présentation

  

Voilà un drôle d'exercice que de se présenter en quelques lignes! Alors, qui suis-je ? Georges Robert, un curieux de nature, railleur, frondeur et avant tout sportif depuis le plus jeune âge. J'ai commencé par pratiquer le judo et la natation à Marseille où j'ai découvert la spéléologie qui est devenue très vite une passion dévorante. C'est ainsi que j'ai commencé à participer à des explorations en Autriche dans des gouffres très profonds, avant d'être atteint par le virus des expéditions lointaines et du voyage, très souvent en Indonésie où j'ai multiplié les découvertes. 

L'hexagone était devenu bien trop petit pour moi, un peu "rastègue" comme on dit à Marseille...

Toujours intéressé par ce qui est nouveau et présente un certain danger, j'ai pratiqué d'autres activités comme la moto Tout-terrain, l'escalade, le parapente, la plongée sous-marine, la voile et autres activités ouvertes sur le plein-air et les voyages. Depuis quelques années, je suis devenu photojournaliste indépendant (carte de presse N°105 709) et je continue à m'intéresser au sport, à tout ce qui est insolite, aux combats pour la sauvegarde de la planète avec de plus en plus une conscience politique.

J'aime Marseille, cette ville cosmopolite et ensoleillée où je prépare mes prochaines escapades en allant courir, grimper dans les calanques ou encore en allant retrouver des amis sur le tatamis de mon club de judo.

Professionnellement, je suis libre de partir en reportage sur commande ou pourquoi pas, de rejoindre la rédaction d'un journal ou d'un magazine... Avis aux amateurs!

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Bienvenue...

Ce n'est pas très original, voilà un nouveau blog de journaliste sur la blogosphère. A travers ces articles et mes photographies, vous découvrirez quelques facettes de mes activités et ma vision du monde, que ce soit à l'autre bout de la planète ou au coin de la rue... Bonne Lecture !

Dimanche 29 juin 2008

Les Canadair basés à Marignane depuis 1963 seraient sur le point de déménager… L’annonce du départ de ces bombardiers d’eau pour la base aéronavale de Nimes-Garons ou pour celle de Salon-de-Provence a de quoi laisser sceptiques même les plus crédules. Au moment ou la restructuration des armées est sur le tapis, cette affaire « sent » l’embrouille à plein nez et la levée de boucliers n’a pas tardé. Les protagonistes affutent leurs arguments et les derniers arbitrages risquent d’être brûlants. Madame Soleil est morte, Elisabeth Teissier avait prévu la victoire de la France à l’euro de football… Les oracles sont loin d’être fiables et il est plus prudent de patienter pour connaître ce que l’avenir réserve à ces gros avions jaunes et rouges qui font quasiment partie du ciel marseillais estival…



Lors des périodes de canicule, il suffit d’une étincelle, d’un mégot de cigarette mal éteinte, lancé par la fenêtre d’une voiture pour que des hectares de garrigue s’embrasent… tout spécialement les jours de mistral, pour la plus grande joie des émules de Néron, le jeune empereur qui aurait mis lui-même le feu à Rome pour profiter du spectacle de la ville en flamme…

 

Plus près de nous, les motivations sont très variables… Vandalisme, promoteurs immobiliers en quête de terrains à bâtir, accidents sur des chantiers, imprudences, pyromanes en tous genres, y compris des pompiers… Toujours est-il que ces grands incendies causent des dégâts irrémédiables et que les interventions des Canadairs volant au ras des toits des immeubles de la périphérie de la ville sont toujours très spectaculaires…

 

Les photos qui illustrent cet article datent du début du mois de juillet 2001. Ce jour là, l’odeur âcre du bois brûlé était perceptible dans toute la ville qui avait été recouverte par des nuages d’une fumée opaque chargée de cendres et de scories qui retombaient en poussière dans les rues de la ville. Sur le terrain, des centaines de pompiers tentaient de protéger les habitations, aidés par une noria de Canadairs qui venaient faire le plein d’eau dans la rade avec la régularité d’un métronome. Assis au bout d’une jetée, j’avas fait une série d’images de ce spectacle étonnant. Treize canadairs plongeaient sur la mer, parfois à trois ou quatre de front et ils écopaient en quelques secondes avant de remettre les gaz et de passer à quelques mètres au-dessus de ma tête…

