présentation

  

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine... Avis aux amateurs!

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Bienvenue...

Ce n'est pas très original, voilà un nouveau blog de journaliste sur la blogosphère. A travers ces articles et mes photographies, vous découvrirez quelques facettes de mes activités et ma vision du monde, que ce soit à l'autre bout de la planète ou au coin de la rue... Bonne Lecture !

Mardi 18 mars 2008
A Java, le docteur Ko est féru de vieilles légendes à faire frémir. Il aime raconter d’incroyables histoires de “Kriss” vengeurs venus assassiner des gens, propulsés par la pensée à des centaines de kilomètres… Il parle de magiciens dotés du pouvoir de communiquer avec des crocodiles ou des serpents, de voleurs capables de dévaliser une riche demeure alors que les occupants sont tombés mystérieusement en léthargie…
Il parle d’une curieuse tribu de l’ouest de l’île dont on ne connaîtrait pas les origines et qui réussit malgré des pressions incessantes à résister à l’expansionnisme des Indonésiens. Selon les légendes, il y aurait au fond d’une petite vallée un tumulus qui dissimulerait le trésor des kanekes, ces lointains ancêtres des Baduis. Il n’y a rien de tel pour exciter ma curiosité et nous voilà bientôt en partance à quatre pour Rankasbitung. undefinedLe docteur possède un réseau d’amis influents et c’est sans difficulté qu’il nous obtient un rendez-vous avec le préfet qui dirige la province. Celui-ci nous délivre le fameux « surat jalan », l’autorisation de nous rendre dans cette zone règlementée. Dans un bon Anglais, il nous explique que son domaine s’arrête en haut des escaliers de Kadukatug et qu’au-delà de cette limite, il ne saurait être tenu pour responsable des malheurs qui devraient nous frapper… « Après avoir franchi la muraille, vous marcherez sur un bon chemin et vous passerez devant des maisons. Vous ne verrez personne, comme si elles venaient tout juste d’être abandonnées... Les Baduis vous épieront, mais ils ne se montreront pas... ! ». « Cette zone est une sorte de filtre, un tampon entre les Javanais et ces animistes qui refusent tout contact avec le monde extérieur…».
Puis il continue... undefined« Si vous apercevez quelqu’un, ce sera un homme vêtu de noir, pressé de s’éloigner de vous comme si vous étiez des pestiférés... » Il explique que ces « Baduis hitam », ces « Baduis noirs », sont des gardiens investis d’une mission divine et qu’ils ne sont pas agressifs tant que l’on ne cherche pas à briser des tabous... Enfin, il raconte qu’il sera impossible de voir les « Baduis blancs » qui sont en fait des chamanes dotés de pouvoirs surnaturels... Persuadé de raconter quelque chose de très important, Il parle le doigt levé vers le ciel... « Après une demi-heure de marche, vous parviendrez au-dessus d’un petit lac aux eaux noires... C’est le domaine des esprits et abrite même un démon maléfique chargé de protéger les « Baduis dalam » les « Baduis de l’intérieur » des atteintes du monde moderne. « Soyez très prudents car les dieux provoquent des accidents qui sont parfois mortels lorsqu’ils sont de mauvaise humeur....! » Même s’il est musulman et qu’il a suivi des études supérieures, le préfet croit à l’existence de forces qui nous échappent et il se veut persuasif… 

Qui vivra verra… ! 

undefinedLa route qui conduit à Kadukatug n’est pas asphaltée et il faut souvent pousser le minibus de location pour le sortir des profondes ornières dans lesquelles il s’embourbe…. Nous passons la nuit chez un chef de village antipathique, un arriviste qui a du être nommé ici à la suite d’une “promotion”, un peu spéciale, une version locale d’une mise « au placard » ! Il affiche un mépris avoué pour les Baduis qu’il est censé protéger  des atteintes de l’extérieur et il tente surtout d’extorquer de l’argent aux rares visiteurs de passage dans ce coin perdu et noyé la plupart du temps sous des trombes d’eau…

