis au gout du jour en 1999. Le photographe Australien Philip Blenkinsop a ramené les images effroyables de colons Madurais littéralement découpés en morceaux dont certains auraient même été dévorés dans un (ultime…?) sursaut de cannibalisme.
 
longearblog.jpgLors de la traversée de ces montagnes isolées en pleine jungle, nous avions eu la surprise de découvrir à Gua Kao les premiers dessins pariétaux de la partie indonésienne de Bornéo. Sans le savoir, cette découverte allait être à l’origine de beaucoup d’autres quelques années plus tard. Après avoir franchi les Monts Muller qui étaient encore couverts d’une forêt dense, nous avions plongé vers la Haute-Mahakam en plein territoire Dayak. Nous étions en amont des gros rapides, loin de toute piste carrossable et les gens continuaient à vivre comme ils l’avaient toujours fait, même si quelques pasteurs protestants tentaient de les évangéliser… J’ai toujours pensé que ces religieux étaient des « parasites » et il m’est arrivé parfois de me dire que leurs têtes auraient été des trophées de choix !
 
Nous avions continué en radeaux en bambous puis à bord de rafts acheminés jusqu’à Datadawai par un petit Cessna 185 que nous avions loué. Nous étions au pays des « longues oreilles » et dans une « longue-maison » traditionnelle, nous avions rencontré une des plus vieilles femmes Dayaks encore en vie… A 90 ans, c’était vraisemblablement l’une des dernières à porter encore ces lourds anneaux métalliques qui avaient allongé ses lobes d’oreilles. Avec son décès c’est l’un des derniers témoins d’une époque qui a disparu. Notre expédition avait été un succès mais s’était terminée par un drame après notre départ de Samarinda. Paludisme, Dengue et leptospirose, un cocktail détonant auquel j’avais échappé mais qui avait été la cause de quatre rapatriements sanitaires et la mort de notre ami Guillaume. Triste histoire…
 
oldmanblog.jpgDepuis cette époque, je retourne souvent à Bornéo et j’assiste avec une certaine tristesse à la destruction désormais quasi-inéluctable de ce qui fût une des jungles les plus étendues de la planète. La surexploitation des bois précieux et du charbon de bois, les grands incendies de forêts et les plantations de palmiers à huile auront raison d’un écosystème qui vit sans doute ses dernières années.
 
En août 2007, près de Samarinda, je suis allé à « Pam Pam », un de ces villages Dayaks « christianisés » qui deviennent des espèces de « zoos » pour les rares touristes de passage. J’y ai retrouvé la même ambiance morose qui se dégageait de campements « Indiens » que j’avais visité en Amérique il y a quelques années. Devant la « longue maison » traditionnelle préservée par le gouvernement Indonésien, un vieux Dayak, (plus de 80 ans), posait en tenue d’apparat contre quelques roupies, un moyen comme un autre de survivre. Ce jour là, il pleuvait, le « kampung » était quasiment désert et des enfants sont partis en courant pour chercher le vieil homme qui est arrivé quelques minutes plus tard. Il avait froid et il a répété comme un métronome les gestes que les « tous tristes » ont du lui demander tant de fois. Il comprenait l’Indonésien et j’ai échangé quelques mots avec lui. En croisant son regard, j’ai cherché à déceler une émotion, à comprendre ce qu’il pouvait bien penser de cette mascarade…
 
Je n’ai ressenti que l’impression d’un grand vide. Malgré ses plumes de grand chef Indien, le vieil homme ne devait déjà plus être là….Son esprit devait déjà avoir rejoint le dernier des Mohicans au royaume des ancêtres et des ethnies disparues.
par Jojomigrateur publié dans : Bornéo
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Dimanche 7 octobre 2007

Le web est un extraordinaire moyen de communication qui accélère la circulation et la diffusion des informations mais qui permets également à n’importe qui de raconter n’importe quoi. Des « as » de la poudre aux yeux et du ramdam médiatique s’en servent allègrement à des fins purement mercantiles et c’est ainsi que de véritables âneries peuvent faire le tour de la planète avant que quelqu’un ne réagisse…

« Monster cockroaches found… », « Giant Cockroach among jungle find », « Découverte à Bornéo du plus gros cafard du monde », « Un cafard géant découvert à Bornéo »… Ce matin de 2005, les dépêches d’agences se sont répandues comme un trainée de poudre et pas que sur le web… Et voilà que d’un simple « clic », je suis tombé sur la photo d’une bestiole que j’ai reconnu immédiatement pour l’avoir photographiée dès 1982… En cherchant davantage d’informations, je me suis rapidement aperçu que les américains de « The Nature Conservancy » s’étaient contentés de faire de l’écotourisme, mon rapport d’expédition entre les mains, alors qu’il reste tant de choses à découvrir sur cette partie de Bornéo.
blatteblog.jpg En lisant les articles publiés par cette ONG, j’ai eu la surprise de lire que ces grands aventuriers incapables de mettre un pied devant l’autre s’étaient contentés de marcher sur mes traces et de prélever des cavernicoles dans les grottes les plus accessibles au départ de Pengadan. J’ai appris un peu plus tard que ces explorateurs n’avaient pas rajouté un mètre de plus aux topographies que j’avais fourni gracieusement au biologiste Vénézuélien Léo Salas qui m’avait contacté quelque temps plus tôt.
 