 

Des curieux étaient venus me rejoindre et j’avais craint un instant qu’il ne s’agisse d’empêcheurs de photographier peinard, voire de flics venus me virer de mon rocher… Mais les importuns n’étaient qu’une famille de belges, cornets de frites et boites de bière dans les mains… Ces espèces de ch’tis améliorés étaient visiblement très impressionnés par le ballet aquatico-aérien de ces drôles d’avions à l’apparence pataude…

 

- « Ce n’est pas dangereux de rester ici ? »

- « Pour le savoir, il faudrait prendre un avion sur le « teston »… ! »

 

Suivi d’une série de questions sur le feu, les Canadairs, la fréquence des incendies et le danger pour les plaisanciers… Mes réponses sont analysées, disséquées, comme si j’étais le « pape des Canadairs ». Leur accent inimitable qui traduit leur origine m’amuse mais le questionnaire « façon DST » commence à me gonfler…

 

« Il est arrivé qu’un avion sectionne le mat d’un voilier, mais le plus étonnant c’est qu’un jour, les pompiers ont retrouvé en pleine garrigue le cadavre d’un plongeur sous-marin en combinaison néoprène, portant encore ses palmes… Après enquête, il s’est avéré qu’il avait été « aspiré » par un Canadair  et largué quelques minutes plus tard sur un incendie… ! » Ce n’est qu’une galéjade marseillaise que les belges s’empressent pourtant de prendre au premier degré…

 

- « Quelle horreur ! Quelle mort atroce… ! »

 

Je suis sidéré de voir qu’un truc aussi absurde « passe » comme une lettre à la poste… « Aspirer » un plongeur dans la citerne d’un Canadair est totalement impossible et ces « braves » Belges sont décidément bien crédules… Alors je décide d’en rajouter, histoire de voir quelle sardine ils sont capables de gober…

 

- « Je crois qu’il s’agissait d’ailleurs d’un Belge… »

 

Tollé général…  « Je ne crois pas qu’il s’agissait d’un Belge, une fois… » Ce n’est pas la véracité de l’anecdote qui est remise en question mais la belgitude du macchabée… !  « Nous n’avons rien entendu de tel à Bruxelles… Etes vous vraiment sur que c’était un Belge ? Un Flamand ou un Hollandais peut-être ? »… Ce serait un bien curieux vol pour un « flying Dutchman »… !

Je pensais que ces rougeauds ventripotents transpirant la bière à grosses gouttes auraient compris qu’ils commençaient à me les « briser menu » mais il n’en est rien… Il est temps d’en rajouter encore… Alors, je leur raconte qu’un largage inopportun sur le toit d’une voiture transforme la « boite à roues » en un tas de ferraille dont les occupants ont bien peu de chances de sortir vivants…Et je rajoute que les plaques d’immatriculations étrangères sont statistiquement plus souvent prises pour cibles que les autres ! Je ne sais pas si ce sont les effets de l’alcool et de la chaleur ou si c’est la nature profonde des Belges, mais je crois que ce jour-là, les plus invraisemblables de  mes « vannes » ne feraient  l’objet du moindre soupçon…

 

Le spectacle a l’air de vouloir durer et je décide d’aller voir ailleurs si j’y suis et pourquoi pas de tenter de me rapprocher de l’incendie qui a l’air de prendre de l’ampleur… Immanquablement, les routes sont barrées par la police mais en connaissant bien les lieux je me débrouille à contourner les obstacles en moto tout-terrain… Parvenu sur une crête qui domine un vallon, j’ai une toute autre vision de la ville, mais il n’est vraiment pas prudent de rester là. J’ai été repéré et les « képis » qui manquent cruellement d’humour ne devraient plus  tarder à venir me tirer l’oreille. Ce genre de cache-cache avec les autorités est très courant chez les photographes et ce jour-là, un de mes amis avait lui aussi tenté de trouver un point de vue au plus près de la zone sinistrée. C’est ainsi qu’il avait escaladé le mur d’enceinte d’une villa avant de se retrouver nez à nez avec un célèbre « avocat cathodique » marseillais passé depuis au numérique. Après avoir montré patte blanche et carte de presse, le photographe avait pu continuer à travailler, le défenseur de la veuve, de l’orphelin et de toutes les causes médiatiques se montrant particulièrement sympa…