Au matin, nous partons très tôt pour en direction de la vallée interdite. Comme le chef de la province l’avait prévu, il n’y a personne dans les champs et quelques rares silhouettes sombres disparaissent précipitamment à notre approche. Les portes des maisons s’entrouvrent en grinçant et se referment aussi tôt. L’ambiance est très étrange et nous nous sentons épiés comme des bêtes curieuses. Dans un film d’aventures, l’angoisse monterait et les premières flèches empoisonnées ne tarderaient pas à s’abattre par surprise sur les derniers du groupe… Bientôt, le fameux lac se présente. Il n’a rien d’effrayant et le sentier descend facilement jusqu’à sa berge. undefinedUn curieux radeau est amarré et je m’étonne de la taille inhabituelle de coquilles de moules d’eau douce qui jonchent le sol. Il n’y a toujours personne et des percussions résonnent dans le lointain... Le petit chemin zigzague dans les hautes herbes, ce qui fait craindre davantage un serpent venimeux, (surtout qu’il y en a…) qu’un fantôme ! Subitement, Monique pousse un cri ! Elle a glissé et elle est bêtement tombée en arrière sur les fesses. Elle a senti un « crac » dans son poignet droit et son avant-bras a prends une drôle de courbure. La fracture est évidente et il faut évacuer les lieux au plus vite tant qu’elle peut encore marcher... Il faut retourner chez le docteur Ko qui saura ce qu’il faut faire pour réduire cette vilaine fracture.
Après un voyage épique sur des routes défoncées, Monique est opérée en urgence à l’hôpital de Bogor. Les Indonésiens sont flattés de soigner une étrangère belle et sportive et ils font preuve d’une grande gentillesse. Tout se passe bien et alors que Monique est encore en salle de réveil, le docteur Ko apparaît dans son uniforme blanc de médecin et la kidnappe littéralement, la faisant “charger” dans son minibus. Il la ramène à « Buena Vista », sa magnifique propriété qui est nichée au milieu des plantations de thé, sous le col de Puncak sur la route de Bandung. Il y fait frais et elle se reposera bien mieux ici, loin de la chaleur étouffante de Bogor qui détient des records en matière de pluviosité.
Nous n’avons pas rencontré les Baduis et ce sont les javanais qui ont eu le  mot de la fin... 

Il faut savoir remercier les dieux pour leur clémence… !
par Jojomigrateur publié dans : jojomigrateur
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Mardi 15 janvier 2008

Siberut est la plus grande des îles Mentawai qui se situent en Indonésie au large de Sumatra, quasiment face à Padang. Elles sont habitées par l’ethnie Sakkudai qui tente de survivre comme elle l’a fait depuis des millénaires. J’y suis allé pour la première fois lors d’un voyage en solitaire il y a près de 25 ans, à une époque ou les rares visiteurs n’étaient que quelques rares aventuriers, des commandos de l’armée Indonésienne et des pasteurs protestants.

siberut04blog.jpgL’écotourisme n’était pas encore à la mode, il n’y avait aucun hébergement, tout juste un « losmen » à Muarasiberut. Les surfeurs Australiens n’avaient pas encore découvert les magnifiques rouleaux qui se brisent sur la côte Sud et l’île avait mauvaise réputation. Dans les rares publications existantes, elle était présentée comme une île peuplée de gentils sauvages et de serpents venimeux… Il n’y avait rien de tel pour me donner envie d’aller y faire un tour et c’est ainsi que j’étais parti, après avoir obtenu une autorisation de la police et du gouverneur grâce à mon ami médecin de Bogor, le Docteur Ko. Le « surat jalan » en poche, (le permis), j’avais pu embarquer à bord d’un bateau de la marine Indonésienne et je m’étais fait déposer sur une côte, un rendez-vous étant fixé trois semaines plus tard de l’autre côté de l’île, à Muarasikabaluan. J’avais fait le pari de partir sans la moindre nourriture et d’aller à la rencontre de ces fameux « hommes fleurs » qui vivent de chasse, de pêche, de cueillette et de la culture du « sago » qui n’est autre que de la farine extraite du tronc d’un palmier.
 
undefinedLes « fliques » m’avaient déposé sur une côte inaccessible à autre chose qu’une pirogue ou un « zodiac » et ils étaient repartis, persuadés que j’étais complètement dingue. Une fois seul, il ne me restait plus qu’à aller à la rencontre de ces gens et d’ailleurs, ce sont eux qui étaient venus vers moi. Il était temps s’oublier tout planning et de laisser faire le hasard qui devait bien avoir une petite idée derrière la tête… « Aloita ! », (bonjour)… l’accueil était chaleureux et ils m’avaient vite fait comprendre qu’ils m’invitaient jusqu’à leur « uma », leur maison sur pilotis. Il n’en fallait pas plus pour changer véritablement de monde et se vider la tête de tous les préjugés…
 