Je n’ai aucune compétence particulière en matière de cavernicoles, mais je me suis souvenu qu’à l’époque, nous avions prélevé tout ce qui était « gros » et que nous avions ramené un colis au muséum d’histoire naturelle de Paris… Après quelques recherches, Louis Deharveng, un scientifique Français qui a fait partie de la mission de l’ONG américaine a effectivement retrouvé le « monstre » dans un carton qui n’avait toujours pas été ouvert depuis tant d’années... ! C’est à se demander pourquoi ils avaient tant insisté pour qu’on prélève des bestioles..., mais bon… ! Toujours est-il qu’à y regarder de plus près, « The Nature Conservancy » n’a pas fait de découvertes faramineuses mais elle a le talent d’enjoliver les choses pour solliciter les dons de généreux donateurs…
 
Au cours de l’été 2007, j’ai eu l’occasion de retourner sur place avec un groupe de spéléologues Franco-Indonésiens. Une fois encore, nous avons multiplié les kilomètres de première, mettant l’accent sur l’inefficacité de la grosse équipe internationale en matière d’exploration pure. La « Miroblatta baai », c’est ainsi que les américains l’ont appelée, continue à grouiller dans les grottes des alentours de la sungai baai, y compris dans celles que nous venons de découvrir récemment. La bio-spéléologue Josiane Lips a d’ailleurs ramené une quantité incroyable de cavernicoles et peut-être des espèces nouvelles qui seront étudiées en France par des spécialistes.
 
Loin de toute querelle de scientifiques, que peut-on dire de ce cafard dopé à la testostérone ? Qu’il est aussi sympa que celui qui grouille dans le film « La momie » réalisé par Stephen Sommers… ? Qu’il aurait sa place dans « Fort-Boyard »… ? Qu’il est plein de vitamines et ferait le régal des hurluberlus de « Koh Lanta »… ?
 
Après les archéologues, voilà que les biologistes ont marché sur mes talons. Je commence même à me dire que je dois fleurer particulièrement bon et qu’il va falloir que je dépose un brevet pour cette fragance inimitable…Malheureusement, cette « filature » n’a pas porté chance au couple américain qui est allé à Merabu au printemps dernier dans le but d’aller « visiter » les dernières grottes ornées… Le véhicule qui transportait Amanda King et Nathaniel Gerhart s’est retourné sur la piste boueuse quelque part du côté de Merapun et le New Yorkais est mort sur le coup…
 
Je vais finir par me demander si je ne suis pas un chat noir… !

Les intéressés peuvent retrouver toutes ces bestioles à l'adresse :
http://pagesperso-orange.fr/salangane/speleo.html
par Jojomigrateur publié dans : Bornéo
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Vendredi 5 octobre 2007
Après l’histoire dramatique que je viens de vous raconter, place à un sujet beaucoup plus léger…
 
En 1982, j’ai fait partie de la première expédition de reconnaissance spéléologique sur la partie indonésienne de l’île de Bornéo. A l’époque, il n’y avait aucune carte digne de ce nom et l’aventure commençait dès la descente de l’avion à l’aéroport de Balikpapan. Il n’y avait quasiment pas de routes goudronnées et les rares pistes étaient très rapidement impraticables. La « civilisation » s’arrêtait à Samarinda où il n’y avait pas encore de pont qui permette de traverser la Mahakam. La suite relevait du système D… Bateaux côtiers, « taxis-boats », pirogues sur les rivières, 4x4 et camions sur les pistes défoncées et surtout… des dizaines de kilomètres « pédibus jambus » ! Il n’y avait aucune carte précise et nous étions partis plusieurs mois en pure spéculation mais convaincus qu’il y avait autant de grottes à découvrir que sur la partie Malaisienne de Bornéo  

visageblog02.jpgChaque nouvelle expédition a profité des résultats de la précédente et ces dernières années d’un développement économique exponentiel et totalement anarchique qui génère une véritable catastrophe écologique. Malgré leur importance, les premières explorations ont été assez peu médiatisées, jusqu’à « l’invention » des premières grottes ornées qui ont été faites par Luc Henri Fage et Jean Michel Chazine qui marchaient sur mes traces avec la vision archéologique que je n’avais pas. Leur travail a été tout à fait remarquable et ils ont mis en évidence que l’art rupestre était l’une des spécificités de cette région de Bornéo qui été occupée par l’homme il y a déjà plusieurs milliers d’années.
 
Les chasseurs de nids d’hirondelles ont joué un grand rôle dans ces découvertes. Ces coureurs de jungles qui sont de véritables kamikazes connaissaient de nombreuses grottes mais ils avaient peur que ces étrangers qui revenaient de plus en plus souvent soient des espions chargés par le gouvernement indonésien de localiser les lieux de collectes de ces nids blancs qui valent de véritables fortunes. Luc Henri a été le premier à se rendre compte que certains vieux avaient déjà vu des mains en négatif et des dessins dans certaines grottes et qu’il semblait y en avoir beaucoup.

grafsexblog.jpg

Il aura fallu beaucoup de temps et de palabres pour que ces véritables spéléologues qui s’ignorent comprennent enfin que leurs secrets n’avaient rien à craindre et qu’ils acceptent de collaborer aux recherches.
 
Effectivement, il y en avait à profusion et il est plus que probable qu’il y en a encore davantage à découvrir. Toujours est-il que désormais, le message semble être passé dans les villages. Partout où nous passons, les gens sont fiers de venir nous annoncer qu’ils connaissent des grottes et qu’il y a des dessins… qui ne sont souvent que des graffitis contemporains, des cousins des vulgaires « tags » de chez nous ! Après en avoir vu beaucoup, une conclusion s’impose… Si les hommes préhistoriques avaient un véritable sens artistique et considéraient les grottes comme des lieux de culte, leurs lointains descendants, qu’ils sévissent en ville ou au fond des jungles ne sont que des barbouilleurs sans le moindre talent.
 
De la chapelle Sixtine à un barbouillage pornographique il n’y avait qu’un pas qui a été franchi allègrement... C’est sans doute ce que l’on appelle passer sans vergogne de l’art au « cochon » !
par Jojomigrateur publié dans : Bornéo
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