 

En écrivant ces lignes, je me rends compte qu’en raison d’un printemps anormalement pluvieux, je n’ai pas encore vu de Canadair passer au-dessus de ma tête cette année…

 

Pourvu que cela dure… !

par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Dimanche 15 juin 2008

Le groupe « Police » qui s’était séparé il y a presque 20 ans vient de se reformer pour une tournée mondiale. Le mardi 3 juin, Sting, Stewart Copeland et Andy Summers ont donné au stade vélodrome de Marseille un concert qui restera dans les mémoires. Ce soir là, plus de 50000 spectateurs en délire n’ont pas hésité à casser leur tirelire pour communier avec le trio de sexagénaires britanniques. Le Jojomigrateur était là, déguisé en agent de sécurité…

 

Présent sur place dès 15h30 alors que la triplette de boulistes musiciens mythiques ne devait pas monter sur scène avant 21h45, j’ai eu l’occasion d’observer les préparatifs de cette « grand-messe » tant attendue. Alors que les techniciens procèdent aux derniers réglages, une myriade d’employés errent dans les couloirs, à la recherche de leurs postes de travail. Dans le même temps, d’autres cherchent le lieu où ils doivent aller pointer et signer leur contrat de travail. Des palettes entières de boissons sont acheminées jusqu’aux nombreuses buvettes qui ne vont pas tarder à être prises d’assaut.

Des « chefs », talkie-walkie à la ceinture déambulent dans les coursives avec la régularité d’un essuie-glace… « T’es où ? » … L’appareil crachote, grésille et la voix qui en sort est totalement incompréhensible… Le « boss » s’énerve et voilà qu’on entends distinctement son interlocuteur… « Derrière toi… ! »… La technique n’est pas toujours au point et le miracle des ondes n’a pas toujours lieu, surtout si les différents émetteurs-récepteurs ne sont pas connectés sur le même canal… ! Engueulade… Il est des fois ou un bon vieux coursier en baskets serait bien plus efficace qu’un appareil dont on ne sait pas se servir… !

Trois heures avant le spectacle, les premiers spectateurs commencent à arriver au stade, après avoir franchi deux contrôles dont un tourniquet. L’accès à la tribune Jean Bouin est surveillé par une armada de gugusses en chemises blanches et pantalons noirs  qui sont chargés d’orienter les gens vers leur travée ou leur loge… Le « hic », c’est que la billetterie est complètement incompréhensible et que les arrivants ont bien du mal à trouver leurs places avec un lettrage totalement opaque… Il faut souvent avoir recours à un plan du stade pour parvenir à donner le bon renseignement à des gens qui prennent la situation plutôt à la rigolade alors qu’ils ont payé une petite fortune le droit de poser leur postérieur sur un siège en plastique plutôt inconfortable…

Une fois en place, certains commencent à râler et on les comprend volontiers… Ils ont déboursé plus d’une centaine d’euros pour être bien placés… Sauf qu’une tour destinée à la technique leur « bouche » quasiment la vue… ! Des hôtesses présentes dans les gradins ont bien du mal à calmer les mécontents qui en définitive ne sont pas bien méchants. Pour se remettre de leurs émotions, ils s’empressent de faire un tour dans les buvettes où la bière commence à couler à flots…À propos d’hôtesses, voilà justement un arrivage de demoiselles « top-class »… Robes noires, châles rouges, chaussures à talons aiguilles, coiffure et maquillage parfaits… Une « cheftaine » les répartit entre les différents points d’accueil du public et leur donne les dernières consignes… Une potiche doit être toujours parfaite et souriante  en toute circonstance !