Il me faudrait de nombreux articles pour raconter toutes les péripéties de ce séjour incroyable en compagnie de gens étonnants qui vivaient en intimité totale avec la nature. Depuis, les choses ont bien changé et l’accès à l’île s’ouvre lentement ce qui à terme ne pourra qu’entraîner la disparition de cette ethnie qui étonnement a conscience que sa fin est proche. Récemment, l’excellente émission de télé, « en terre inconnue » a immergé le comique Patrick Timsit au milieu des Sakkudai si souvent « étudiés » ces dernière années… je craignais le pire mais je dois dire que j’ai été agréablement surpris par la qualité du montage diffusé sur les écrans de télévision.
 
undefinedPlus de vingt ans plus tôt, j’avais été charmé par ce petit peuple souriant qui s’étonnait de tout… Pour satisfaire leur curiosité, il avait fallu que je leur montre l’intégralité du contenu de mon sac à dos et je m’étais aperçu que le moindre objet anodin et sans valeur les intriguait beaucoup. Très vite, j’avais compris que le vol était un concept qui leur était inconnu. Le peu de matériel que j’avais emporté, 12 kilos au total ne risquait strictement rien et il ne justifiait pas pas une agression. J’avais partagé leur vie, comprenant à quel point ils étaient proches d’une nature qu’ils respectent et qu’ils craignent. L’animisme et la magie sont omniprésents et j’avais eu l’occasion de le constater, j’en reparlerai dans un prochain article…

J’avais suivi ou plutôt tenté de suivre mes hôtes à la chasse au singe, j’étais allé à la pêche, intégré dans de petits groupes et au coucher de soleil nous allions nous laver dans des rivières. J’avais pu constater que la nudité était vécue naturellement, que la pudeur était inexistante et que personne, homme ou femme, ne se cachait pour faire sa toilette. Les blancs qui s’aventuraient jusqu’ici étaient assez rares et j’avais été observé, jaugé sous toutes les « coutures », y compris par de jeunes femmes aux seins nus qui n’hésitaient pas à venir me toucher…. le bout du nez comme c’est souvent le cas en Asie du Sud-est. Leurs dents taillées étaient acérées comme de véritables poignards, ce qui donnait à leur joli sourire un aspect inquiétant, encore plus lorsque l’on est un homme et que l’on tient à son « alat alat vital », le « petit matériel vital » comme cela se dit non sans humour en indonésien…
 
undefinedLe gouvernement Indonésien qui voyait d’un mauvais œil que ces « sauvages » primitifs continuaient à vivre selon leurs traditions avait autorisé des pasteurs à venir s’installer sur l’île pour porter leur bonne parole. Selon le premier principe de la « Pancasila », les 5 préceptes indonésiens, chacun se doit de croire en un Dieu quel qu’il soit et l’Islam a bien peu d’avenir auprès de peuplades dont le cochon sauvage est l’une des bases de l’alimentation. Une église avait été construite à Madobat, un village créé de toutes pièces pour tenter de sédentariser ces familles qui ont toujours vécu en nomades au cœur d’une jungle luxuriante sur laquelle des compagnies forestières lorgnent avec de plus en plus d’insistance. Un matin, le serviteur de Dieu était apparu au « kampung », accompagné de quelques convertis qui apportaient des cadeaux…. de la nourriture, des tissus colorés et, j’ai cru halluciner, des soutiens-gorges de coton blanc ! Le pasteur teuton trouvait choquant que les femmes se promènent la poitrine à l’air et il voulait y mettre un terme… Pour moi, cet homme incarnait la bêtise humaine et j’aurais aimé pouvoir maitriser suffisamment de vocabulaire pour expliquer à ces gens dans leur dialecte que ce genre d’individus était l’incarnation du mal et qu’il mériterait de retourner à Sumatra à la nage… Au milieu des requins !
 
