Bornéo

Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 18:22

Les tortues marines sont des animaux menacés d’extinction qui figurent sur les registres de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction).

Les lois et leur application étant deux choses différentes, surtout dans des pays en voie de développement, il n’est pas étonnant de constater que dans certains pays on continue à faire le commerce de carapaces et même, que l’on consomme de la tortue. Il y a peu de temps encore, à Bali du côté de la presqu’île de Benoa, à deux pas d’un certain « Club Med » et d’hôtels de luxe, des restaurants servaient encore des steaks de tortues abattues dans la plus parfaite illégalité dans de drôles d’élevages...

boudeuse285blog Loin de la cohue des touristes, certaines « chasses » ancestrales qui peuvent paraître « barbares » perdurent et seront difficiles à éradiquer car elles font partie intégrale de l’alimentation de certaines ethnies. C’est ainsi que du côté des Moluques, j’étais tombé sur des « bouffeurs » de « Flipper le dauphin », une pratique indispensable à leur survie mais que beaucoup assimilent quasiment à du cannibalisme ….

boudeuse288blog Le long des côtes de Bornéo, très loin du plus proche poste de police, les pêcheurs, malgré l’interdiction formelle, continuent de capturer des tortues pour leur consommation personnelle mais aussi pour un commerce avec des chinois qui prêtent à ces animaux d’importantes vertus médicinales. Au début des années 1990, même si cela dissimulait vraisemblablement du dopage, c’est à une « décoction de soupe de tortue » que le docteur Ma Junren attribuait les performances extraordinaires de ses coureuses de demi-fond qui avaient pulvérisé plusieurs records du monde

Dans un article précédent publié sur le blog : (http://jojomigrateur.over-blog.com/article-21578391.html), j’avais expliqué que les relations entre les populations locales, les colons indonésiens et les chinois qui s’implantent un peu partout sur les rives du détroit de Makassar sont loin d’être toujours au beau fixe, ce qui donne parfois lieu à des débordements d’une violence qui n’a pas encore atteint nos banlieues les plus « populaires »… !

Les photos qui illustrent ce billet proviennent d’un petit village de pêcheurs du côté de Balikpapan où des Bajau que l’on qualifie souvent de « gitans de la mer » parce qu’ils vivent sur leurs « bateaux-maisons », viennent vendre le produit de leur pêche, (du poisson et des crevettes). Ce jour là, ils ramenaient à terre une très belle tortue Luth qui devait se monnayer assez cher et qu’il aurait été bien difficile de leur demander de libérer.

boudeuse421blog L’acheteur qui était là n’avait pas l’air ravi de voir des étrangers inconnus mettre leur nez dans son petit trafic, d’autant plus que j’avais demandé en Indonésien si ils savaient que la chasse à la tortue marine est interdite en Indonésie. Dans ses yeux où brillait la cupidité, j’avais saisi qu’en insistant, le risque était grand de ramasser un coup de machette en travers de la gueule...

Une « mode » qui réapparait de manière sporadique à Bornéo, certains épisodes d’Amok ayant été particulièrement sanglants il y a encore quelques années à peine…

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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 04:27

Il y a quelque temps, j’avais publié sur le blog deux articles dans lesquels je tentais de vous faire percevoir la complexité de ces massifs calcaires de l’Est de Bornéo qui malgré de nombreuses expéditions demeurent largement inexplorés.

Des rivières disparaissent sous terre avant de ressurgir plus loin pendant quelques dizaines, voire quelques centaines de mètres…Puis elles s’engouffrent à nouveau sous des voutes mystérieuses, narguant les spéléologues qui n’ont fait que les entrevoir.

La photo qui illustre cet article montre le genre de surprise qui attend parfois le spéléologue au détour d’une galerie qu’il est en train d’explorer prudemment depuis des heures. Il retrouve la lumière par un porche inconnu niché en pleine falaise ou parfois même au fond d’un gouffre envahi par la végétation.