Les ascenseurs qui permettent aux VIP de rejoindre les loges sont étroitement surveillés. Un jeune homme en pantalon noir et chemise blanche vérifie que ceux qui empruntent les tapis rouges détiennent bien le sésame qui les autorise à se présenter ici… Une charmante hôtesse se charge d’appuyer sur le bouton d’appel de l’ascenseur, ouvre la porte et souhaite une bonne soirée aux gens, très souvent des couples qui assisteront au spectacle, « protégés » du spectateur lambda, des fois qu’il soit trop vulgaire ou porteur d’une maladie contagieuse… Je me souviens avoir déjà vu ce petit métier palpitant…C’était il y a longtemps, à Moscou à l’époque de l’ancien bloc soviétique… A défaut de « minettes », c’étaient des « babouchkas », des grands-mères russes en tabliers bleus qui avaient la lourde tâche décisive d’appuyer sur le bouton, armées d’une baguette de bois, un peu  comme des institutrices autoritaires et adeptes de l’éducation anglaise. Moins sexy que nos « portières » montées sur escarpins, elles mettaient beaucoup de cœur à l’ouvrage et elles auraient même pu concurrencer « Spirou », le groom le plus célèbre au monde… Au passage, je remarque l’arrivée de Patrick Menucci, l’élu marseillais qui décidément est au four et au moulin… Le syndrome du « travailler moins pour glander plus » (et à l’œil) commence à faire des ravages !

S’il faut « un certain temps » au fût du canon pour se refroidir, il en faut encore davantage pour que plus de 50000 personnes franchissent enfin tous les obstacles qui les séparent de la pelouse… Ils ne verront pas grand-chose mais ils sont surexcités à l’idée de communier avec l’idole de leur jeunesse… Alors que la nuit tombe lentement sur le stade, « les charlatans » qui portent peut-être bien leur nom tentent de faire patienter un public de plus en plus impatient de voir enfin les dieux vivants monter sur scène. Par chance, ce n’est pas la saison des tomates et cette première partie se déroule dans une quasi-indifférence générale…

Enfin, les stars sont là et pendant 1h40, elles vont reprendre les tubes qui ont fait leur succès d’antan. Sting est là, barbu comme un vieux professeur émérite et la preuve est très vite faite qu’il se souvient toujours des paroles de ses chansons… Sur la pelouse comme en tribunes, les fans de tous âges dansent, ondulent au rythme de la musique… Dommage collatéral d’une ingurgitation massive de bière et de prostates défaillantes, il y a la queue au « pissodrome » qui ressemble de plus en plus à une piscine à débordement. Les organisateurs n’ont pas précisé que le port d’un pantalon « corsaire » et de bottes antidérapantes en caoutchouc était vivement conseillé pour la visite des urinoirs du stade… Sting s’époumone et les 50000 membres de la secte reprennent en chœur les grands succès du groupe. Ceux qui ont oublié les paroles font « semblant », comme ces écoliers qui ne connaissent que la « musique » des tables de multiplication qu’ils doivent réciter... C’est un peut ridicule mais l’important est parait-il de participerVoilà que Sting reprends « Roxanne… »… Mais Roxanne est elle aussi « partie pisser » dans la version féminine des toilettes, victime à son tour d’une envie pressante !  L’idée de poser son postérieur, aussi charmant soit-il, sur la lunette d’un WC est assez dégoutante. Je n’ose même pas imaginer à quel point il doit être horrible et acrobatique pour une femme de s’accroupir, vêtue d’une robe longue et chaussée d’escarpins, au-dessus d’un « chiotte » à la turque… C’est d’ailleurs le moment de conseiller à ces dames de glisser dans leur sac à main ou leur « baise en ville », une « zigounénette », cette invention de spéléologues féminines qui leur permet de faire « pipi debout », « à la garçonne », sans même avoir à quitter leurs harnais et leurs combinaisons… Selon les utilisatrices, il paraîtrait même que c’est un grand pas vers l’égalité des sexes, mais c’est une autre histoire !

Retour dans le stade… Je pense à quelques concerts de grande envergure qui y ont eu lieu dans le passé… Notamment celui des Pink Floyd en 1989 qui avait été extraordinaire… Un énorme cochon avait traversé le stade en plein ciel, lancé sur un câble invisible tendu dans l’obscurité mais vingt ans plus tard, aucun porc, aucune truie n’a brillé au firmament…

Ce soir là, il y avait pourtant pléthore de «cochonnes» un peu grisées par l’alcool, prêtes à tout et à n’importe quoi… 

Mais çà aussi c’est une autre histoire… !

par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Lundi 19 mai 2008

Un violent  tremblement de terre vient de frapper le Sichuan en Chine

Le téléphone sonne…

-« Je crois que vous êtes allé au Sichuan  récemment… ? »      

Voilà que les images que je cherche à caser depuis un bon moment intéressent la presse…