Quelques années plus tard, à Bornéo, j’ai appris d’un prédicateur local que Jésus avait multiplié… des bananes, mais c’est une autre histoire de fous qu’il faudra que je vous raconte un jour… !
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Mercredi 7 novembre 2007

Samedi 3 Novembre 2007 dans la soirée, France 3 a diffusé un téléfilm « l’inconnue de la départementale » qui était bâti à partir d’une énième histoire de « Dame blanche » qui apparait dans les phares d’une voiture au détour d’un virage… La suite est bien connue, à quelques variantes près et on retrouve ce récit un peu partout, sans que l’on sache de quoi il retourne vraiment.

Je n’avais jamais accordé trop de crédit à ce genre d’élucubrations jusqu’à ce jour du printemps 1996 où j’ai eu l’occasion d’entendre à peu près la même chose sur l’île de Seram aux Moluques. A Jakarta, j’avais participé à un colloque sur la protection du karst et c’est ainsi que je m’étais retrouvé invité à participer à cette mission de reconnaissance à l’Est de l’archipel Indonésien en qualité de spécialiste de la spéléologie. Nous avions rejoint Ambon à bord d’un Boeing spécialement affrété pour la circonstance par un ministère Indonésien et qui avait transporté tout un aréopage de personnalités « importantes » qui ressemblaient furieusement à certains « parasites » que nous connaissons bien chez nous…
 
Avec mes trois amis spéléos de Bogor à Java, nous bénéficions de conditions auxquelles nous ne sommes pas habitués. A Ambon nous sommes logés dans un grand hôtel et nous rejoignons Seram à bord d’un navire d’exploration appartenant au LIPI, l’institut des sciences Indonésien… Pendant plusieurs jours, nous participons à des plongées de reconnaissance depuis ce bateau parfaitement équipé à cet effet et à terre, nous disposons librement d’un 4X4 et d’un bus de l’armée. Sur la côte, nous établissons le relevé topographique d’une jolie grotte, Gua Akohi que les Indonésiens voudraient aménager pour le tourisme. Le potentiel karstique de cette île semble très important mais l’intérieur des terres reste méconnu et les pêcheurs qui vivent sur les côtes semblent avoir peur de s’y aventurer… Selon un ethnologue du LIPI, il y aurait régulièrement des enlèvements et le cannibalisme subsisterait encore dans des zones reculées de Seram ! Je n’y crois pas trop, mais c’est pourtant la justification officielle de l’escorte militaire au demeurant très sympathique qui nous accompagne partout… !
 
Un soir, alors que le minibus roule sur la piste, un des soldats nous raconte une bien curieuse histoire… Une nuit, ils roulaient sous la pluie, lorsque les phares ont éclairé une femme tout de blanc vêtue qui leur a fait signe… le bus s’est arrêté à sa hauteur, elle est montée sans rien dire et elle s’est assise à côté d’un des militaires sans même le regarder… les passagers ont essayé de lui parler, mais elle n’a pas répondu, comme si elle était perdue dans ses pensées…Soudain, elle aurait poussé un cri avant de littéralement se volatiliser à l’entrée d’un virage dangereux. Les soldats interloqués l’auraient cherché un bon moment sous la pluie battante avant d’admettre qu’elle avait réellement disparu… ! Le plus étonnant, c’est qu’ils auraient appris le lendemain qu’une femme avait été victime d’un accident mortel quelques années plus tôt dans ce même virage… 

A quelques milliers de kilomètres de distance de la France, ils venaient tout simplement de me raconter une version locale de l’histoire de la Dame Blanche… !
 
Au cours de cette expédition, nous avons été régulièrement confrontés au mysticisme et aux croyances animistes qui sont encore très vivaces dans cette région d’Indonésie. Il était inutile de tenter d’apporter la controverse et au contraire, je me suis intéressé aux mythes et aux légendes qui circulent encore dans l'archipel des Moluques.
 