Des instants magiques que le petit reporter Tintin aurait adoré…

kambingblogbid

http://jojomigrateur.over-blog.com/article-l-image-decryptee-2-41698464.html

http://jojomigrateur.over-blog.com/article-l-image-decryptee--38360945.html

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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 15:18
Il y a quelque temps, j’avais publié sur le blog un article, « l’image décryptée » (http://jojomigrateur.over-blog.com/article-l-image-decryptee--38360945.html), dans lequel j’évoquais la difficulté d’imaginer depuis le ciel la réalité d’une jungle tourmentée et encore plus de deviner ce qui peut se dissimuler sous un relief calcaire… Pour continuer l’illustration de ce propos, je vous propose de retourner sur cette rivière que j’avais remonté jusqu’à sa source en plusieurs journées de pirogues au cours de l’été 1982. L’image prise d’hélico donne l’impression de survoler une petite rivière tranquille alors que la navigation se heurte sans cesse à des troncs d’arbres morts couchés dans le courant. Si les berges semblent faciles, il est très difficile d’y marcher, d’autant plus qu’elles sont envahies d’une végétation très touffue et pleine d’épineux… (Photo ci-dessous). imgdecryptblog1 Le jour de ce survol en hélicoptère, il aura fallu 1h40mn de vol depuis Balikpapan pour rejoindre la résurgence d’Ambolabong, un périple qui en 1982 nous avait demandé plus d’une dizaine de jours. Par la magie du GPS, nous arrivons sans la moindre hésitation sur le porche qui était totalement inconnu jusqu’en 1982.  Vu du ciel, la suite est loin de paraître aussi évidente… imgdecryptblog2 La rivière qui devient subitement très profonde disparaît sous une impressionnante voute de calcaire. En 1982, nous y étions arrivés au crépuscule et nous n’avions pas eu la patience d’attendre le jour pour nous y aventurer à la nage sans imaginer un seul instant que des varans apprécient particulièrement les lieux et même que nous y verrions un jour un petit crocodile. Sans le savoir, nous venions de découvrir le théâtre d’explorations qui se succèdent depuis 1982. imgdecryptblog3 Une centaine de mètres plus loin, la partie de canotage ou de natation permet de retrouver la lumière du jour au fond d’un canyon imposant dont la voute s’est effondrée sur la rivière. Les crues peuvent y être particulièrement violentes et nous avons eu l’occasion d’assister à une montée d’eau de plus de 10m qui avait noyé le passage imgdecryptblog4 Débouchant sur une grève de sable alors que le torrent gronde sous de gros rochers, nous grimpons dans un chaos de blocs avant de déboucher à la base du gouffre dans lequel virevoltent de grosses chauves souris. Les bruits de la jungle qui se trouve un peu plus de 60 mètres plus haut se font entendre, donnant une ambiance étrange à ce lieu où des arbres ont réussi à pousser. Pour rejoindre l’amont, il faut traverser un rapide qui était infranchissable en février 2000, la rivière occupant quasi-totalement la base du puits imgdecrypt5blog Au cours d’une exploration, nous avons réussi à rejoindre ce gouffre en venant par une petite grotte tortueuse qui débouche en balcon et offre un joli point de vue sur ce paysage surprenant qui semble tout droit sorti d’un film d’aventures. Des varans viennent y boire et dans une galerie, c’est un python assez gros qui m’avait sauté dessus, me prenant sans doute pour une grosse chauve-souris… Le serpent devait avoir besoin de lunettes !

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Parmi les photos surprenantes de ce gouffre, comment ne pas montrer celle qui suit ? Ce jour là, l’hélicoptère a tourné plusieurs minutes au dessus de l’abîme, le but étant de ramener des images pour l’émission de France5, « Carnets d’expédition ». Puis, l’ancien pilote au calme olympien de l’armée indonésienne a commencé à descendre le plus possible, passant très près des arbres, trop près pour le goût de certains… Ce qui m’a permis de reconnaître parfaitement des lieux que j’ai pu fouler à plusieurs reprises depuis 1982…

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Cette dernière photo est prise à l’endroit même ou la rivière retrouve son cours souterrain. Les talus d’argile sont les témoins de l’importance des mises en charge potentiellement très dangereuses. Il y a des empreintes laissées par des varans un peu partout, des traces caractéristiques du passage de serpents et la baignade qui s’impose est loin d’être très engageante

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Nous sommes néanmoins passés par là et nous avons mené d’autres explorations dans des grottes qui rejoignent à différents endroits le cours de cette puissante rivière qui peut devenir un véritable fleuve à la saison des pluies

J’en reparlerai une prochaine fois…

Par Jojomigrateur - Publié dans : Bornéo - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Jojomigrateur

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine...

Avis aux amateurs!

A BON ENTENDEUR

Vu le nombre croissant d’internautes qui semblent ignorer ou font semblant de ne pas savoir que l’utilisation de photos ou de textes « récupérés » sur un site web sans le consentement de l’auteur n’est ni plus ni moins qu’un VOL, il est bon de rappeler qu’un site internet est protégé par les dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle au titre du droit d'auteur.

 

Toutes les photos de ce blog sont soumises aux articles : 

L.111-1;  L112-2;  L.121 et L.122

du code de la propriété intellectuelle. !

Malin comme un singe...

 

Si la curiosité est un « vilain défaut », je suis sacrément mal-élevé… J’en suis resté aux « fondamentaux… « Il est interdit d’interdire »… Et il suffit qu’on veuille m’empêcher d’aller quelque part pour que cela déclenche chez moi une envie quasi-irrépressible de découvrir ce que cache cette interdiction…

L’investigation est une discipline noble qui donne libre cours à l’imagination, à l’improvisation, à la ruse et à la malice… Tout commence souvent par une enquête minutieuse digne d’un véritable espion et certains paparazzis sont passés maîtres dans l’art de tout savoir des faits et gestes d’une « personnalité » qui fera les choux gras de magazines « pipole » à gros tirages.

Personnellement, je préfère les véritables « enquêtes », celles qui mettent un coup de projecteur sur de véritables scandales qui éclateront un matin à la une d’un grand journal. J’ai un penchant tout particulier pour la découverte de ce qui dérange ou mériterait d’être connu alors que personne n’en parle… J’aime avoir une autre vision des choses, regarder par le petit trou de la lorgnette et comprendre comment les différents protagonistes d’une affaire envisagent les choses…

Dans un monde frileux où « Big Brother » nous regarde, je prends un malin plaisir à contourner les contrôles et je m’étonne toujours de la facilité de pénétrer dans certains lieux malgré un service d’ordre important voire une présence policière… Cela donne d’ailleurs à réfléchir sur l’efficacité des plans « vigipirates » et autres « usines à gaz » du même style…

Mais c’est une autre histoire…

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