-« Qu’est-ce que vous voulez ? »
-« Je veux TOUT… ! Tout m’intéresse… ! »

 

J’imagine un instant ces propos dans la bouche d’une ravissante « blondasse » qui aurait subi de nombreuses interventions de « tuning » visant à la rendre encore plus « pétasse »…

 

Revenant à des pensées plus sérieuses, j’ai revu avec plaisir les images de ce voyage dans cet immense pays en pleine évolution… Comme d’habitude, nous y avions fait de la spéléo et nous avions eu l’occasion, une fois encore, de faire de la belle première dans des zones repérées par un professeur de l’université de géologie de Chengdu. C’est ainsi que nous avons débarqué un jour près de Beichuan au temple de Daming qui avait été détruit et que les Chinois ont reconstruit à des fins touristiques.  

 

Les Chinois ont un sens inné des affaires et la philosophie communiste qui avait justifié que l’on détruise temples et pagodes est soluble dans le dollar et les autres devises étrangères. Dans une Chine « officiellement athée et matérialiste », les croyances n’ont pas disparu. Le taoïsme et le bouddhisme sinisé sont en pleine renaissance et Mao doit se retourner dans sa tombe. A Chengdu, les chinois se pressent dans un grand temple taoïste où ils viennent prier pour leurs défunts après avoir brûlé quelques cierges.

 

Nous sommes arrivés au temple de Daming parce qu’il se trouve au pied de falaises calcaires qui ne peuvent qu’abriter des cavernes importantes. Du haut d’un escalier de pierres très raide, un grand bouddha blanc semble attendre les visiteurs de pied ferme. Il est dressé dans le porche d’une grotte dédiée à un culte très curieux… Pour les Chinois, le monde souterrain est un lieu maléfique peuplé de démons assoiffés de sang qui se régalent de la chair de ceux qui s’y aventurent. En quelque sorte, il symbolise l’enfer et c’est en tremblant que les visiteurs pénètrent dans ce corridor éclairé comme le « château hanté » d’une fête foraine.

 

Un peu plus loin, nous entrons vraiment dans le « vif » du sujet… C’est une sorte de purgatoire ou des démons torturent des humains venus expier leurs grandes fautes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne font pas vraiment dans la demi-mesure… les représentations sont sanglantes, les membres sont tranchés à la hache et cela se termine par l’équarrissage en règle de ceux qui devaient avoir des choses à se reprocher…

 

Notre bon vieux diable qui fait si peur aux chrétiens et à une église qui a su inventer des prêtres exorcistes doit être jaloux de ses homologues chinois. S’il aime jouer avec le feu qu’il attise avec sa fourche et si c’est un expert reconnu en matière de fornication, il a d’autres lacunes. Il prendrait certainement beaucoup de plaisir à participer à un stage de boucherie auprès d’homologues asiatiques ravis de l’accueillir…

 

Il y a de la solidarité chez les démons !

 

Contrairement aux libéraux et autres  démocrates bien-pensants qui se livrent de véritables guerres, les dictateurs se soutiennent mutuellement, comme si la chute d’un des membres de la confrérie mettait en péril la communauté toute entière.

 

Surprenante cette grotte… Des visiteurs chinois poussent des cris d’effroi et les spéléologues que nous sommes ont bien du mal à garder leur sérieux. Une des étudiantes chinoises m’explique que ces statues représentent ce qui arrive à ceux qui se sont mal conduits dans leur vie terrestre et les commentaires vont bon train... En fait, c’est un peu comme chez nous, sauf que le pardon ne passe pas par la récitation absurde de « deux pater et trois avé »  à genoux devant une vierge.

 

Ici, la rédemption est plus qu’expéditive et c’est à se demander si certains ne mériteraient pas d’aller y faire un petit tour… Pêle-mêle, les patrons voyous, les arrivistes prêts à tout, les politiciens menteurs, ceux qui ne tiennent pas leurs promesses, sans oublier les « présidents bling bling » qui commencent à « fatiguer » leur électorat… ! (Liste non exhaustive à compléter).