Au terme de cette expédition, nous sommes invités à participer à une soirée organisée par des notables locaux. Les Moluques sont une ancienne colonie Hollandaise et j’ai la surprise de voir qu’on y pratique encore les danses de salon… Un Maître de ballet, chapeau melon sur la tête, vêtu d’une veste à queue de pie donne le rythme en tambourinant sur le sol avec un bâton… Les ordres sont donnés en Français… « Cavalier Monsieur… ! », « Rondade Madame… ! ». Ici on danse la Valse, la Polka et même le Menuet… C’est assez surréaliste de voir ces Indonésiennes en robe du soir danser avec des Messieurs habillés de costumes en Batik. La secrétaire du préfet me fait la causette et j’ai droit à une avalanche de compliments pour mon Indonésien et il faudrait vraiment que je sois dans un état comateux pour ne pas me rendre compte qu’il n’y a pas que de la politesse dans son attitude…
 
Pendant ce temps, il y a eu un petit incident. Un homme très bien habillé mais apparemment saoul a fait un esclandre et il a été évacué des lieux dans le calme par le service d’ordre de la soirée. Plus tard, j’étais encore en train de discuter avec la charmante Indonésienne lorsqu’il est revenu. Sans trop y prêter attention, je l’ai vu traverser la piste de danse en titubant, une canette de bière à la main et soudain, je l’ai vu prendre son élan et me fondre littéralement dessus ! Pan ! Voilà que ce brave homme m’assène un coup de bouteille sur la tronche, ou plutôt qu’il a essayé… Dans un réflexe de défense, j’ai réussi à saisir son poignet avant qu’il ne me défonce le crâne et dans la fraction de seconde qui a suivi, Je l’ai littéralement décalqué dans le plancher d’un « Ippon Seoi Nage » que j’avais rarement réussi à « rentrer » de manière aussi explosive…!
 
Mon petit coup d’éclat a jeté un « froid » et les musiciens ont arrêté de jouer de leurs instruments. Mon agresseur n’était rien de moins qu’un député et je me demande un instant comment mon geste sera considéré par les policiers qui se précipitent dans la salle. Très bien en fait, d’autant plus que les témoins sont nombreux et que j’ai même droit à des excuses... « Il est musulman, il n’a pas l’habitude de boire et il n’a pas supporté l’alcool… ». Après la version « officielle », voilà enfin la « vraie » vérité… Mon assaillant alcoolisé n’a pas supporté de voir que la jeune femme sur laquelle il comptait exercer don droit de cuissage s’intéressait à ma modeste personne et il a « pété les plombs ». 

Sans commentaires... Ou plutôt si...!
 
C’était le genre de type que j’aurais volontiers relâché en pleine nuit du côté du virage de la Dame Blanche...! (version «soft»)
 
A moins, que ce ne soit sur le territoire de ces fameux cannibales... ! (version « gore »)
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Jeudi 25 octobre 2007

Java, juillet 1986. Avant de partir pour Bornéo, nous avions consacré deux semaines à la reconnaissance d’un petit massif prometteur et facilement accessible depuis Yogjakarta.  Sans le savoir, nous venions de mettre le pied sur un magnifique terrain de jeu qui allait nous offrir « Gua Barat », une rivière souterraine fabuleuse que nous avons exploré sur près de dix kilomètres de longueur avant de ressortir quelques expéditions plus tard à la surface du plateau près de Blabak, un village isolé au cœur de la montagne. Une telle découverte est le rêve de tout spéléologue d’exploration et je vous en parlerai une prochaine fois…

silumanblog.jpgCette fois là, nous sommes partis en deux équipes. La première a pénétré dans « Gua Liah », une grotte bien connue par les chasseurs de nids d’hirondelles et les terrassiers à la recherche de phosphates. Avec Marc Duhamel, nous suivons un des villageois qui nous guide à travers les broussailles qui recouvrent tout. Une demi-heure plus tard, nous arrivons effectivement devant « Gua Siluman », (la grotte du démon) qu’il aurait été très difficile de trouver par nous-mêmes. Un plan incliné très raide (photo) plonge sur un puits que nous équipons sans difficulté avant de prendre pieds 30m plus bas dans une vaste galerie. De vieux échafaudages en bambous encore en place montrent que les autochtones avaient l’habitude de descendre jusqu’ici et nous découvrons qu’ils ont creusé des trous un peu partout, de véritables chausse-trappes de plusieurs mètres de profondeurs qu’il serait très facile de transformer en autant de pièges mortels (photo). Il faut vraiment que ces phosphates aient une grande valeur. La suite ne présente aucune difficulté particulière et nous arrivons bientôt au sommet d’un vaste puits qui semble barrer la galerie. Nous ne sommes pas équipés pour tenter une escalade en traversée et notre exploration s’arrêtera là pour aujourd’hui….
 
