Mercredi 10 novembre 2010
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Le volcan Merapi qui culmine à près de 3000 d’altitude près de Yogyakarta en
Indonésie connait sa plus forte éruption depuis 1870.
Depuis le 26 octobre, plus de 240 personnes ont trouvé la mort, (le chiffre augmente sans cesse),et plusieurs centaines
sont encore portées disparues, sans doute ensevelies par la nuée ardente qui s’est abattue sur plusieurs villages le 5 novembre. A l’heure actuelle, les sauveteurs
dont plusieurs comptent parmi mes amis ont du abandonner les recherches qui étaient devenues beaucoup trop dangereuses.
Alors que l’intensité de l’éruption semble s’affaiblir, (pour combien de temps ?), un séisme d’une magnitude de 5,4 a provoqué des mouvements de
panique dans la région, les habitants étant encore traumatisés par le grand tremblement de terre de 2006 qui avait fait plus de 6000 morts alors que le Merapi
était en éruption.
Plus de 300000 personnes ont fui une zone de 20km autour du cratère pour se réfugier dans des camps de
fortune installés à la hâte, notamment sur les terrains de sport de Yogyakarta et des environs.
Sur le site internet indonésien http://merapi.combine.or.id/petasitus/peta-situs/?lang=id, il est
possible à ceux qui comprennent le « Bahasa Indonesia » de suivre quasiment en direct la situation sur place et même d’entendre les messages à la population que diffuse
la radio. Le site affiche les dernières nouvelles, des gens publient des avis de recherche de disparus et Il est également possible d’y faire des dons directement en ligne…(Le lien n'a pas
l'air de fonctionner avec explorer sous vista...)
Sur le terrain, Mbah Marijan, le « gardien » du volcan et la chamane Ibu
Pujowijowo qui ont refusé de quitter les lieux sont morts calcinés par la nuée ardente. Quatre sauveteurs qui tentaient de secourir d’hypothétiques rescapés sont décédés
eux-aussi, ce qui a provoqué l’arrêt des recherches dans les zones les plus exposées.
Dans un précédent article, j’avais évoqué les croyances ancestrales hindouistes et animistes encore très vivaces dans la région. http://jojomigrateur.over-blog.com/article-11099043.html J’avais expliqué que pour les Javanais, aussi absurde que
cela paraisse à des esprits cartésiens, les volcans sont le domaine des dieux et que les éruptions sont l’expression de leur
colère.
La journaliste et écrivaine Elisabeth D Inandiak qui vit sur les flancs du Merapi vit ces
événements terribles « aux premières loges ». Pour « Le Monde », elle a raconté avec tout le talent qui est le sien, ces événements terribles et leurs
conséquences humaines et matérielles, insistant sur la spiritualité qui lie les Javanais à ce volcan qui tire son nom de
« Meru », la montagne sacrée des hindous et « Api », le feu en sanskrit, un mot utilisé par les malais et les
indonésiens. http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/11/08/au-dessous-du-volcan-merapi_1435837_3216.html
Certes, le monde traverse une période difficile mais en France, la faible médiatisation de cette catastrophe laisse à penser que les gens ont l’émotivité
sélective.
Parmi les photos que m’ont envoyé mes amis indonésiens de Yogyakarta, certaines sont
particulièrement horribles, peu montrables et que je ne diffuserai pas…
Des images qui font penser au drame vécu à Pompéi il y a près de 2000 ans…
Si l’aéroport de Yogyakarta a été fermé et si quelques vols internationaux ont du être reportés, plus personne ne parlerait plus de cette catastrophe si le
Président américain Barack Obama qui a passé plusieurs années en Indonésie quand il était enfant n’avait du écourter son voyage
dans le pays à cause des risques liés aux nuages de cendres disséminés dans l’atmosphère par le volcan Merapi…
Alors que l’activité éruptive du Merapi semble diminuer, les vulcanologues sont incapables de prédire si une nouvelle explosion est à
craindre dans les prochains jours… « Merapi masih belum bisa diprediksi kapan akan meletus kembali. »
Alors que la colère des dieux n’est peut-être pas apaisée, j’ai recherché dans mes archives des photos que
j’avais prises au sommet du volcan… En regardant les deux dernières images, j’ai eu un peu le même sentiment que j’avais eu en ressortant des diapos que j’avais faites au
sommet des tours jumelles du World Trade Center à New York…
L’impression bizarre de fouler virtuellement des lieux qui n’existent plus…
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