 

Sans être inspirés par la médecine chinoise, leurs remèdes n’ont pas l’air si mauvais quand on y réfléchit deux minutes :

-Pour les « grosses montres » très chères et trop voyantes, « trancher » un bras pour commencer... Sans poignet, il est difficile d’arborer la pendule ailleurs que sur un autre membre…
-
Contre les lunettes noires, « m’as-tu vu ? », « cosa nostra style» ou « gros beauf », arracher les yeux du contrevenant avec une fourchette à huitres et les transformer en pendentifs… !

 

« Malheureusement », il ne faut pas se réjouir trop vite car le recours à ces pratiques d’un autre temps est désormais proscrit dans nos contrées pour cause de barbarie. « Guantanamo » et « Abou Ghraïb » ne seraient que des exceptions, une théorie à laquelle personne ne croit....

 

Torturez si vous voulez mais RIEN ne doit filtrer !

 

En attendant, nous continuons la visite de cet antre très kitch, digne d’un film de série Z… Une belle brune, « Carlita » est livrée à des serpents, encore une coutume  qui n’est plus très à la mode chez nous, même si cet animal à la langue agile symbolise la tentation dans la bible. Et voilà qu’une sonnerie résonne dans la galerie !  Le diable chinois a l’air d’être rompu aux nouvelles technologies car les téléphones portables captent le signal jusqu’au fond de cette grotte décidément très bizarre… La folie du mobile a envahi la Chine et les Telecom locales ont poussé le vice jusqu’à installer des relais sous terre !

 

Par curiosité, je mets le mien en route. Toutes les barrettes sont éclairées et je m’amuse à envoyer un SMS en France… Quelques minutes plus tard, je reçois la réponse, alors que dans le même temps, un type en chemisette qui ressemble comme deux gouttes d’eau au président Hu Jintao semble s’engueuler avec son interlocuteur… La situation est surréaliste mais je me souviens qu’il m’est arrivé d’appeler la France avec un téléphone satellite, perché sur un rocher perdu  en pleine jungle de Bornéo…  
 

 Une chose est sure,  les cris des singes hurleurs étaient beaucoup plus mélodieux  et nettement plus compréhensibles que les borborygmes du téléphoniste excité qui devait sans doute traiter une affaire de la plus haute importance… !

par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Mardi 5 février 2008
Au Sud de Bali, sur la presqu’ile de Jimbaran, le temple Hindouiste d’Uluwatu est l’un des lieux les plus fréquentés par les touristes. Il est perché au sommet d’une falaise calcaire au pied de laquelle viennent se fracasser des énormes rouleaux d’écume qui fascinent les surfeurs du monde entier. Un sentier escarpé permet d’atteindre une grève uniquement accessible à marée basse. S’aventurer sous ces falaises peut rapidement devenir très dangereux et il est primordial d’avoir consulté les « tides » qui sont publiées un peu partout sur l’île à l’intention des casse-cou sur planche en résine époxy.
 
undefinedCe jour-là, nous avons décidé d’aller voir s’il serait possible d’ouvrir des voies d’escalade dans cette belle muraille haute de plus de 80m. Sur place, nous ne pouvons que constater qu’un vent violent pousse d’énormes vagues qui viennent se pulvériser contre la falaise dans un grondement de tonnerre. Des paquets de mer et des embruns détrempent le rocher jusqu’à plus de dix mètres de hauteur et nous comprenons mieux le creusement de ces baumes que l’on trouve un peu partout au pied des parois.
 
Le spectacle est magnifique, mais il est évident que le seul accès envisageable aujourd’hui se fera en rappel depuis le sommet. Un magnifique éperon qui surplombe l’océan nous nargue et nous décidons d’aller y voir de plus près en compagnie d’un grimpeur Balinais que nous avons déniché à l’université de Denpasar. Pendant que Jannick et Joël cherchent un amarrage solide à la verticale du surplomb, je cherche à équiper un autre itinéraire de descente d’où il me sera possible de faire des photos des grimpeurs. Sous les yeux des badauds et des vendeuses à la sauvette qui arrivent, je commence à descendre dans la falaise après avoir attaché ma corde à un arbre. Cinq mètres plus bas, un buisson d’arbustes est parfait car il me permettra de continuer ma descente en toute sécurité à l’abri des chutes de pierres. Vingt mètres plus bas, je prends pieds sur une étroite corniche qui offre un point de vue magnifique sur les falaises et sur le surplomb que les grimpeurs sont en train de reconnaître en escalade libre, assurés depuis le haut. Plus tard, le temps viendra d’équiper la voie correctement et de la gravir depuis le bas.
 