lipsphosblog.jpgAu moment même où nous allions rebrousser chemin, nous entendons un brouhaha monter du fond de la grande crevasse ébouleuse. Il y a même la lumière caractéristique des éclairages à l’acétylène… Les copains sont là et nous pouvons même nous parler à 25m de distance. La jonction entre les deux cavités est faite. Sur le chemin du retour, nous prenons le temps de topographier les lieux, ce qui demande pas mal de temps. Lorsque nous ressortons, la nuit tombe et le paysan ne nous a pas attendu. Si l’axe de la vallée est bien visible, le vague sentier que nous avons emprunté à l’aller est indécelable au milieu d’une végétation particulièrement touffue. Tant bien que mal, nous parvenons à descendre en contournant parfois des bouquets d’épineux quasi impénétrables. Pris par la nuit, nous marchons vers une petite mosquée que nous avions repérée et qui brille comme un phare au milieu des rizières. Avant de déboucher enfin sur un véritable chemin, nous traversons un vieux cimetière à moitié en ruines. Des tombes sont cassées, des dalles sont renversées, un peu comme dans un film d’épouvante…
 
La place du petit « kampung » est animée. C’est une foule qui nous attend et notre ami Indonésien, le Docteur Ko est soulagé de nous voir indemnes car il craignait déjà qu’il nous soit arrivé quelque chose de fâcheux. Sur le ton de la plaisanterie, je lui explique que nous nous sommes perdus, que nous sommes arrivés dans un vieux cimetière où nous avons rencontré un grand fantôme blanc… ! Je continue en lui disant que je lui ai dit « selamat malam », (bonne nuit) et qu’il m’a répondu « selamat jalan », (bon voyage) avant de disparaître mystérieusement. Dans un pays où les croyances au surnaturel sont particulièrement vivaces c’est une grave erreur et cette histoire est immédiatement prise au premier degré ! Une vive discussion s’installe dans le dialecte local entre les anciens qui gesticulent beaucoup. Même le Docteur Ko est incapable de comprendre la teneur de l’échange. Une heure plus tard, le verdict tombe. C’est normal que nous ayons vu le fantôme ce soir car nous sommes un jeudi et qu’il erre parmi les tombes les mardis et jeudis soirs... Un instant, j’ai cru qu’ils étaient moqueurs, mais non… le chef du village explique que c’est à cause de cette hantise que le cimetière a été abandonné il y a quelques années par des habitants terrifiés. Devant de telles convictions, il n’y a plus rien à rajouter et cette information va se répandre en quelques jours dans les environs et bien plus loin, comme une trainée de poudre !
 
spitolublog.jpgJe suis revenu souvent à Java depuis cette date et je suis toujours étonné de constater que cette histoire perdure et que je suis régulièrement présenté comme l’homme qui a vu l’ours, (le fantôme…) et qui n’a pas eu peur… ! Lors d’un colloque sur la protection des karsts qui s’est déroulé à Jakarta en présence de nombreuses personnalités indonésiennes, j’ai été littéralement harcelé de questions au sujet de ce phénomène surnaturel par des gens très instruits, souvent à la tête d’importantes sociétés. Pour les Indonésiens, il ne s’agit pas d’une rumeur mais d’un fait accompli et il serait totalement illusoire de prétendre y changer quelque chose…
 
Mea Culpa…
 
Août 2003. Nous voilà de retour sur ce petit massif qui est très menacé par des fours à chaux qui poussent comme des champignons sur tout le périmètre. Ce jour-là, nous avons décidé de reprendre l’exploration du système « Gua Liah – Gua Siluman » et sur le chemin je ne peux que constater à quel point le massif a souffert depuis dix sept ans. Les pitons calcaires jadis recouverts de végétation ne sont plus que des collines poussiéreuses aux flancs plantés de « jati », un arbuste très utilisé en petite menuiserie…  Sous terre, nous parvenons très vite au bord du canyon qui nous avait arrêté 17 ans plus tôt. Cette fois, nous avons emporté du matériel d’escalade et il ne faut pas très longtemps pour équiper une vire au-dessus de l’abime. Effectivement, il y avait des continuations importantes qui nous conduiront quelque temps plus tard à une nouvelle entrée plus loin sur le massif.
 
Ce jour-là, nous décidons d’équiper le puits de jonction avec Gua Liah qui n’a jamais été descendu. La roche est particulièrement friable et Josiane se fait une frayeur en « volant » avec un amarrage ! Il faut équiper plus sérieusement et nous plantons quelques chevilles à expansion qui sécuriseront la descente. Les flashes crépitent, Josiane filme la scène avec son caméscope et nous ressortons par la galerie inférieure qui est un véritable boulevard…
 
Epilogue.
 
De retour en France, une de mes photos de ce fameux puits m’interpelle. Lulu plante un spit dans une paroi qui a l’apparence d’un magnifique corps de femme nue… ! Hasard ? Hallucination ? Bidouille photographique ?
 
A moins qu’il ne s’agisse d’une facétie du fameux fantôme du jeudi soir… !
par Jojomigrateur publié dans : jojomigrateur
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Lundi 22 octobre 2007

Cet après-midi là, profitant d’un « trou » dans notre emploi du temps, nous avions enfourché nos motos, direction Signes, à une cinquantaine de kilomètres à peine de Marseille. A défaut d’une belle voie d’escalade ou d’un joli gouffre nous pouvions recycler nos ardeurs sur le dernier « parcours aventure » à la mode, l’  « Eden Parc » créé par Enzo Paolini

tyro02blog.jpgProfitant de la spécificité du site, Enzo a imaginé des itinéraires de niveaux différents ou se mélangent harmonieusement des « ponts Népalais », des tyroliennes, des passages en « via ferrata », le tout parfaitement sécurisé pour le plaisir des petits et des grands…
 
Mais, car il y a un « mais », il ne faut pas « faire le zouave » sur les équipements…. Une tyrolienne ne se franchit pas la tête en bas, comme un pantin désarticulé ! « Carton Jaune » ! On ne fait pas non plus l’équilibriste sur les câbles et « Grand Dieu », on ne fait pas « l’arbre droit » sur les barreaux d’échelle de la « via ferrata », là c’est carrément « carton rouge »…. Encore plus pour un Guide de Haute Montagne comme l’ami Guy !
 
J’avais oublié que nous sommes en France et que « Big Brother nous regarde », qu’il affute lentement ses armes qui sont de plus en plus « technologiques » et sophistiquées… Les lois coercitives, se multiplient, la morale et l’auto censure font le reste… Les sports dits « à risques » ont du plomb dans l’aile et leurs enseignants risquent fort de se retrouver « à l’ombre » et pour longtemps en cas d’accident. La dernière « trouvaille » pour « emm….. » les responsables de clubs est une législation contraignante sur les équipements de protection individuelle baptisés « EPI » qui fait marcher le commerce en imposant de remplacer du matériel pourtant en parfait état. La grogne gronde chez les moniteurs de spéléologie qui parlent de dissoudre leurs structures ou tout simplement d’arrêter d’organiser des sorties d’initiation !
 
edendigit33blog.jpgSur le chemin du retour, traquenard policier à un carrefour…. « Opération ceinture » pour les automobilistes distraits et trois points de moins sur le permis pour ces fous dangereux à la conduite qui peut être exemplaire et qui ne mettent en danger qu’eux-mêmes… Courage, le port du casque obligatoire au volant est pour bientôt !
 
Je m’étonne même que le « Sexe » soit encore autorisé hors de toute fonction reproductive… C’est sale, on attrape des maladies, cela coute cher aux caisses de sécurité sociale et heurte les croyants de toutes confessions, barbus ou pas. Il se murmure d’ailleurs qu’en haut lieu, une « brigade des capotes » serait bientôt créée et serait autorisée à pénétrer dans les chambres à coucher en pleine nuit… !
 
Toute notion de responsabilité personnelle est en train de disparaître et je ne serais pas surpris qu’il soit bientôt interdit de se suicider… A moins que dans un bureau d’un ministère opaque où l’on ne fume plus depuis une récente interdiction, quelques technocrates qui s’ennuient en attendant une retraite dorée par un régime spécial nous concoctent un « Permis de Suicide »…
 
Sous contrôle de l’état, cela va de soi !
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