undefinedSi je suis habitué à grimper dans les calanques, c’est la première fois que je suis suspendu au dessus d’une telle machine à laver. Chaque nouvelle vague déferle dans un fracas abominable. Le ronflement sourd qui monte de l’abîme rend impossible toute communication à plus de quelques mètres et nous sommes véritablement coupés les uns des autres. De là où je me trouve, je n’ai plus qu’à suivre l’action dans le viseur de mon appareil photo tout en savourant la magie de l’instant présent…
 
Totalement confiant dans mon matériel, j’ai presque oublié le vide ambiant et voilà que tout à coup, ma corde est secouée de soubresauts désordonnés. Quelqu’un la tire vers le haut et vu que je suis attaché au bout, il y a bien peu de chance qu’il y arrive, à moins que ce ne soit le yéti, le diable en personne, un extraterrestre ou un truc tout aussi exotique ! Même si j’ai l’air de plaisanter, le souvenir du vol de la corde du puits d’entrée d’un gouffre alors que nous étions sous terre me vient immédiatement à l’esprit… Si un voleur est effectivement en train de tenter de s’emparer de la corde sur laquelle je suis descendu, je suis tout simplement en danger de mort ! Je hurle, mais mes cris sont emportés par le vent et personne ne doit m’entendre… Sans perdre une seconde, je commence à grimper en essayant de tirer le moins possible sur la corde. La colère m’envahit et je suis bien décidé à aller péter la tronche de « l’enfoiré » qui est en train de faire « mumuse » avec mon matériel… Quelques mètres sous le buisson d’arbustes qui m’ont servi d’amarrage, je m’arrête quelques instants et j’entends le cliquetis caractéristique des mousquetons que l’on manipule. J’appelle mais personne ne répond. La situation est de plus en plus curieuse…
 
undefinedAu moment ou je débouche enfin sur la petite vire rocheuse, je suis saisi d’effroi… Ce n’est pas un homme qui joue avec mon matériel mais un très gros macaque adulte, sans doute le chef d’une des nombreuses familles de singes qui vivent aux alentours des temples hindouistes et sont considérés comme des divinités. Le bougre n’a pas l’air commode. Voilà qu’il me montre les dents, qu’il grogne et qu’il n’a pas l’air décidé à me laisser la place… Pendu sur ma corde, je le vois s’intéresser aux nœuds de sangles et il est évident que si je n’avais pas utilisé des mousquetons à vis, il y a longtemps qu’il serait parvenu à les ouvrir… ! Depuis le temps que je croise ce genre de bestioles, c’est bien la première fois que j’en vois une se montrer aussi hargneuse et ne pas fuir devant l’homme. Je ne suis qu’à quelques mètres sous le belvédère et mes cris finissent par être entendus par des Balinais qui réussissent à mettre le gros macaque en fuite en claquant des mains et en agitant des bâtons…
 
Plus tard, j’apprendrai que ces singes dont le nombre ne cesse de croître se montrent de plus en plus agressifs et qu’ils commencent à poser des problèmes aux abords des temples. Si ce sont de véritables voleurs qui n’hésitent pas à mordre les touristes qui tentent de leur résister, il est hors de question pour un Balinais de faire quoi que ce soit qui puisse nuire à ces animaux car Hanuman, « le roi des singes » est vénéré dans la religion hindouiste
 
A défaut de risquer de blesser l’animal, la « masse d’armes » « anti-singe » que j’avais songé à improviser avec une chaine de mousquetons et le marteau d’escalade, aurait certainement été perçue comme un véritable sacrilège !
 
L’incident diplomatique était garanti…!
par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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Samedi 26 janvier 2008
Quand « Dragon 131 » l’impressionnant bourdon jaune et rouge de la sécurité civile vient à votre secours, c’est en général que vous avez de gros problèmes et très souvent qu’ils sont loin d’être terminés…
 
Dans un premier temps, tout va bien. Le grand frère bodybuildé de Maya l’abeille s’immobilise au-dessus de vous et crache de drôles d'araignées qui se balancent à l’extrémité d’un filin d’acier. A Marseille, les hommes du GRIMP, le Groupe de Recherches et d’Intervention en Milieu Périlleux sont de grands spécialistes de l’exercice et ils feront tout pour vous tirer du mauvais pas dans lequel vous avez eu la bonne idée d’aller vous fourrer…
 
undefinedSi vous êtes une grand-mère égarée dans les calanques ou un irresponsable victime d’un simple coup de fatigue, pas de problèmes… Après avoir crié « au-secours » dans votre téléphone portable, vous serez secourus dans les meilleurs délais. Le seul « hic », c’est qu’en France les secours sont gratuits et que votre sauvetage coûtera une petite fortune aux contribuables dont les bourses sont déjà plus que plates…
 
Si vous vous êtes « vautré » lamentablement sur un sentier de randonnée et que vous vous êtes fait une entorse, voire une fracture d’une cheville, vos amis auraient peut-être pu vous épauler avant que le 4X4 des marins-pompiers ne vienne vous chercher depuis une des pistes qui sillonnent le massif. C’est ce qui se serait passé jadis, à une époque où les gens avaient appris à compter sur eux-mêmes avant d'ameuter la terre entière…
 
Si vous êtes un grimpeur expérimenté et que vous vous êtes « mis en tas » dans une voie d’escalade difficile d’accès, que votre vie dépends de la rapidité des secours, l’hélicoptère devient incontournable, même s’il coûte extrêmement cher à la société. En grands professionnels, les hommes du GRIMP n’hésiteront pas à prendre des risques pour vous arracher à la falaise et vous rapatrier vers l’hôpital le plus proche.
 
Vous êtes « sauvés » mais c’est la suite qui dira si le jeu en valait vraiment la chandelle…
 
undefinedSi vous ne vous êtes cassé que quelques os, voire que vous ressemblez à Toutankhamon dans ses bandelettes, il se peut que les dégâts soient en définitive sans grandes conséquences pour votre santé. Après quelques semaines de plâtre et une bonne rééducation, vous pourrez retourner à vos chères parois en vous jurant de redoubler de prudence cette fois-ci !
 
Si après avoir perdu connaissance et traversé le long tunnel de lumière blanche, si après avoir rencontré vos aïeux décédés et une troupe d’inconnus vous avez rebroussé chemin et que vous vous réveillez paraplégique, c’est beaucoup plus grave. Les plus optimistes diront que vous aurez peut-être l’espoir de retrouver l’usage de vos jambes un jour ou l'autre. Les croyants diront que ce n’était pas votre heure, que vous avez encore des choses à faire sur terre et vous n’aurez en aucun cas le moindre droit à la parole. Dès lors, il ne restera plus au légume que vous êtes devenu qu’à prendre conscience qu’il n'a plus qu’à s’intéresser, (dans le meilleur des cas...), au dernier fauteuil à roulettes, celui qui consomme peu et bénéficiera du « bonus écologique »… (Je crois que je m’emmêle les neurones) !
 
N’en déplaise à Monsieur le Curé, au Rabbin, à l’Imam et à tous ceux qui se sentent visés, les sportifs et autres hyperactifs qui se retrouvent cloués sur un matelas à eau anti-escarres ou sur une chaise roulante préfèreraient bien souvent ne pas avoir survécu à leur « carton ». undefinedDès lors, ils n’ont plus qu’une seule idée en tête… En finir avec cette vie qu’ils estiment « foutue », même si c’est contraire à la morale ! Le problème que ce genre de drame soulève est un peu le même que celui qui a été mis en exergue par Marie Humbert, la mère du jeune pompier accidenté et dont l’histoire tragique a crevé les écrans, créant une véritable polémique. Malgré des remous dans le monde judiciaire et un procès très médiatique, aucune solution légale n’a été mise en place depuis et les « candidats » à une mort « express » doivent continuer à avoir recours à des moyens « artisanaux » mis en œuvre par des complices qui prennent le risque de se retrouver « à l’ombre » pour un bon moment…
 
Dans la mythologie chinoise, le dragon est bénéfique et à Marseille il l’est aussi… Habilité à intervenir le long du littoral et en pleine mer, « Dragon 131 » aurait déjà permis de sauver une sirène, une de ces mystérieuses « femmes à queue », mais c’est une autre histoire… !
par Jojomigrateur publié dans : tranches de vie...
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